Agriculture et élevage
Léconomie de la Guinée est dominée par le secteur agricole, la majorité de la population étant rurale. La quasi totalité de lagriculture est pluviale. Chaque année, plus de 16% de la superficie cultivable du pays, soit près de 900.000 Ha sont mis en culture. Les cultures vivrières de base (riz, fonio, maïs) occupent plus de 75% de la superficie cultivée.
Les superficies cultivées (en Ha) par région naturelle et pour chaque type de culture vivrière, suivant rapport général de lEnquête Agricole Permanente (E.A.P.) campagne 1991-1992, sont portées dans le tableau 1.
Tableau 1: Répartition des cultures vivrières en Guinée.
| Types de culture | Basse Guinée | Moyenne Guinée | Haute Guinée | Guinée Forestière | Total (ha) |
| Riz Fonio Maïs Sorgho Arachide Manioc Patate douce Taro Igname Haricot Mil Voandzou |
130.884 20.347 8.672 22.449 43.736 9.029 541 0 521 38 0 85 |
34.197 51.977 31.559 5.503 22.709 10.147 3.711 4.853 25 153 0 155 |
83.981 44.594 33.791 18.133 46.291 26.318 1.211 0 1.296 323 14.285 940 |
115.430 7.219 3.459 0 6.152 12.806 2.363 0 937 831 0 0 |
364.492 124.137 77.481 46.085 118.888 58.300 7.826 4.853 2.779 1.345 14.285 1.180 |
| Total | 236.401 |
164.989 |
271.428 |
206.606 |
879.424 |
NB Le 0 (zéro) signifie que la culture na pas été observé
Le riz pluvial, qui occupe plus de 42% des surfaces cultivées, constitue la culture dominante. En Moyenne Guinée, à cause de la pauvreté des sols, le fonio est la culture principale. Le maïs semé dès les premières pluies dans les tapades ou autour des habitations, constitue laliment de soudure des paysans.
Larachide qui est lingrédient principal de la sauce des aliments de base de la population guinéenne est cultivé comme le maïs à côté des habitations ou des champs de riz. En Haute et Basse Guinée, on peut rencontrer des grands champs darachide.
Le Sorgho est généralement cultivé en association avec le riz dans les régions moins humides.
Les tubercules (manioc, patate, taro, igname) sont cultivés à côté des habitations ou des champs de riz.
Le mil et le voandzou sont cultivés généralement en haute Guinée dans les régions en bordure de la zone sahélienne.
A côté des cultures vivrières, existent des cultures commerciales (café, cacao, hévéa et palmier à huile) en Guinée Forestière, le coton en Haute Guinée, les légumes et agrumes au Fouta, et les fruits ( banane, mangue, ananas) en Basse Guinée.
Le rendement de ces productions vivrières et commerciales varient en fonction de la pluviosité (quantité, durée, et surtout répartition de la pluie au cours de la saison), de la nature des sols (profondeur, capacité de rétention et texture), des techniques culturales et des habitudes locales.
Lélevage notamment pour les petits ruminants est pratiqué parallèlement à lagriculture. Dans les hauts plateaux du Fouta et dans la zone de la savane, se rencontrent les plus gros troupeaux de bovins (86% du cheptel qui en compte 2.187.185 têtes en 1995). Dans la zone forestière et le long du littoral, malgré la présence de riches pâturages, la forte humidité et la présence du trypanosome véhiculé par la mouche tsé-tsé limitent lextension de lélevage des bovins.
Les pluies déficitaires ou excédentaires, ou très irrégulières, à certaines périodes de lannée rendent précaires lagriculture. Les risques de sécheresse existent surtout dans les régions soudaniennes et foutaniennes où les paysans craignent toujours les courtes périodes sèches entrecoupées de pluies violentes qui interviennent après le semis et au moment des récoltes. En Haute Guinée, les crues précoces ou tardives occasionnent la perte des semis ou des récoltes du riz cultivé dans les plaines le long des fleuves. En Basse Guinée, où la culture du riz se fait par repiquage dans les Bas-fonds salés en bordure de mer, un retard ou un déficit pluviométrique retarde ou empêche la désalinisation compromettant ainsi la culture du riz. En Guinée Forestière par contre, cest le prolongement de la saison pluvieuse, dangereuse pour la récolte, qui est redouté des paysans. Comme nous le voyons, chaque région naturelle de la Guinée a ses particularités et ses besoins propres dans la gestion de la saison pluvieuse.
La pratique généralisée des feux de brousse, qui facilitent le défrichement laisse le sol exposé à lérosion éolienne au cours de la saison sèche et à lérosion hydrique au début des pluies. Linsuffisance de matériel agricole et de techniques culturales adaptés aux sols restreint les surfaces cultivables par le paysan. De nombreux facteurs sociologiques freinent également linnovation; il en résulte de faibles rendements (moins de 1,5 T/Ha pour le riz) et de maigres revenus.