PROGRAMMES ET PLANS D'ACTION
LES PROJETS PILOTES D'AMENAGEMENT DE BASSINS VERSANTS ET DE GESTION DES RESSOURCES NATURELLES
Les concours financiers des bailleurs de fonds ont permis d’assurer la mise en oeuvre de 4 Projets de BRP qui sont:
1. Projet/Gui 86/012 financé par le PNUD et couvre le BRP de Guétoya (Pita);
2. GERF Mamou financé par la coopération française qui a pris en 1992 la relève du Projet d’Aménagement des BRP de Bafing Source et de Balé;
3. PRABV du Haut Niger et de la Haute Gambie financé par l’Union Européenne et la Coopération Italienne;
4. PGRN financé par l’USAID et couvrant les BRP de Dissa (Kindia), Koundou (Lélouma) et Diaforé (Tougué).
Le BRP de Banga a été couvert dans le cadre d’un projet plus large " Eco-développement de la préfecture de Lélouma ".
En tant que Projets expérimentaux, il a été accepté une flexibilité dans la méthodologie d’approche, la nature des activités à conduire sur le terrain, étant entendu que les objectifs globaux restent les mêmes: une gestion rationnelle des ressources pour un développement durable.
1. Projet Gui 86/012 (1988-1993): Aménagement du BRP de Guétoya
C’est la première intervention dans la mise en oeuvre des projets expérimentaux pilotes d’aménagement intégré des bassins versants du Massif du Fouta Djallon. Elle a été consacré au BRP/Guétoya dans le bassin fluvial du Konkouré (Pita). La superficie du BRP, telle que définie dans le document du Projet est de 77 km2.
Le Projet a été financé conjointement par le PNUD (3.190.000 $ US) et le gouvernement Guinéen (246.000.000 GNF); son exécution a été réalisée par la FAO de 1988 à 1993.
a) Objectifs:
b) Approche méthodologique
(i) Diagnostic intégré et zonage du milieu:
(ii) Intervention selon une " approche participative ":
c) Résultats globaux:
Etudes et analyse du milieu
Quatre (4) zones agro-écologiques ont été identifiées et étudiées:
(ii) Itinéraire et modèles techniques pour des actions d’aménagement et de restauration des ressources naturelles (sols, eau, et couvert végétal);
(iii) Actions pour le développement agro-pastoral durable
(iv) Infrastructures administratives et socio-économiques:
(v) Etablissement d’un schéma directeur d’aménagement des terroirs villageois du BRP
(vi) Formation des cadres et techniciens spécialisés du projet
(vii) Formation des populations et communautés du BRP
(viii) Renforcement des capacités institutionnelles des services et organismes impliqués dans la mise en oeuvre du projet.
Le détail sur le projet d’assistance du PNUD/FAO est donné dans le volume 2 (voir Bassin Hydrologique du Haut Konkouré).
2. Projet GERF Mamou (1988-1996)
Les activités des BRP/source Bafing (Tolo) et Balé (Ourékaba) concernant respectivement le bassin du Sénégal et celui de la Kaba ont été financées et réalisées grâce à la coopération Française (Fonds d’Aide et de Coopération-FAC) à travers 2 projets:
Ces deux projets ont été initiés et formulés dans le cadre de la mise en oeuvre de la politique forestière nationale élaborée en 1988.
La première étape de ce projet a été financée à hauteur de 16.000.000 FF et de 15.000.000 GNF et réalisée de 1988 à 1991. En 1992, l’intervention à l’échelle des BRP a été intégrée dans un projet plus vaste de " Gestion de l’Espace Rural et des Forêts-GERF " couvrant les sous-préfectures de Tolo, Boulliwel et Ourékaba (Mamou).
a) Objectifs:
A moyen et long termes
A court terme: le Projet visait l’élaboration d’un schéma d’aménagement concerté comprenant:
b) Méthodologie d’intervention
c) Résultats globaux
Les principaux résultats et acquis de ces deux projets se présentent comme suit:
3. Programme Régional d'Aménagement des Bassins Versants
du Haut Niger et de la Haute Gambie (1991-1998)
Le Programme Régional d'Aménagement des Bassins Versants du Haut Niger et de la Haute Gambie a constitué la troisième intervention d'aménagement expérimental pilote de bassins versants, après celles du PNUD et du FAC.
PRABV-Première phase
Le Programme a comporté les volets ci-après:
Le financement extérieur de ce Programme a été assuré en 1989 par l'Union Européenne (31,5 millions d'Ecus) et le Gouvernement Italien (6,0 millions d'Ecus).
Les actions ont démarré en 1991 et se sont terminées en Juin 1997 pour la première étape; une phase de transition d'un an (1998) a été mise en place pour assurer la continuité des actions en attendant la seconde étape.
b.1. Volet Haut Niger:
En tant que programme pilote de gestion des ressources naturelles, le Projet devait développer des opérations de recherche - actions à l'échelle des terroirs et utiliser une approche itérative qui implique la participation effective des populations et collectivités concernées dans tout le processus des actions à mener.
Dans cette approche la priorité est donnée: (1) à la recherche d'accimpagnement; (2) à l'éducation -formation - sensibilisation des paysans à une meilleur appréhension du milieu et à diverses techniques agro-sylvopastorales; (3) à l'entreprenariat rural; et (4) à la gestion des <<terroirs>> (qui intègre les entités <<Bassins versants>>.
b.2. Haute Gambie:
L'intervention se fait selon <<une approche participative>> qui veut que:
Ainsi, le rôle du projet se ramène à l'animation et à l'appui pour la réalisation des initiatives d'actions locales. Il procède ainsi par <<la contractualisation>> et assure le <<suivi>> de l'exécution des actions.
. Emergence d'une structure autonome <<Système d'Information Environnementale (SIE)>> chargée de collecter, traiter et diffuser les informations sur l'évolution des ressources naturelles. Le SIE a été érigé en ONG depuis 1996.
. Réalisation des cartes topographiques au 1/10.000 des BRP;
. Réalisation sous forme numérique des cartes de base de la Guinée (réseaux routiers, hydrographiques, découpage administratif, etc.)
. Réalisation de cartes thématiques (végétation, forêts classées, etc.) des Parcs Nationaux,
. Construction d'une base de données sur les activités des projets de BRP concernés par le PRABV
(ii) Volet Haut Niger
Les principaux résultats enregistrés par le Projet Haute Gambie se retrouvent dans les même domaines que ceux du Haut Niger à savoir:
L'acquis le plus important de ce projet est celui d'avoir réussi un parc autour de la Forêt de Mafou qui constitue une des dernières reliques de forêt sèche soudanienne. Les principaux résultats ont porté sur:
(v) Volet Parc du Niokolo Badiar
Le Parc du Niokolo Badiar (PNKB) est le premier parc transfrontalier de la sous région africaine. Un plan de gestion a été adopté par les Gouvernements Guinéen et Sénégalais; il confirme leur volonté de conduire une politique commune de gestion de leurs ressources naturelles transfrontalières. Les principaux acquis du PNKB sont:
Présentation du Second Programme Régional Bassins du Niger et de la Gambie
Le Programme Régional d’Aménagement des Bassins Versants (PRABV) 2 ème phase constitue la prolongation naturelle et pertinente de sa première phase, d'une part par la prise en compte et la diffusion des acquis, d'autre part dans la mise à contribution des capacités déjà créées par l'action du Programme, notamment aux niveaux décentralisés de l'Etat guinéen; et enfin par l'accession du Programme à une dimension Régionale opérationnelle et efficiente avec un net renforcement des actions dans les pays de la Région.
La première phase du programme (30 MECU au titre du PIR 6 ème FED, 1,5 MECU au titre du PIN Guinée 6 èmeFED et 6 MECU au titre du co-financement Italien) est commencée en 1991 et se terminera en 1997. Ce programme s’inspire également des conclusions de deux missions d’évaluation externe effectuées en Décembre 1994 et en Octobre 1996.
L’ensemble de la zone d’intervention correspond à une superficie approximative de 140.000 Km2 dans la quasi totalité est comprise dans les hauts bassins du Niger, de la Gambie et du Sénégal, pour une population estimée à 2 millions d’habitants. Cette zone est caractérisée par un gradient éco-climatique prononcé(du Nord vers le Sud), de 900 mm au Sénégal à 2.000 mm dans la zone de Kissidougou, auquel s’ajoute la variété morphologique des hauts cours du Niger et de la Gambie.
Le Programme intéresse 3 aires protégées transfrontalières (Sénégal-Guinée, Mali-Guinée et Guinée Bissau-Guinée) et deux régions naturelles de la Guinée (Haute Guinée qui comprend le Parc National du Haut Niger et Fouta Djallon). Le Programme opérera aussi dans le domaine institutionnel et de l’information pour l’aide à la décision et dans la valorisation de la biodiversité.
Il s’inscrit dans le cadre des Conventions Internationales sur la Désertification, sur la Biodiversité et de la régulation du régime des grands fleuves soudano-sahéliens, ainsi qu'aux orientations politiques des 4 Etats concernés.
Le Programme propose d'appuyer sur une période de 5 ans la gestion patrimoniale et intentionnelle des ressources naturelles en vue de la conservation et de la restauration des écosystèmes naturels dans l’espace régional. Il vise plus spécifiquement :
La mise en oeuvre du Programme est basée en majeure partie sur des mandats confiés à des opérateurs locaux (organisations villageoises, services de l’administration, ONG et structures privées). Ces opérateurs seront sélectionnés à partir des opérateurs déjà formés lors de la première phase ou des intervenants publics et privés présents dans les zones d’intervention.
Concernant la viabilité, étant donné l’approche du Programme qui favorise la structuration et l’auto-développement villageois, l’émergence d’opérateurs privés et l’intégration des activités dans les structures existantes, le Programme ne devrait pas générer des charges récurrentes additionnelles pour les Gouvernements pour l’après projet. Mis à part le cas du Parc National du Haut Niger et du Badiar/Niokolo-Koba , pour les autres aires protégées appuyées par le Programme, l’approche adoptée devrait permettre leur conservation sur la base d’une gestion villageoise.
Le programme sera évalué de manière externe en troisième et cinquième année.
2. Contexte
2.1. Politiques gouvernementales et sectorielles
Les objectifs et les modes d'action proposés répondent directement aux soucis de la Convention sur la Désertification, de la Convention Mondiale sur la Biodiversité, ainsi qu'aux orientations politiques Guinéenne, Malienne, Sénégalaises et Bissau Guinéenne.
Il est aujourd’hui de plus en plus évident que les problématiques économiques ne s’arrêtent pas aux frontières. Les réponses politiques à des contraintes souvent largement comparables sont de fait convergentes. D’autant que ces réponses politiques ne dépendent pas seules des réalités nationales, mais aussi très largement d’un contexte continental et mondial, qui est unique.
Décentralisation, émergence de la Société Civile, implication directe des populations dans la gestion des ressources envisagée de plus en plus sous l’angle du gouvernement local, constituent autant de repères communs qui structurent et jalonnent les grandes orientations politiques dans l’ensemble régional.
La gestion durable des ressources et écosystèmes naturels, que ce soit dans l’espace national ou dans l’espace régional, passe clairement par la mise en place de dispositifs graduels associant à une gestion par les populations qui intéresse l’ensemble du territoire national, la mise en place de réseaux d’aires protégées permettant la conservation d’ensembles écologiques fonctionnels propres à assurer la conservation du patrimoine génétique et culturelle.
On peut donc différencier les aires protégées et écosystèmes naturels confiés en gestion villageoise ; et les écosystèmes placés sous la gestion directe des instances gouvernementales. Ce dernier domaine est aujourd’hui en pleine mutation. Aux forêts classées du temps colonial s’ajoutent aujourd’hui les parcs nationaux, réserves de biosphère pour lesquels l’objectif de conservation est prioritaire. L’évolution des structures et mandats institutionnels est rapide, et les formules retenues diverses. Dans le cas de la Guinée et du Mali par exemple, forêts villageoises, forêts classées et parcs nationaux sont restés sous tutelle de la Direction Nationale des Forêts (ressources forestières fauniques et halieutiques au Mali) du Ministère de l’Agriculture. En Guinée Bissau, des changements récents ont placés les parcs nationaux sous tutelle de la Direction Nationale de l’Environnement ; tandis qu’au Sénégal, la mise en place du Ministère de l’Environnement s’est accompagnée du transfert de la Direction spécifique des Parcs nationaux. Ces différences observables à l’échelle régionale, et encore certainement susceptibles de changements, ne doivent pas être considérées comme un obstacle à une démarche globale d’appui à la gestion des ressources. En effet, quelques soient les Institutions concernées, un consensus s’est établi autour du caractère indissociable du secteur forestier et du secteur aires protégées d’une part ; et d’autre part des aspects de développement durable qui conditionnent la pérennité des aire protégées quelques qu’elles soient.
Toutefois, ces différences de détail restent encore très minimes et secondaires par rapport aux obstacles communs rencontrés par ces Pays dans la mise en place d’une politique de conservation, qui sont directement issus de questions très générales comme la réduction des Programmes d’Investissement Publics, et de l’engagement de l’Etat dans des activités encore souvent perçues comme éloignées des grandes priorités économiques du jour.
Dans tous les cas, institutionnels ou non institutionnels, et dans les différents contextes nationaux, c’est un appui à la gestion intentionnelle qui est recherché. Encore faut-il que cette gestion intentionnelle soit supportée par des politiques adaptées et appropriées (i) aux moyens de mise en oeuvre dont disposent les Etats ; (ii) à la perception locale des priorités, en considérant toutefois que celle-ci évolue rapidement.
Le développement des politiques environnementales a parfois été trop rapide pour pouvoir s’accompagner d’une réelle appropriation des orientations par les gouvernements tant centraux que locaux. L’ajustement de ces politiques aux spécificités régionales conditionne fortement leur mise en oeuvre qui ne peut découler que d’uneadhésion non seulement des instances gouvernementales directement concernées, mais aussi de l’ensemble des Institutions de gouvernement.
Ici aussi, le fait de connecter la dimension environnementale et les aires protégées, secteurs nouveaux, à des secteurs plus anciens et fortement ancrés dans le réel comme les secteurs forestiers ou du développement, permettra d’éviter la marginalisation de ce secteur nouveau, non directement productif, répondant à des préoccupations souvent exogènes, et dont la justification dans les comptes nationaux est encore insuffisante. La priorité donnée à l’intégration régionale par ces différents gouvernements trouve pourtant une expression élégante au travers de la mise en place d’aires protégées transfrontalières, facteur de sécurité sur le plan géopolitique, comme il a été souligné lors du Congrès Mondial de Caracas de 1992.
2.2. Caractéristiques du secteur
L’ensemble de la zone d’intervention correspond à une superficie approximative de 140.000 Km2 dans la quasi totalité est comprise dans les hauts bassins du Niger, de la Gambie et du Sénégal, pour une population estimée à 2 millions d’habitants. Cette aire se trouve située dans la zone éco-climatique régionale de transition soudano/guinéo-congolaise telle que définie par White (1983). Le parc transfrontalier Guinée-Mali se trouve lui situé dans la zone écoclimatique soudanienne. Ces deux zones sont caractérisées par un gradient éco-climatique prononcé (du Nord vers le Sud), de 900 mm au Sénégal à 2.000 mm dans la zone de Kissidougou, auquel s’ajoute la variété morphologique des hauts cours du Niger et de la Gambie.
Toute intervention dans cette zone s’inscrit de manière évidente comme un élément clé de la lutte contre la désertification en Afrique et de régularisation du régime des grands fleuves soudano-sahéliens . La mosaïque forêts-savanes s'étendant dans l'ensemble de cet espace constitue par ailleurs un complexe de systèmes naturels variés, relativement diversifié, qui joue un rôle fondamental dans le maintien de la biodiversité continentale.
Pour des raisons d’efficacité, l’intervention du Programme se limitera à six grands espaces clairement individualisables, et chacun représentatif d’un compartiment de l’hétérogénéité écologique régionale. Un résumé des principales caractéristiques de chacune de ces zones est donné en annexes......
Il est important de souligner que ces zones d’intervention sont jusqu'à aujourd’hui restées enclavées et dans certains cas peu contrôlées. Le niveau de développement dans les cinq zones retenues compte parmi les plus bas de la région (indicateurs socio-économiques et de développement humain sur les pays).
Concernant les systèmes d’information environnementaux, le stade de développement des différents pays est particulièrement hétérogène. Mis à part le cas particulier du Sénégal qui, grâce aux Centre de Suivi Ecologique de Dakar, est particulièrement avancé dans ce domaine, les techniques géomatiques sont d’introduction récente dans les autres pays de la Région. Par ailleurs, les cadres nationaux perçoivent bien aujourd’hui les services que de tels systèmes peuvent leur rendre ainsi que les nécessités auxquels les produits d’information devront répondre. Ce point est particulièrement vrai concernant par exemple, et nous prenons là la carence la plus évidente, le manque de cartographie topographique de référence en Guinée, pays où un effort particulier devra être réalisé.
2.3. Bénéficiaires et acteurs principaux
Les premiers bénéficiaires et acteurs du PRABV 2 ème phase sont les populations rurales des zones d’intervention appartenant à différentes ethnies (populations côtières, Peul et Malinké auxquelles s’ajoutent les minorités culturelles Badiaranké, Coniagui et Bassari). Les populations potentiellement acteurs ou bénéficiaires de l’intervention peuvent être évaluées à 800.000 habitants. La réalité est en fait plus complexe, car le Programme interviendra aussi aux niveaux institutionnels (principalement décentralisés), et auprès de la Société Civile.
Le Programme appuiera aussi les administrations des pays concernés pour l’élaboration d’une charte régionale des aires protégées transfrontalières, et l’intégration régionale de l’information environnementale. Le Programme, dans sa composante guinéenne, appuiera la Direction Nationale des Forêts et de la Faune pour la création d’un système national d’aires protégées.
Globalement, pour les composantes Systèmes d’Aide à la Décision Environnementale, et Charte Régionale, les bénéficiaires et acteurs seront directement les agents des administrations de tutelle des forêts et des parcs nationaux des pays impliqués.
Les femmes en milieu rural sont particulièrement concernées par toutes les activités de valorisation de la biodiversité qui seront appuyées par le Programme.
Les effets à long terme du Programme sur le régime des grands fleuves soudano-sahéliens et sur le climat laissent supposer que les bénéficiaires indirects du Programme seront aussi les populations des autres pays de la région ouest africaine arrosés par ces fleuves.
Enfin, les différentes activités projectées contribueront de manière non négligeable à la conservation de la biodiversité continentale et mondiale.
2.4. Problèmes à résoudre
Le problème fondamental que le Programme veut aborder concerne la dégradation des ressources et des écosystèmes naturels dans l’espace régional. Cette dégradation s’organise tant sur le plan qualitatif et des caractéristiques fonctionnelles des écosystèmes, que sur le plan quantitatif des surfaces occupées par les écosystèmes naturels qui sont en constant recul. Ce constat fait aujourd’hui l’unanimité des spécialistes, qu’ils soient forestiers, écologistes ou politiciens. Cette dégradation constituant un phénomène réel, il existe toutefois des points de désaccord entre experts sur son ampleur et sur ses causes.
L’expérience du Programme Bassins Versants première phase a permis de constater que l’analyse des situations et des problématiques locales doit constituer un préalable à toute intervention, car elle seule peut permettre de comprendre les relations complexes de causes à effets dans ces processus de dégradation. Cette analyse a permis parfois, dans le cas du PRABV 1 ère phase, de découvrir des situations localisées où cette dégradation était stoppée, voir même renversée par des pratiques locales de gestion des ressources (cas des forêts villageoises de Kissidougou).
Les problèmes rencontrés peuvent être appréhendés à trois niveaux, et peuvent, pour chacun de ces niveaux, être résumés comme suit :
Pression démographique déséquilibrée et ressources mal distribuées.
Déresponsabilisation et manque d’intérêt des utilisateurs locaux dans la gestion des ressources.
Méthodes et techniques traditionnelles (culture itinérante) inadaptées aux nouvelles contraintes foncières dues à la pression démographique et à l’économie de marché.
Manque de promotion du savoir traditionnel sur l’utilisation des ressources naturelles et sous-valorisation des produits de la biodiversité.
Manque de bénéfices durables pour les populations dans les mesures de protection.
Insuffisance de personnel formé et spécialisé.
Mise en valeur insuffisante des ressources
Manque de participation des communautés rurales à la problématique et à l’utilisation rationnelle et durable des écosystèmes
Manque de coordination des interventions de développement rural et de GRN
2. 5. Autres interventions
Signalons l’existence de trois programmes régionaux financés par le FED, avec lesquels le Programme entretiendra des rapports étroits de collaboration et créera des synergies : la Programme de Formation et d’Information sur l’Environnement (PFIE), le Programme d’Assistance technique à la Communication et à l’Information sur la Protection de l’Environnement (PACIPE) et ECOFAC 2 ème phase .
Le programme s'inscrit en termes de complémentarité opérative, et de renforcement mutuel, avec d'autres interventions en cours ou en phase d’identification :
en Guinée avec le PHGO 1 ère phase (en cours) et 2ème phase, éventuelles actions de développement agricole conduites sur la Préfecture de Boké et PGRN de la Banque Mondiale.
au Sénégal avec le projet de réhabilitation et valorisation du Niokolo-Koba et de sa périphérie (financement FAC/FEM)
2.6. Documentation disponible
Le PRABV 1 ère phase a bénéficié d’importants études préparatoires et en cours d’exécution. La documentation disponible est particulièrement importante en ce qui concerne les volets en cours d’exécution : études préalables, rapports d’activités, notes internes, r apports de capitalisation et d’évaluation (cfr. Bibliographie consultée en annexe...). Concernant les volets transfrontaliers avec le Mali et la Guinée Bissau il existe très peu d’études récentes sur les zones d’intervention.
3. Intervention
3.1. Objectifs globaux
1. Régularisation du régime des grands fleuves soudano-sahéliens 2. Préservation des écosystèmes naturels des hauts bassins fluviaux. 3. Conservation des diversités biologique et culturelle 4. Amélioration des conditions de vie des populations
3.2. Objectif spécifique : Favoriser la gestion intentionnelle et patrimoniale des ressources aux niveaux villageois et gouvernemental
3.3. Résultats
Résultat 1 : Engagement collectif et individuel des populations dans la gestion durable des ressources naturelles
Résultat 2 : Valorisation durable des produits de la biodiversité
Résultat 3 : Harmonisation et intégration régionale des politiques de conservation et de gestion des ressources naturelles Résultat 4 : Conservation des écosystèmes naturels représentatifs de l’ensemble écologique régional Résultat 5 : Décisions pertinentes et adaptées en matière environnementale et de gestion des ressources naturelles et mise en place d’un système de suivi des écosystèmes
3.4. Activités
Résultat 1 : Engagement collectif et individuel des populations dans la gestion des ressources naturelles
1.11. Appui à la constitution et à l’agrément des opérateurs gouvernementaux et non gouvernementaux 1.12. Appui à la concertation et la gestion partagée des ressources et des espaces 1.13. Appui à le réorganisation des parcours 1.14. Appui au développement de capacité des échelons décentralisés administratifs et de gouvernement local
Résultat 2 : Valorisation soutenable des produits de la biodiversité 2.1. Recueil des connaissances et des usages traditionnels de la biodiversité 2.2. Appui aux GIE féminins de valorisation des produits de la biodiversité 2.3. Appui à la promotion commerciale et à la labellisation des produits de la biodiversité 2.4. Etude d’identification des produits nouveaux 2.5. Amélioration du caractère soutenable des pratiques de production 2.6. Etudes d’amélioration qualitative des productions existantes 2.7. Appui à la diffusion de techniques appropriées 2.8. Appui à l’organisation et à la structuration du réseau 2.9. Appui au développement de l’éco-tourisme et du tourisme cynégétique en milieu villageois
Résultat 3 : Harmonisation et intégration régionale des politiques de conservation et de gestion des ressources naturelles 3.1. Mise en place et appui au Comité Régional Inter-Etats Forêts-Aires Protégées 3.2. Appui à la communication et aux échanges Inter-Etats entre décideurs des secteurs forestier et aires protégées 3.3. Appui à la formation des agents des parcs nationaux dans l’espace régional 3.4. Appui spécifique à l’initialisation place d’un système national d’aires protégées en Guinée
Résultat 4 : Conservation des écosystèmes naturels représentatifs de l’ensemble écologique régional 4.1. Appui à la signalisation, au bornage et à la délimitation des aires protégées 4.2. Appui à l’établissement des infrastructures de surveillance et de gestion des aires protégées 4.3. Appui à l’organisation et à la représentation des populations périphériques 4.4. Appui à la concertation pour la gestion de l’aire protégée 4.5. Etude et connaissance CSOD des écosystèmes 4.6. Appui à la gestion des forêts classées
Résultat 5 : Améliorer la pertinence des décisions environnementales et le suivi des écosystèmes naturels 5.1. Installation et mise en place des cellules SIE d’aide à la décision dans les pays partenaires 5.2. Définition des standards techniques de recueil, stockage et traitement de l’information
5.3. Bilan des informations et données existantes 5.3. Mise en oeuvre des diagnostics CSOD 5.4. Structuration des réseaux d’utilisateurs 5.6. Définition des plans d’action et cahiers des charges des cellules d’aide à la décision 5.5. Formation des techniciens SIE 5.7. Exécution des plans d’action conformément aux standards des cahiers des charges et du manuel de procédures
La traduction opérationnelle du Programme repose sur 10 axes d’intervention à la fois complémentaires et intégrés :
Nom Composante Axe général d’intervention Activités Rf . Composante sous-régionale Haut Niger Appui à la gestion patrimoniale et intentionnelle des écosystèmes naturels au bénéfice, etpar les populations, dans les espaces du haut Niger 1.1....1.14 A1
Comp. Sous-régionale Haute Gambie Appui à la gestion patrimoniale et intentionnelle des écosystèmes naturels au bénéfice, etpar les populations, dans les espaces de la Haute Gambie 1.1....1.14 A2
Comp. Parc National du Haut Niger Appui à la création, sécurisation, et mise en oeuvre du PNHN (Guinée ). 4.1....4.6. 1.1....1.14 .A3
Comp. transfrontalière Guinée Bissau-Guinée Appui à la création, sécurisation, et mise en oeuvre d’une aires protégée transfrontalière (composante Guinée Bissau-Guinée ). 4.1....4.6. 1.1....1.14 .B1
Comp. transfrontalière Mali-Guinée Appui à la création, sécurisation, et mise en oeuvre d’une aire protégée transfrontalière (composante Mali-Guinée). 4.1.....4.6. 1.1....1.14 .B2
Comp. transfrontalière Sénégal-Guinée Appui à la sécurisation du parc Niokolo-Badiar et aux populations périphériques 4.1...4.6. 1.1....1.14 .B3
Système Régional d’aide aux décisions environnementales Appui à l'intégration régionale de l'information environnementale 5.1....5.7. C1
Appui au Comité Régional Inter-Etats Forêts-Aires Protégées Développement d'un cadre régional de coordination et de gestion (charte) des aires protégées transfrontalières 3.1...3.3. C2
Initialisation et mise en place d’un système national d’aires protégées en Guinée Appui spécifique à la sécurisation et au suivi d'un système national d'aires protégées guinéen (Unité d'Appui et de Coordination et composantes sous-régionales)3.4. C3
Réseau de valorisation des produits de la biodiversité Appui à la mise en place de réseaux nationaux de valorisation de la diversité biologique (Unité d'Appui et de Coordination et composantes transfrontalières).2.1.....2.9. C4
4. Hypothèses
4.1. Hypothèses aux différents niveaux
Après 6 ans de fonctionnement du PRABV première phase, certaines hypothèses de départ sont devenues des certitudes avérées, cependant que d’autres ont été démenties au travers de la pratique quotidienne. Les dernières hypothèses restantes sont plutôt des conditionnalités fortement liées à l’engagement et à la volonté politique des gouvernements concernés d’accompagner par les mesures législatives appropriées le processus que le Programme a pour mission d’appuyer. Ces hypothèses restantes sont exprimées dans le cadre logique donné en annexe....
4.2. Risques et flexibilité
Les principaux risques sont liés à des facteurs politico-institutionnels : i) faiblesse actuelle des institutions nationales et régionales (capacités institutionnelles et techiques) ; ii) l’évolution incertaine des réformes institutionnelles et législatives en cours ; iii) le manque de moyens financiers pour la prise en charge de coûts récurrents liés à la conservation.
En ce qui concerne la responsabilisation des populations dans la gestion des ressources naturelles les chances de succès dépendent de : (i) la mise en application effective des volontés politiques exprimées en faveur de la décentralisation et du transfert aux communautés locales d’une partie des prérogatives de l’Etat ; (ii) la reconnaissance par l’Etat des organisations locales de gestion des ressources et l’intégration dans la loi positive des réglementations issues des concertations locales ; (iii) la compétence, le dynamisme et la motivation des opérateurs agrées et des cadres techniques locaux.
Pour la valorisation des produits de la biodiversité les incertitudes sont liées à : (i) l’existence d’un marché ; (ii) à la mise en place d’un circuit de commercialisation ; (iii) à la faiblesse actuelle des opérateurs dans le secteur ; et (iv) à l’insuffisance des infrastructures de transport.
Pour l’harmonisation régionale des politiques de gestion des ressources naturelles, l’avancement du Programme sera favorisé par: (i) à la prise de conscience des pouvoirs politiques nationaux des enjeux liés à la conservation des espaces régionaux ; (ii) la mise en application effective par les gouvernements des engagements dont ils sont signataires; (iii) la continuation à moyen et long terme de la coordination et de la concertation entre les institutions de GRN des différents Etats.
Pour la conservation des écosystèmes naturels, représentatifs les conditions de réussite sont liées: (i) à une volonté politique réelle des Etats concernés de faire de la conservation l’objectif principal pour le développement de ces zones, même aux dépens d’autre possibilités d’exploitation (surtout minières) ; (ii) à l’adhésion des populations à l’objectif de conservation ; (iii) à la capacité des structures administratives et de mise en oeuvre d’établir un cadre de concertation avec les populations ; iv) aux avantages comparés de la gestion durable de ces espaces sur le plan économique.
Pour l’amélioration de la pertinence des décisions environnementales et le suivi des écosystèmes naturels les risques concernent: (i) la motivation des décideurs à s’approprier des outils mis en place; (ii) la sélection et la motivation des cadres chargés du développement des outils ; (iii) à moyen et à long terme les possibilités de valorisation des compétences développées.
Globalement, on peut considérer que le rapport qualité-risques de ce Programme s’avère nettement plus optimal que celui de la première phase. Il faut aussi considérer que les structures relativement souples décrites au chapitre mise en oeuvre, ainsi que le caractère conditionnel et séquentiel du déroulement de la plupart des composantes permettent de limiter considérablement les risques d’une dérive non souhaitée du programme par rapport à ses objectifs.
5. Mise en oeuvre du Programme
5.1. Moyens physiques et non physiques
Le large champ couvert par le Programme n’implique pas la mise en place d’une lourde structure (voir organigramme en annexe....) :
La structure opérationnelle du Programme comporte :
une Unité d’Appui et de Coordination Régionale (basée à Conakry), responsable de la gestion globale du Programme, de sa conception et de sa coordination, de l’exécution des actions transversales, du suivi et de l’évaluation. Un expert A.E.C. assurera l’assistance technique. Cette coordination régionale sera appuyée par une cellule centrale comptable, commune à tous les programmes FED en Guinée.
six projets localisés correspondant aux 3 composantes sous-régionales et aux 3 composantes transfrontalières. L’organigramme de ces projets comporte une structure légère constituée par une direction de projet avec un nombre réduit de cadres nationaux (responsables des composantes) et de personnel
contractuel (comptables et personnel de bureau), appuyés par des assistants techniques permanents (responsables de la co-gestion des projets) et des missions d’appui.
L’intervention est basée en majeure partie sur des mandats confiés à des opérateurs locaux (organisations villageoises, services de l’administration, ONG et structures privées). Ces opérateurs seront sélectionnés à partir des opérateurs déjà formés lors de la première phase ou des intervenants publics et privés présents dans les zones d’intervention.
La tutelle technique du Programme est assurée dans chaque Pays, respectivement :
Guinée : la Direction Nationale des Forêts et de la Faune Guinée Bissau : la Direction Nationale de l’Environnement Mali : la Direction Nationale des Ressources Forestières, Fauniques et Halieutiques Sénégal : la Direction des Parcs Nationaux
L’Ordonnateur National de la Guinée est l’Ordonnateur Régional du Programme.
La supervision et le suivi du Programme seront opérés par un comité Régional de suivi qui sera réuni annuellement. Ce Comité incluera les représentants des Ordonnateurs Nationaux du FED des 4 Etats concernés par le Programme, c’est à dire Guinée, Guinée Bissau, Mali et Sénégal, les représentants des Ministères techniques de tutelle et les représentants des Délégations de l’U.E. Le secrétariat en sera assuré par l’UAC du Programme.
5.2. Organisation, procédures et modalités d’exécution
Les axes et modalités d’intervention du Programme sont variés mais complémentaires. De fait, il est possible quant au dispositif de mise en oeuvre de dégager tout d’abord les principaux dénominateurs communs de toute l’intervention :
o L’exécution du Programme s’effectuera sur la base de régies-programmes (valables pour 18 mois). Le déroulement du Programme est prévu avec une première régie d’avance de 6 mois suivie par 3 régies successives de 18 mois. Cette durée spécifique est liée aux contraintes de préparation de chaque nouvelle régie (entre 3 et 4 mois dans le dispositif adopté), et permettra donc un enchaînement régulier des régies sans toutefois fragiliser la régularité des justifications des avances.
o Les décaissements seront séquentiels et conditionnels (contrats d’opérateurs sans avances sur les honoraires mais avec caisse d’avance de fonctionnement trimestrielle). Les honoraires seront payés à chaque étape de réalisation prévue par le modèle technique et vérifiée par les opérateurs de suivi et la composante sous-régionale.
o Tout décaissement s’opère sous la responsabilité du tandem chef de composante national et assistant technique, et conformément aux procédure du FED.
o Le recrutement du personnel national est effectué en fonction d’un appel public de candidatures et sur décision conjointe des autorités nationales et du bailleur.
Le déroulement et la montée en puissance du Programme sont étroitement conditionnés par sa qualité de fonctionnement. En effet, il s’agit enfin au-delà de réalisations nécessaires, surtout de mettre en place un système pérenne et dynamique de développement de la conservation dans l’aire d’intervention du Programme.
L’intégralité du fonctionnement et des procédures du Programme sera l’objet d’un guide de procédures simple, rédigé en texte clair avant le démarrage du Programme. Ce guide, conforme en tous points aux procédures du FED, aura fonction de règlement interne du Programme.
L’assistance technique sera sélectionnée suite à des appels d’offres restreints. L’assistant technique à la coordination sera recruté via l’A.E.C .
Les véhicules, équipements et matériels divers seront acquis par procédure d’appel d’offres internationaux, sauf quand il s’agira de petites quantités ou de besoins urgents, justifiants le recours aux consultations locales après autorisation par la Commission.
5.3. Calendrier d’exécution
Le programme sera exécutée sur une période de 5 ans. Le démarrage devrait intervneir en Juillet 1997 à l’issue de la régie en cours du Programme 1 ère phase.
Les premiers 6 mois seront destinés à la mise en place, et au rôdage des dispositifs opérationnels qui entreront en production à l’issue de ces 6 premiers mois.
Dans l’hypothèse où une décision de financement favorable du Comité du FED serait enregistrée, une partie des reliquats du Programme 1 ère phase pourrait être aussitôt mobilisée pour une série d’actions visant la rédaction des plans d’action détaillés de première année pour chaque composante, ainsi que la préparation des dossiers d’A.O.
5.4. Coût et plan de financement
5.5. Conditions spéciales et mesures d’accompagnement des gouvernements
6. Facteurs assurant la viabilité
6.1. Politiques de soutien
Les grandes orientations politiques des quatre Pays intéressés par le Programme sont cohérentes avec les objectifs de l’intervention. En effet tous ces Pays ont adopté ou sont en train d’adopter des réformes en faveur d’une démocratisation, d’une décentralisation et du désengagement de l’Etat au travers d’une politique de développement rural favorable à la responsabilisation des populations locales dans la gestion des ressources naturelles. Cependant, il existe encore un certain nombre de problèmes surtout dans la mise en oeuvre effective de ces politiques, et dans leur adaptation aux réalités de terrain.
6. 2. Technologie appropriée
Toutes les actions qui seront poursuivies ou entamées par le Programme s’appuieront soit sur l’expérience de la première phase (modèles techniques) soit sur une amélioration de techniques simples déjà connues par les intéressés, soit encore sur l’introduction de nouvelles techniques facilement appropriables par les populations.
Concernant les transferts de technologies environnementales, des outils nouveaux et efficaces (analyses multivariables, outils géomatiques et méthodes d’écologie numérique) déjà expérimentés au cours de la première phase seront introduits.
6.3. Protection de l’environnement
L’objectif même du programme est la protection de l’environnement, on pourra donc sur ce point se référer aux différents chapitres intervention et mise en oeuvre.
Quoique sur le plan environnemntal, ce programme doive être classé évidemment en catégorie A ; certaines actions d’aménagement, prévues par le Programme ou à exécuter par d’autres projets, pouvant modifier le paysage de manière significative (retenues collinaires, infrastructures, pistes, etc.) ne pourront en aucun cas être entreprises sans des études d’impact approfondies et vérifiées.
6.4. Aspects socio-culturels/femmes et développement
Ce programme adresse le monde rural et les communautés de base dans leur globalité, mais aussi dans leur hétérogénéité et dans leurs spécificités. Le caractère approprié des actions entend respecter fortement les complémentarités sociales non seulement réduites aux genres, mais aussi étendues aux rôles des classes d’age, de la stratification économique, et de la diversité culturelle.
De fait, de nombreuses activités de valorisation de la bioidversité sont quasi exclusivement féminines. Ce secteur de la population en bénéficie donc directement. Mais au-delà du seul aspect femmes et développement, c’est aussi la cohésion, l’harmonie, et la conservation des traits culturels qui devraient se trouver renforcés par l’action du Programme. Le Programme contribuera néanmoins à créer les conditions d'une intégration effective des femmes dans les différentes étapes de conception, décision, et réalisation des actions environnementales intéressant la communauté (reboisement, choix des espèces, protection des têtes de sources, maîtrise des feux de brousse).
6.5. Capacités institutionnelles et de gestion publiques et privées
La formation et la construction de capacités pour la conservation et la gestion de l’environnement constituent la trame de la démarche du Programme. L’accent est mis en première priorité sur le transfert des méthodes d’action aux différents partenaires du Programme (populations rurales pluri-ethniques, cadres nationaux, administrations décentralisées, opérateurs non gouvernemantaux et privés).
6.6. Analyses économiques et financières
Dans le domaine environnemental, les calculs économiques sont à utiliser avec prudence, et ne peuvent être décisionnels. Le patrimoine est régional, voire mondial, l’action s’inscrit dans le long terme, les effets échappent à la quantification et l’attribution de valeur à un bien environnemental, déjà artificielle dans les Pays développés, reste souvent caricaturale dans les PVD où les valeurs des biens environnementaux sont rapidement classées parmi les valeurs non marchandes.
Cela ne veut pas dire que le Programme renonce aux analyses économiques pour le choix des actions. Des calculs économiques assez précis (maîtrise des coûts unitaires) sont disponibles pour la plupart des modèles techniques retenus pour la deuxième phase. Par exemple, des études économiques sont en cours pour préciser la valeur unitaire en termes de revenus des surfaces forestières villageoises.
Concernant les activités plus spécifiquement liées à la valorisation de la biodiversité, la valeur ajoutée et les possibilités réelles d’une commercialisation feront l’objet d’études économiques détaillées avant le lancement des actions de production en milieu villageois.
Du point de vue institutionnel, étant donné l’approche du Programme qui favorise la structuration et l’auto-développement villageois, l’émergence d’opérateurs privés et l’intégration des activités dans les structures existantes, le Programme ne devrait pas générer des charges récurrentes additionnelles pour les Gouvernements pour l’après projet. Mis à part le cas du Parc National du Haut Niger et du Badiar/Niokolo-Koba , pour les autres aires protégées appuyées par le Programme, l’approche adoptée devrait permettre leur conservation sur la base d’une gestion villageoise.
Toutefois, il faut considérer que le travail de structuration villageoise et de la société civile est un travail de longue haleine et que probablement à la fin des cinq années prévues du Programme il sera nécessaire de maintenir un dispositif d’appui, si possible autonome, afin de pouvoir alimenter la dynamique enclenchée. A cet effet il faut considérer que cette deuxième phase du PRABV constitue déjà un pas important dans cette direction.
Il est évident que certains investissements qui visent la protection ou la restauration des écosystèmes procèdent d’une conscience mondiale et des droits des générations futures (parcs nationaux et aires protégées). Le coût de ces opérations ne peut être intégralement imputé aux comptes nationaux des PVD. mais doit aussi continuer à faire l’objet de l’aide internationale.
Il faut considérer aussi que les PVD auront difficilement dans un avenir prévisible la possibilité de prendre en charge les coûts récurrents de la protection et de la surveillance des aires protégées. Diverses voies sont explorées actuellement par le PRABV 1 ère phase: promotion des aires protégées en vue d’encourager l’afflux touristique, mise en oeuvre de moyens additionnels (vente d’objets touristiques par exemple), valorisation des produits de la biodiversité.
Des solutions plus efficaces et durables seront évoquées, dont éventuellement la création d’un trustfund pouvant être alimenté sur dons ou à partir de conversions de dettes (debt swap), et qui serait géré à l’échelle régionale avec le concours des Institutions internationales (comité AFRIMAB de l’UNESCO par exemple).
7. Suivi-évaluation
Les termes suivi et évaluation seront distingués tant dans la conception que dans les structures en charge de ces deux tâches.:
Le suivi ayant pour objectif de suivre en temps réel l’exécution des opérations sera assuré les cellules de coordination des différentes composantes. La planification du déroulement des devis-programmes sera effectuée de manière à la fois séquentielle (succession de phases simples), et conditionnelle (suivi rapproché et évaluation des acquis avant le démarrage de chaque nouvelle phase). Les procédures de gestion des fonds et de décaissement seront adaptées à cette démarche et la structuration des budgets sera effectuée non seulement par thème et composante, mais aussi en séquences opérationnelles caractérisées par une succession de produits clairement identifiés. A chaque séquence et à chaque produit correspondra le décaissement d’une tranche de financement. Ce dispositif permettra de suivre l’état d’avancement des opérations à partir du suivi financier des régie-programmes.
Les indicateurs de suivi sont par ailleurs résumés dans le cadre logique donné en annexe....
Le programme sera évalué de manière externe en troisième et cinquième année.
7. Conclusions et propositions
En conclusion, et conformément aux recommandations des deux missions d’évaluation dont les résumés sont donnés en annexes , il est recommandé que ce Programme puisse être financé pour sa deuxième phase.
4. Projet de Gestion des Ressources Naturelles (1993-1999)
C'est la quatrième intervention d'assistance extérieure en matière de Projets deBRP. Elle a été réalisée à travers le <<Projet de Gestion des Ressources Naturelles (PGRN>>. Elle concerne les hauts bassins fluviaux du Koliba-Corubal (BRP/Koundou; préfecture Lélouma), de la Kolenté (BRP//Dissa; Préfecture Kindia) et du Sénégal (BRP/Diaforé; Préfecture de Tougué).
Le financement extérieur du Projet a été assuré par l'USAID (11.800.000 $ US) et le Corps de la Paix
(2333.000 $ US); la contribution du Gouvernement Guinéen a été réalisée à travers le PL 480 pour un montant de 5.843.201 $ US.
Ces objectifs devraient se traduire par:
(ii) du point de vue développement des entreprises communautaires
(b) Méthodologie d'intervention :
c) Résultats globaux
Parmi le résultats et acquis pertinents, on peut citer :
Synthèse de la couverture géographique et des moyens financiers des BRP
Les projets de Bassins Représentatifs Pilotes ont touché :
La mise en oeuvre des projets a mobilisé les financements ci-après :
Les domaines de concentration et les actions principales ont été les suivants :
Plan d'Action Forestier Guinéen (PAFG)
Les potentialités forestières reparties entre les forêts classées et les autres formations occupent respectivement 4,83% et 53,63% du territoire national. La gestion améliorée de ces ressources constitue au niveau national un sujet de préoccupation dans la mesure où des signes évidents de leur dégradation sont perceptibles. Il s’agit notamment de la disparition progressive des forêts, de l’avancée de certaines formes de désertification mises en relief par la persistance de la sécheresse, la baisse de la fertilité des sols, le déséquilibre des régimes pluviométriques, la réduction de la faune, l’exode rural, etc..
La Guinée a adopté en 1987 le programme d’action forestier tropical (PAFT), qui est le cadre global d’intervention pour sauver les forêts tropicales et assurer leur contribution efficace au développement socio-économique durable, et qui a fait l’objet d’une revue à mi-parcours en 1992.
La politique forestière ainsi définie repose sur les six principes suivants :
La situation du secteur forestier s’est relativement améliorée après la mise en oeuvre du plan d’urgence de six ans dans le cadre du programme d’action forestier national de Guinée. Les programmes et projets qui ont été développés dépassent largement le cadre forestier stricto sensu. Au titre des réalisations, il faut distinguer : la protection et l’aménagement forestier, l’aménagement des bassins versants et gestion des terroirs, l’amélioration du cadre législatif, la professionnalisation des activités et l’amélioration de la fiscalité forestière.
La mise en oeuvre effective et efficiente de la politique forestière est fortement liée aux contraintes ci-dessous:
Pour lever ces différentes contraintes, le Gouvernement Guinéen se propose de renforcer ses capacités en gestion des ressources naturelles, de revigorer sa politique forestière et d'entreprendre des actions à grande échelle, avec l'appui des partenaires au développement de la Guinée. C'est dans ce sens qu'a été formulé un nouveau chapitre 'Gestion des Ressources Naturelles" dans la Lettre de Politique de Développement Agricole (LPDA2) et revi certaines dispositions du Code Forestier en vue de l'adapter à la situation actuelle du pays qui met l'accent sur la décentralisation et la participation effective des populations à la gestion durable du patrimoine forestier. Les révisions de ce code soumises à l'appréciation de l'Assemblée Nationale dans sa première session de l'année 1999 ont été adoptées. Par ailleurs un système d'information et de suivi de l'environnement est en cours de formulation avec l'appui technique de l'Institut des Nations Unies pour la Formation et la Recherche (UNITAR).
Lettre de Politique de Développement Agricole (LPDA)
Lancée en décembre 1991, la LPDA1 énonçait les domaines prioritaires de la politique agricole au regard des orientations de politique générale contenues dans le discours programme du 22 décembre 1985 du Chef de l’Etat et maintenues depuis lors. Le désengagement de l’Etat des activités de production et de commercialisation et, en contrepartie, la création de conditions favorables à l’émergence d’un secteur privé dynamique étaient les conditions mises en avant pour relancer l’activité économique. Pour le secteur agricole, les domaines identifiés comme prioritaires par la LPDA1 portaient alors sur la promotion de la sécurité alimentaire, la relance des cultures d’exportation et la préservation de la base productive par une meilleure gestion des ressources naturelles. La LPDA1, précisait les objectifs spécifiques découlant de ces domaines prioritaires, ainsi que les mesures envisagées pour atteindre les objectifs.
Prenant en compte les contraintes macro-économiques et l’expérience acquises avec la mise en oeuvre de la LPDA1, la LPDA2 adoptée en 1998 se concentre sur les 9 domaines ci-après :
Le Plan National d'Action pour l'Environnement
La préparation du Plan National d'Action pour l'Environnement (PNAE) a commencé avant tout par passer en revue l’état de l’environnement. En ce qui concerne les ressources naturelles, le constat est que la Guinée possède les principaux atouts d’un développement équilibré: potentiel en eau très suffisant, sols encore en abondance sauf en quelques préfectures de Moyenne Guinée, écosystèmes variés et encore bien représentés, large ouverture sur la mer, des paysages ruraux souvent plus pittoresques que ceux des autres pays de la région. Ce constat peut faire dire que le pays a été " bien servi " par la nature.
Cependant cette relative chance ne cache pas d’importants " points faibles " concernant les systèmes d’exploitation de ces ressources.
Le Plan National d’Action pour l’Environnement se doit de corriger les faiblesses de gestion indiquées dans les études de diagnostic, accentuer les efforts entrepris, valoriser les atouts propres, dans les différents domaines retenus pour l’environnement en Guinée, et qui sont :
Le PNAE comporte cinq grands programmes, qui correspondent à des aires d'activités et à des groupes-cibles particuliers:
PNAE- Programme rural
La conception actuelle de ce programme repose sur l'idée que l'ensemble des ressources du sol est directement sous la responsabilité des exploitants. C'est l'esprit définitif et incontournable de tous les projets actuels de développement, qu'il s'agisse non seulement d'amélioration de systèmes d'exploitation, mais aussi par extension de la protection des sols et de l'eau, et finalement des projets de conservation de la biodiversité. Les suggestions d'actions de ce programme (voir tableau joint), sont très nombreuses et souvent imbriquées. Les axes majeurs sont:
PNAE-Programme urbain
Ce programme s'adresse directement aux collectivités élues; celles-ci seront les intermédiaires obligés des actions menées en faveur de la population urbaine, qu'il s'agisse d'habitat, de desserte, de réseaux , d'aménités diverses. Là encore, le PNAE ne peut qu'aller dans le sens de programmes sectoriels existants. Cependant, comme en matière d'aide aux collectivité; beaucoup de bailleurs hésitent encore à s'engager (actions difficiles à maîtriser, et à évaluer),le PNAE peut avoirs son apport propre. Celui-ci recherchera justement les moyens d'action les mieux adaptés, et notamment les fonds de subvention à mettre en œuvre pour la réfection de l'habitat, le partenariat avec les ONG dans les actions de quartier, etc..
PNAE-Programme du littoral et de la mer
Il s'intéresse à cette frange de territoire et de population particulière composées de pêcheurs et de divers autres "utilisateurs". Comme toutes les zones de "transition", le littoral a une originalité forte, et des problèmes spécifiques, qui ne permettent pas de confondre ce secteur avec un autre, encore moins de l'oublier. En Guinée, il s'identifie à la mangrove, avec son rôle propre, et le PNAE pourrait être l'occasion d'une innovation complète, avec l'extension des actions pilotes sur la mangrove.
Pour une stratégie d'ensemble, il a semblé qu'une nouvelle institution serait nécessaire, appelée plus loin une autorité du littoral. La côte guinéenne a un intérêt écologique et un intérêt économique, déjà évoqués; il aura sans doute demain, et si la pollution marine et côtière, est résorbée, un intérêt scientifique et surtout touristique. Cet avenir doit se préparer maintenant.
PNAE-Programme culturel et de services
Il s'agit d'appuyer les actions privées qui vont dans le sens de ce surcroît culturel souligné plus haut comme nécessaire à une prise en compte satisfaisante des problèmes de demain. Il s'agit donc d'aller dans le sens de tout ce qui est proposé en matière d'animation, de formation, et de sensibilisation.
Pour une grande part, elles sont le fait de l'administration et des programmes sectoriels (éducation scolaire et universitaire en particulier). Les tutelles sont diverses: l'enseignement, la recherche la communication, la culture, etc.
Le PNAE fait siennes les différentes actions existantes d'ores et déjà ou en cours d'évaluation, et dès lors que l'environnement est la raison d'être de ces projets ou institutions (CERE, CEED, etc..).
PNAE-Programme d'appui aux services administratifs de l'environnement
L'ensemble de la collectivité nationale attend de l'Etat qu'il intervienne dans toutes les rubriques déjà citées, et qu'il joue un rôle encore plus actif dans les deux autres domaines d'intervention de l'environnement, que sont la lutte contre la pollution "moderne" et la prévention des catastrophes. La tutelle en charge est cette fois principalement celle de l'Environnement (MEE/DN), soit donc pour le développement des capacités nationales en ce domaine, soit pour une aide à la décision d'autres secteurs.
En matière de renforcement des capacités, les sollicitation de formation à l'étranger sont nombreuses; la Guinée en tire déjà profit; mais ces cadres à leur retour ne valorisent pas les acquis, faute de moyens de travail. C'est donc tout l'ensemble administratif de l'environnement qui sera visé par cette action.
Le manque d'information de base a été souligné à plusieurs reprises. Le PNAE a déjà été retenu pour être le cadre d'intervention de la Banque Mondiale dans ce secteur (Institut de Topographie et de Cartographie). Outre l'ITC et la Direction de la Météorologie, qui recevront les premières aides, plusieurs autres institutions devraient être servies dans ce cadre.
On a déjà signalé l'importance de la question législative et réglementaire; le PNAE mettra l'accent sur cette double question de complément de texte et de compatibilité.
Mettre en place les premiers éléments d'une veille environnementale semble possible aujourd'hui, vu l'intérêt porté aux problèmes de désertification d'une part, le souci de contrôle des niveaux de pollution localisée d'autre part.