LA BASSE GUINEE OU GUINEE MARITIME


Elle couvre 15% de la surface totale ( 36 200 km2) et comprend une zone côtière marécageuse derrière laquelle s’étend une plaine s’élevant lentement jusqu’au pied des collines du Fouta Djallon. La pluviométrie annuelle varie entre 2 000 et 4 000 mm.

Sa densité de population actuelle est estimée à 29 hab./ km2 (hors Conakry) et sa croissance démographique est évaluée à 2,3%. Elle regroupe 1,85 million d’habitants (32% de la population totale dont 0,91 million de ruraux (50% de la zone). La capitale est située dans cette zone (0,7 million d’habitants). Le potentiel des terres agricoles est de 1,3 million d’hectares, dont 0,38 million de cultivés chaque année. Le riz de mangrove et de bas-fonds, le manioc et le palmier à huile sont les principales cultures vivrières dans la zone côtière, alors que le riz, le maïs, le fonio, le manioc et les légumes sont cultivés dans le piedmont.

L’aménagement de plaines pour la culture intensive y fait souvent l’objet de transactions monétaires et de problèmes fonciers. La pression foncière (démographie et recherche de bonnes terres par des hommes d’affaires de Conakry) oblige à réduire le temps de jachère et à puiser dans le capital de fertilité. Il y a donc une préoccupation majeure autour du maintien de la fertilité des terres de culture qui pourrait trouver des solutions à travers les techniques des jachères améliorées. Il se pose également le problème de perte des bois de défriche qui pourraient être valoriser sous forme de charbon au lieu d’être abandonnés dans la nature ou calcinés.

La zone sud des bas plateaux côtiers (Kindia, Forécariah, Coyah, Dubréka) est bien adaptée à une agriculture de rente diversifiée et l’émergence d’une agriculture moderne grâce aux potentialités naturelles (fruits d’exportation, vivriers de rente, petit élevage, légumes, tubercules, riz pluviale, etc.) et à la proximité de la ville de Conakry.

La dégradation du potentiel forestier, suite à l’extension des terres agricoles (y compris la riziculture dans les mangroves) et l’exploitation de bois de chauffe pour Conakry, est très accentuée dans cette région. Actuellement, les forêts couvrent seulement environ 8% de la superficie. Au nombre de ces forêts il faut compter les 50 000 ha de reste de la forêt dense mésophile ( forêt relique de Kounounkhan à Forécariah) et les 250 000 ha au plus de formation de mangrove (dont à peine 120 000 ha susceptibles d’une gestion forestière) .

La mangrove est essentiellement composée de Rhizophora et d’Avicenia. La production est estimée à environ 55 m3 /ha, soit un volume sur pied de plus de 6 600 000 m3 dans les zones de production forestière.

L’élevage transhumant principalement en provenance du Fouta Djallon est de plus en plus important dans cette région et entre souvent en concurrence avec l’agriculture, et plus particulièrement avec la riziculture dans les bas-fonds qui servent de pâturages humides en saison sèche.


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