Le brûlot
De l'abolition de la peine de mort

Voilà un sujet qui divise culturellement les juridictions des Etats du monde.
Dans les pays dits de grande démocratie, l'abolition de la peine de mort est une antithèse de la démocratie : Les absents ont tort ! Ceux qui ne sont plus là, ceux qui ne parlent plus ont tort. La vie de Marie Trintignant, la copine de Bertrand Quentin, le fou furieux chanteur de " Noir Désir " devenu sage en tôle, ne vaut que quatre ans de détention de son tueur, même si les avocats ont tourné les gifles rageuses et mortelles de leur client en " homicide involontaire ", étaient-ils présents au moment des violences ? Espérons qu'il ne récidive pas pour écoper seulement d'une détention à perpétuité.
Le cas de Ellen Muhamad, vous vous rappelez certes ce tueur, ce sniper Noir qui avait fait un trou sur le coffre de sa voiture pour mieux tirer sur les gens, au jugé, dans les stations services aux USA. Qu'est-ce qui est plus prémédité que cet exercice ? Les trois victimes lui coûteront combien ?
Les peines par rapport aux crimes commis ressemblent à une tolérance difficilement acceptable pour les parents des victimes, comme les parents des victimes de l'affaire "  Marc Du Troux " qui avait secoué et fait trembler toute la Belgique des années 90.
Comment comprendre l'état d'âme des parents de ces victimes? Que pensent-elles de cette abolition ? C'est là que l'on peut dire que l'abolition de la peine de mort est l'antithèse de la démocratie, puisque le criminel et ses avocats sont minoritaires devant les victimes et leurs proches, sans compter l'opinion publique dont la majorité ne partage pas cette abolition.
Voilà des cas ponctuels, serait-on tenté de dire, mais dans les pays à grand brassage de races, dans les villes cosmopolites des Etats-Unis ou d'Afrique du Sud où Blancs, Noirs, Rouges et Jaunes, en plus de leurs dérivés divers, les sensibilités sont à fleur de peau, au moindre incident, c'est l'incendie. Dans ces villes où la suprématie est recherchée par les différents composants, la guerre des intérêts et de l'hégémonie peuvent entraîner des dérives.
Ainsi, selon certaines statistiques, on dénombre plus de 50 assassinats par jour, 150 viols, plus de 600 cas d'agression et vols à main armée. Et ce nombre croît de jour en jour, depuis l'abolition de la peine de mort dans ce pays.
Au temps de l'Apartheid, cette peine de mort était appliquée. La  majorité des peines était appliquée sur des Noirs sous domination des Blancs, mais depuis la libération et l'accession de Nelson Mandela au pouvoir, cette peine a été supprimée en 1995 et du coup, la criminalité a refait un bond fulgurant dont le summum vient d'être enregistré avec la mort de Lucky Dube, un chanteur de Reggae, Noir. Ce qui est curieux dans ce meurtre, toutes les presses s'accordent à dire que les meurtriers tentaient de lui voler sa voiture tout en passant sous silence les déboires de famille du chanteur. Et aussi, dans ses compositions révolutionnaires, n'avait il pas heurter des orgueils et des sensibilités de certains lobbies  puissants, qui ont, patiemment, attendu pour mieux " maquiller "  leur forfaiture " ?
  Que vaut la détention à perpétuité, si le détenu est atteint dans son mental de faire disparaître ses semblables ?
En tout cas, beaucoup sont des Sud-africains qui demandent le retour de cette peine, vu la montée de la criminalité dans ce pays.
Les crimes racistes sont très mal vus et l'on chercherait, non pas à les étouffer, mais à en faire peu de cas à la presse pour ne pas mettre le feu aux poudres. Le problème raciste se répand, à présent, sur le sport. Malgré la victoire éclatante de l'équipe de rugby, les Noirs exigent une plus grande participation des hommes de couleur au sein de la formation.
L'équipe de football qui prépare la CAN d'Accra et surtout " sa "coupe du monde et sa CAN en 2010 connaît des problèmes de dosage raciale. Carlos Alberto Parriera appelé au chevet de cette équipe noyée dans des préjugés, est l'homme pressenti comme le mieux placé pour procéder à ce dosage et équilibrer une formation à la recherche du temps perdu. L'ancien sélectionneur brésilien, qui a connu autant de problèmes identiques dans son pays,  pourra-t-il faire " l'équilibriste "souhaité ?
Laissons-le à son casse-tête arc-en-ciel !
Si la criminalité augmente dans ces pays où la peine de mort est supprimée, que dire de l'opportunité de cette suppression ?
 Imaginons si en Chine la peine de mort était abolie. Le milliard trois cents millions de bavards allaient créer une cacophonie sans répit, et si chacun pouvait se mettre en tête de commettre un assassinat pour régler un compte, tout en espérant à une remise de peine au bout de quelques années de bonne conduite, le nombre de crime serait sans rival au monde.
Avec le tempérament chaud des Arabes, la Charia n'a pas de rival en dissuasion. La loi du Talion ou de Bouki-l'hyène : Œil pour œil, dent pour dent et courte queue se paie avec courte queue. Qui a dit que les exécutions des criminels n'ont pas diminué la criminalité ?
Après l'exécution des Mathias Léno, Déca Mansaré et les gangs, une longue période d'accalmie a baigné la ville de Conakry et des régions de l'intérieur de la Guinée. Le lanternement des exécutions avait commencé à réveiller, petit à petit, les malfrats et chenapans du Landerneau.
 Depuis l'exécution de cette décision judiciaire par le ministre de la justice Abou Camara, que beaucoup avaient donné pour dément, la criminalité avait baissé d'un cran. Mais aussi, c'est connu, celui qui veut noyer son chien l'accuse de rage !  Depuis un certain temps, les macchabées se voient  un peu partout et des victimes de mort parfois indescriptibles et inexplicable, tant leurs mutilations donnent sujet à réflexion. Les enquêtes judiciaires n'apportent aucun résultat. Peut-être que la police criminelle n'est pas équipée de moyens scientifiques nécessaires pour conduire jusqu'à terme une affaire. Finalement, l'affaire n'est ni classée ni poursuivie et les parents des victimes ne savent à quel Saint se vouer, à qui demander des comptes et à qui demander justice ?
Sous la première république, il était rare d'entendre parler de crime ou d'assassinat parce que " le camp Boiro " dissuadait à dix kilomètres à la ronde, à fortiori commettre un acte de cette ampleur à côté de ses murs.
La peur du gendarme n'est pas un début de sagesse ?
A voir des mineurs en Europe commettre des crimes tout en se positionnant comme des adultes endurcis avec des arguments solides, l'on peut dire que tout semble être prémédité pour commettre l'acte final. Si les lois commencent à vouloir faire des amendements au sujet des mineurs délinquants, cela veut dire que les juridictions veulent revoir leur copie. Les violences à l'école étaient devenues insupportables pour les enseignants, les meurtres prémédités, calculés et préparés par des mineurs, avaient écœuré, révulsé les populations mais le législateur ne bronche toujours pas encore.
  A ce que l'on vient de voir, l'abolition de la peine de mort à l'ouest et pas à l'est est une différence culturelle que l'on peut rencontrer dans des juridictions. A chaque peuple, sa culture, sa civilisation, ses us et coutumes, ses mœurs et ses pagailles !
Les Indiens qui viennent de prendre le pouvoir en Amérique du Sud comme au Pérou, au Venezuela, en Colombie, en Uruguay et tant d'autres, veulent revenir à leur culture ancestrale, la culture de la coca dont la consommation les aidait à surmonter les travaux et les déplacements en haute montagne.
En mâchant les feuilles de coca, les habitants des montagnes ressentaient moins la fatigue. Il a fallu l'apport de la technologie occidentale pour dévoyer, pour changer la coca paradisiaque en démoniaque cocaïne. Combien de centaines de millions de dollars sont versés dans la lutte contre les narcotrafiquants aux USA et en Europe, des sommes colossales qui pouvaient sauver des milliers de personnes de la famine, au lieu d'engouffrer ces sommes à la recherche des malfrats qu'on va libérer tôt ou tard.
C'est la cocaïne qui crée les folies furieuses, pas la coca.
En tout cas, les Indiens sont en train de tout faire pour refaire cette culture décimée et saccagée par des brigades anti-drogues des USA.
La culture est comme la gastronomie. Si on mange du chien, du chat, des vers de terre, du cochon , du serpent, des chenilles de karité, des insectes et les pattes de grenouilles dans les différentes parties du monde, il faut éviter de présenter tous ces mets délicieux sur toutes les tables.
Si on clabaude sur les exécutions dans certains pays, on ne dit rien sur les exécutions dans les pays islamiques où la Charia est de rigueur. Et dans les pays en question, le pourcentage est de cent fois, ou plus, inférieure que dans les pays où l'abolition est faite.  Si nous prenons l'Arabie Saoudite ou l'Iran, peut-on comparer les statistiques et le taux de criminalité de ces deux pays à ceux de l'Afrique du Sud et des USA ?
La Guinée qui est entre les deux courants, voit ses " performances " accroître dans ce domaine de plus en plus.
Enfin, qui n'a pas envie de lire ce roman d'anticipation écrit avec les sentiments des abolitionnistes. La trame est simple : le gouvernement du monde fatigué d'être tiraillé par les abolitionnistes et par les partisans de la peine de mort décide le regroupement de tous les condamnés à la réclusion à perpétuité de tous les pays du monde et leur déportation dans un territoire créé pour eux et un Etat formé par eux. Ils ont leur démocratie et leur multipartisme. Des partis politiques des criminels, par élection élisent un président des criminels, qui va former un gouvernement avec des ministres : un ministre de la justice et des droits de l'homme des criminels, un ministre de la sécurité des criminels et le ministre de l'éducation etc, etc… Avec une autodétermination et une souveraineté territoriale, observons cet Etat. Comment vont-ils appréhender le droit de l'homme, des femmes et des enfants ?
Une telle Nation avec son Etat structuré comme à l'ordinaire fonctionnera suivant quelle loi, celle des abolitionnistes ou celle des partisans de la peine de mort?
Les juristes et ceux qui les suivent pour élaborer des lois comme celle de l'abolition, ils ne donnent pas de sens et de valeur à la vie des victimes par rapport à celle des malfrats.
Ceux qui sont morts, sont " tués " encore davantage par la loi des hommes en acquittant leurs bourreaux. Est-ce un mépris ou une justice ? Dans cette justice, pourquoi l'un est vivant et l'autre est mort ? Entre la vie et la mort il y a ce " vide juridique ". Comment le combler à la satisfaction des deux côtés ?
La question reste dans l'air.
A la revoyure !

            

Grève des Avocats
L'ordre des Avocats aux trousses de ses agresseurs

Les dossiers de la procédure pénale engagée contre Bakary Thermite Mara et Hassane Diallo, tous deux officiers de police, ont été transmis au Greffier en Chef de la Cour Suprême. Il appartient, dorénavant, à cette Institution de trancher dans ce bras de fer qui oppose ces deux commissaires à l'Ordre des Avocats de Guinée.

Ce jeudi marque le début de la quatrième semaine du mouvement de grève des Avocats. Une grève déclenchée suite à l'incarcération de Maître Mohamed Lamine Doumbia, Avocat à la Cour, membre du Conseil de l'Ordre, parti accomplir son ministère dans les locaux de la maison centrale de Conakry, sur  instructions du Commissaire de police, Hassane Diallo, en service à la Brigade d'Intervention et de Prévention. C'était le 3 octobre dernier. Et dès le lendemain les hommes en toge noire ont suspendu leurs activités auprès des Cours et tribunaux. Dans une déclaration publiée le 4 octobre, Maître Boubacar Sow, Bâtonnier de l'Ordre des Avocats, et ses confrères ont souligné que de tels agissements ne pouvaient s'expliquer que par le mépris qu'affichaient certains fonctionnaires civils et militaires pour la loi 014 du 26 mai 2004-qui régit la profession d'avocat dans notre pays- et leur farouche opposition à toute idée de changement.
 Pour le Barreau guinéen, les motifs et la multiplication de tels actes sont sans doute à rechercher dans l'impunité dont jouissent les auteurs des violations des droits et libertés individuelles. C'est ainsi qu'ils ont rappelé  le cas de Monsieur Bakary Thermite Mara, officier de police, poursuivi pour atteintes graves aux droits et libertés d'un autre avocat, dont la procédure pénale engagée contre lui, n'aurait, à ce jour, connu aucune suite. Les Avocats, au terme de leur Assemblée Générale tenue, le vendredi 5 octobre, avaient décidé, unanimement, de poursuivre leur mouvement de grève, tant que Hassane Diallo et Thermite Mara ne comparaîtront pas devant la Chambre Pénale de la Cour Suprême.
 De son côté, Maître Lansana Tamadou, Greffier en Chef  de la Cour d'Appel de Conakry, a transmis à Madame la Greffière en Chef de la Cour Suprême, conformément aux dispositions de l'article 620 du code de procédure pénale, les dossiers de procédure  pénale contre Bakary Thermite Mara et Ibrahima Sory Camara dit Sory Sanfou et Hassane Diallo.
Les deux premiers sont poursuivis pour arrestation arbitraire, séquestration et vol de numéraires, et le Commissaire Hassane Diallo,  en service à la Brigade d'Intervention et de Prévention, lui, doit répondre d'atteinte à la liberté individuelle. Tous les regards sont donc tournés vers cette institution qui a désormais le sort de ses officiers de police entre ses mains.


Mamadou Dian Baldé

Corruption
Pourquoi le phénomène
persiste-t-il ?

La corruption, on le sait, constitue de nos jours un frein au développement harmonieux des Etats. La Guinée n’échappe pas à cette règle. Il serait intéressant de savoir pourquoi ce phénomène, malgré les discours et les campagnes de sensibilisation, continue de se porter comme un charme dans notre pays.

Il y a quelques années, les autorités compétentes ont jugé nécessaire de mettre sur pied un Comité national de lutte contre la corruption. Ledit Comité était censé mener une lutte sans merci contre ce  phénomène qui avait vraiment pris de l’ampleur dans le pays. Malheureusement, pour des raisons que le Guinéen moyen ignore encore, cette structure a plutôt brillé par son incapacité à traquer toutes celles et tous ceux qui, en toute connaissance de chose, ont choisi de s’abreuver régulièrement à la  source de la corruption. Et comme il fallait s’y attendre, ce Comité national a été finalement remplacé par une Agence nationale de lutte contre la corruption. Mais aujourd’hui, force est de constater qu’au-delà des discours et des campagnes de façade, la corruption continue de se porter comme un charme en Guinée. En 2006, comme pour corroborer ce fait, Transparency International, une organisation spécialisée dans la lutte contre la corruption, a , dans son rapport annuel, classé la Guinée comme le pays le plus corrompu d’Afrique. Un classement dont la Guinée et les Guinéens auraient pu se passer. Aucun pays ne souhaiterait être déclaré comme le champion d’Afrique en matière de corruption. Pour l’année 2007, d’autres pays  semblent avoir ravi la vedette à la Guinée. Ce qui ne signifie nullement que le pays se serait distingué particulièrement dans la lutte contre la corruption. Au regard de cette regrettable situation, l’on serait en droit de se poser un certain nombre de questions. Pourquoi la corruption continue-t-elle à se porter comme un charme en Guinée ?  Comment peut-on lutter efficacement contre ce phénomène qui constitue indéniablement  un goulot d’étranglement pour l’économie nationale ? Selon nombre d’observateurs et de spécialistes, la corruption se porte bien en Guinée parce que jusqu’ici des actions vigoureuses et appropriées ne sont entreprises pour tordre véritablement le cou au phénomène. Les revenus des travailleurs ne sont pas assez suffisants pour leur permettre de couvrir toutes les dépenses au sein de leurs familles respectives. Quand l’enseignant a un revenu dérisoire, il ne peut que prêter, volontairement ou inconsciemment, le flanc à la corruption.
Et dans ce cas, l’on ne s’encombre plus de scrupules pour racketter à longueur de journée les pauvres élèves et leurs parents. Quant au policier malmené par la misère, il ne se fait jamais prier pour se transformer littéralement en un « coupeur de route », au grand dam des usagers . Nombreux sont en effet les agents de la  circulation qui continuent de tendre la main, sans aucune forme de gêne, aux chauffeurs de taxis ou de magbanas pour leur extorquer de l’argent. Dans les services publics, la corruption est en passe de devenir un sport national, au su et au vu de tout le monde. Au lieu de poser des actes concrets et mesurables sur le terrain, l’on préfère souvent se cacher derrière des discours démagogiques et autres campagnes tapageuses. L’expérience a  prouvé, de façon éloquente, que la corruption est un phénomène intimement lié au revenu du travailleur. Donc, pour bon nombre d’observateurs, la lutte contre la corruption devrait nécessairement passer par une amélioration substantielle du revenu des travailleurs. Quand on gagne bien sa vie, l’on devient de moins en moins corruptible. Mais lorsqu’un travailleur a un revenu particulièrement  faible, il se retrouve conséquemment dans l’obligation de chercher des voies et moyens pour joindre les deux bouts. Et à ses yeux, tous les moyens sont bons pour y parvenir. Donc si rien n’est fait pour relever le niveau de vie des Guinéens, il est fort à parier que la corruption continuera à se porter comme un charme dans leur pays .


Mamy Dioubaté


 
Démocratie et Bonne
Gouvernance / USAID

Pour l'amélioration des
 conditions de vie des
populations guinéennes…

La salle de conférence de l'hôtel camayenne à Conakry , a servi de cadre récemment à un Atelier de lancement des activités dans la ville de Conakry. S'agissant de la mise en œuvre du projet de Démocratie et Bonne Gouvernance, financé par l'USAID.

Un projet dénommé " Faisons Ensemble " organisé par la coordination Régionale du dit projet. Selon le chef de projet Stephen Snook " l'approche du projet consiste à aider à bâtir des partenariats durables entre le gouvernement, la société civile, le secteur privé et les médias, le projet travaillera avec les services gouvernementaux, les collectivités , les organisations de la société civiles et les médias qui démontreront une capacité réelle à innover et montrer l'exemple en matière de Gouvernance. Ce sont ceux - là que nous appelons les (champions de la Gouvernance). Je vous invite tous à participer au processus de recrutement des champions qui seront des modèles de bonne gouvenance dans leurs domaines respectifs ". Le Directeur de l'USAID, M. Clifford Brown, dit être honoré de participer au lancement  du projet (Faisons Ensemble) dans la ville de Conakry. Un projet qui vise à promouvoir la gouvernance démocratique en Guinée, en droite ligne avec la volonté affichée du peuple Guinéen à améliorer sa condition de vie et à avancer ses réformes démocratiques. Et d'ajouter que cela exige la participation effective de tous les acteurs dans les prises de décision et la formulation des politiques publiques. Et exige aussi un contrôle démocratique sur la gestion des biens publics afin de permettre aux citoyens d'avoir confiance aux pouvoirs publics locaux et nationaux pour assurer la prestation de services de qualité pour le bien- être des communautés. l'USAID vise l'amélioration de la gouvernance dans les secteurs de la santé, de l'éducation, de l'agriculture et de la gestion des ressources naturelles. En plus d'une plus grande visibilité des efforts de lutte contre la corruption, la société civile renforcée et efficace dans la formulation des politiques publiques. Le succès du projet dépendra en grande partie du soutien de la population, pour réellement contribuer au développement de la Guinée, dira en substance Clifford Brown.
Selon Yamori Condé Directeur National de la Décentralisation (DND) " les étapes de lancement de ce projet début Octobre respectivement à Faranah, Kankan et à  N'Zérékoré, ont connu une forte mobilisation de tous les acteurs concernés, ce qui constitue le témoignage de l'intérêt qui lui est accordé par les bénéficiaires mais aussi traduisent l'éthique du projet qui est de (faire en semble). L'adoption du code des collectivités par l'Assemblée Nationale le 15 mai 2006 participe de l'axe de mise en œuvre de la Gouvernance territoriale participative car désormais l'approche participative est consacrée par la loi. " Dr Yamori Condé de renchérir " je garde l'espoir que le projet faisons ensemble ne manquera pas de soutenir les initiatives de développement  des quartiers et communes de Conakry, mais aussi d'aider notre département à relever certains défis majeurs. A savoir, l'opérationnalisation du code des collectivités par l'appui à la définition de stratégies claires de mise en œuvre effective des compétences sectorielles ; la création d'espaces de concertation et d'harmonisation à différents niveaux (local, préfectoral, régional et national). L'originalité de (Faisons Ensemble) est multiple car il est l'un des rares projets en dehors du PDU3 qui couvre à la fois l'intérieur du pays et le Gouvernorat de Conakry. " " FAISONS ENSEMBLE " est un projet pour un montant total de 22 ; 9 millions de dollars américain sur 31 mois.
Le Gouverneur de la ville de Conakry, Malick Sankhon expliquera qu'à " travers la promotion des bonnes pratiques de la  bonne Gouvernance et un comportement citoyen responsable à tous les niveaux, grâce à une assistance technique et financière de l'USAID, les citoyens auront accès aux meilleurs services pouvant améliorer leur conditions de vie "

Synthèse de

Aliou Baldé

 


Ecole guinéenne
C’est parti pour l’année scolaire 2007-2008

Le lundi 22 octobre, les élèves et leurs maîtres ont repris le chemin des classes après quelque trois mois de  vacances. Mais force est de reconnaître que cette année scolaire débute dans un contexte tout à fait nouveau.

Depuis les douloureux événements de janvier et février 2007, le «changement» est devenu un concept prisé des Guinéens. Dans tous les secteurs de la vie nationale, l’on ne parle que de ce changement. Le secteur de l’Education ne fait pas exception à ce qui semble s’être désormais établi comme une règle dans notre pays. Le 2 janvier 2007, la plupart des élèves et leurs maîtres étaient encore en congé lorsque l’Inter Centrale CNTG-USTG a lancé son mot d’ordre de grève générale sur toute l’étendue du territoire national. Pour éviter des débordements, les autorités en charge de l’Education avaient pris la sage décision de prolonger le congé de Noël. La suite, on la connaît. Pendant près de deux mois, les élèves, dans leur écrasante majorité, sont descendus dans la rue pour se transformer littéralement en intrépides manifestants, aussi bien à Conakry que dans les principales villes de province (Kankan, N’zérékoré, Labé Kissidougou, Siguiri, etc.). Un Gouvernement de consensus a été mis en place dans les circonstances que tout le monde connaît. De l’installation dudit Gouvernement jusqu’à nos jours, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Le bac unique a été instauré comme le seul mode d’évaluation à la fin du cycle secondaire. Pour beaucoup d’observateurs, l’organisation des examens nationaux constituait incontestablement un premier test pour le nouveau ministre de l’Education et de la Recherche Scientifique. Dr Ousmane Souaré, le titulaire dudit portefeuille ministériel, n’a pas tardé à prendre certaines mesures allant dans le sens de l’amélioration du système éducatif guinéen. Avant l’organisation des examens nationaux (Examen d’entrée en 7e Année, Brevet d’Etudes du Premier Cycle, Baccalauréat, Examen de sortie pour les Ecoles Professionnelles et Techniques), un atelier s’est tenu à Mamou, la ville-carrefour  pour trouver les voies et moyens susceptibles de (re) donner une certaine crédibilité à l’école guinéenne. Du 16 juillet au 04 août, on le sait, les différents examens nationaux se sont déroulés sur toute l’étendue du territoire national. Les observateurs ont été unanimes à reconnaître que le sérieux et la rigueur ont prévalu dans la surveillance et la correction des épreuves, pour le plus grand bonheur de toutes celles et de tous ceux qui n’ont jamais cessé de se battre pour l’avènement d’une Ecole guinéenne digne de ce nom. Et pour la première fois, les candidats et les surveillants se sont rendus compte que le déroulement d’un examen national n’est pas synonyme d’anarchie ou de laisser-aller. Ces dernières années, faut-il le rappeler, l’organisation des examens nationaux (Examen d’Entrée en 7e Année, Brevet d’Etudes du Premier Cycle, Baccalauréat ) donnait lieu à toutes sortes de comportements qui sont de nature à discréditer à jamais un système éducatif. La fraude, les combines, la magouille, le laisser-aller et le laxisme étaient devenus monnaie courante pendant le déroulement des épreuves. Pour beaucoup d’observateurs, les résultats de 2007, aussi catastrophiques soient-ils, reflètent vraiment le niveau  intrinsèque des élèves. Au baccalauréat par exemple, sur plus de 45.000 candidats, il n’y a eu que 9013 admis. Pourtant, lorsqu’on avait officiellement annoncé la suppression du baccalauréat 1èr partie, nombreux sont les élèves et leurs parents qui, naïvement peut-être, ont aussitôt sauté de joie. Les résultats de 2007 prouvent à suffisance que la rigueur et le sérieux n’avaient pas droit de cité dans les centres d’examen. Après quelque trois mois de vacances, les élèves et leurs maîtres ont repris le chemin des classes le lundi dernier. Mais au regard des résultats catastrophiques de l’année scolaire 2006-2007, l’on pourrait d’ores et déjà se permettre de dire que les autorités en charge de l’Education auront un mal fou à gérer les nombreux problèmes auxquels sont confrontés les établissements scolaires. Parmi ces problèmes, ,on peut citer entre autres le nombre pléthorique des élèves dans les salles de classe, le manque ou l’inadéquation des infrastructures scolaires.


 Mamy Dioubaté

 

Ministère de la Santé
Un département relégué au second plan

En Guinée, le financement de la santé a connu, depuis l’indépendance, une évolution que l’on peut présenter en deux grandes phases. La première phase est représentative de l’état d’esprit qui prévalait dans les années 1960. Celui de l’Etat-Providence.

Considérant que les soins de santé étaient l’une des prérogatives de l’Etat, que la santé n’était pas un bien ordinaire et que les populations n’avaient pas la possibilité de payer ou  se trouvaient dans des circuits économiques non générateurs de revenus, l’Etat avait adopté la gratuité des soins. Cependant, la crise économique a remis en cause ces convictions. Le Gouvernement devant faire face a de profondes crises financières, a adopté, pour y répondre, des mesures et restrictions budgétaires, la limitation du personnel, la diminution des moyens de fonctionnement des structures de santé etc. Peu à peu s’est instaurée la pratique du recouvrement des coûts rendant ainsi les soins de santé payants pour les patients. Les pratiques de recouvrement des coûts s’institutionnalisent rapidement. Le bilan de ces expériences révèle de nombreuses faiblesses : désengagement accru de l’Etat, paiement individuel direct sans rapport avec les capacités des individus à payer. Pas d’anticipation des dépenses, pas de partage des risques entre bien-portants et malades. On peut donc dire que la pratique du recouvrement des coûts était une solution pragmatique et temporaire pour répondre aux restrictions budgétaires, mais ne constituait en aucun cas une solution structurelle à long terme au problème du financement des structures de santé. Aujourd’hui, le problème réside dans l’insuffisance de ressources humaines en zone rurale. Les populations ne sont pas protégées contre les comportements ignobles de certains clandestins qui se permettent tout, à cause de l’amour effréné de l’argent. Aujourd’hui, n’importe qui pratique la médecine en Guinée et n’importe qui vend les produits pharmaceutiques. Les présidents de C RD, les sous-préfets, les préfets et autres responsables administratifs ne disposent d’aucune stratégie d’orientation des patients vers des centres spécialisés pour leurs soins et les clandestins ne sont jamais inquiétés pour leur comportement ignoble : interruption volontaire de grossesse (IVG) intervention chirurgicale avec le matériel souillé.
De l’avis de tous les observateurs, l’Etat devrait doter les hôpitaux de ressources humaines qualifiées et de matériels performants. Aujourd’hui, beaucoup ont le sentiment que le secteur de santé est laissé pour compte, au grand dam des populations.


Mohamed Koné

Vente des denrées alimentaires
Jusqu’où ira le gouvernement ?

Depuis quelques années, la flambée des prix des denrées de première nécessité constitue un véritable casse-tête pour les consommateurs guinéens. Pour, dit-on, soulager le panier de la ménagère pendant le mois saint de Ramadan, le Gouvernement de Lansana Kouyaté a pris l’initiative de commander du riz, du sucre et de l’huile pour les revendre à un prix relativement abordable aux populations guinéennes, principalement celles de Conakry. L’équipe gouvernementale va-t-elle maintenir le cap ? C’est la question que tout le monde se pose aujourd’hui.

En 1984, à la faveur de l’avènement de la Deuxième République, les autorités guinéennes, après mûre réflexion, ont opté, sans contrainte, pour le libéralisme économique. Après avoir tiré sereinement les leçons du passé socialiste, l’Etat guinéen a clairement fait connaître son intention de se désengager du secteur du commerce. Les opérateurs économiques guinéens ou expatriés ont eu toute la latitude de s’investir dans l’importation et la commercialisation des denrées alimentaires et autres articles de grande consommation. Mais malheureusement, certains d’entre eux ont pris cette relative liberté qui leur a été accordée pour une voie menant tout droit au libertinage. Les prix des denrées de première nécessité ont continué à se fixer de la façon la plus fantaisiste qui soit sur le marché. Et comme conséquence, les pauvres consommateurs ne savent plus à quel saint se vouer. La plupart des articles de grande consommation coûtent désormais les yeux de la tête. Face à cette situation, l’Etat s’est vu souvent dans l’obligation d’intervenir pour soulager les populations, dont le pouvoir d’achat n’a pas cessé de chuter ces derniers années. En juillet 2004, l’on s’en souvient, de respectables citoyens de Conakry ne se sont pas encombrés de scrupules ni de précautions pour s’attaquer, avec l’énergie du désespoir, aux magasins et aux camions de riz. Cette année-là, le Gouvernement du Général Lansana Conté s’est vu dans l’obligation de s’impliquer dans l’importation et la commercialisation de cette céréale, l’aliment de base de l’écrasante majorité des Guinéens. Mais la suite, on la connaît. Les maires et les chefs de quartier de Conakry ont été mis à contribution pour mener à bien les opérations de vente dans les différents quartiers de la capitale. Aussi surprenant que cela puisse paraître, la plupart de ces responsables locaux, pour des raisons injustifiables, ont préféré se comporter comme des bandits à col blanc. Au lieu d’être vendus aux populations cibles dans les règles de l’art, les stocks du « riz gouvernemental » ont été gérés de la façon la plus scandaleuse qui soit. Et ce qui devait arriver en pareille circonstance est arrivé sans crier gare. S’étant rendu compte de la filouterie des maires et des chefs de quartier de Conakry, le chef de l’Etat, le Général Lansana Conté ne s’est pas fait prier pour limoger tous ces responsables indélicats. De 2004 jusqu’à nos jours, force est de reconnaître que beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Le problème de riz a continué à se poser avec acuité aux populations guinéennes. Pendant la grève générale de janvier et février 2007, nombreux sont ceux qui ont suivi le mouvement de contestation à cause de la cherté de la vie. Pour désamorcer la crise, un Gouvernement de consensus a été mis en place dans les circonstances que tout le monde connaît. A la faveur du Ramadan 2007, le Gouvernement de Lansana Kouyaté a jugé nécessaire de commander des denrées stratégiques pour, dit-on, soulager le panier de la ménagère. Des tonnes de riz , de sucre et d’huile ont été vendues pendant ce mois saint à des prix relativement abordables. Il y a quelques jours, la décision a été prise de vendre 80 tonnes de poisson dans les différents marchés de la capitale, à des prix préférentiels. La question que beaucoup se posent aujourd’hui est de savoir si l’Etat n’est pas en train de se substituer peu à peu aux commerçants dans la commercialisation des denrées alimentaires. Le mardi dernier, le ministre en charge du Commerce a clairement fait savoir que le Gouvernement n’a pas les moyens de faire face continuellement aux subventions des denrées. Comme pour dire que les pauvres consommateurs guinéens ne sont pas encore près de voir le bout du tunnel.


Mamy Dioubaté

Le sommet EU-UA
Compromis par la présence de Mugabe ?

Robert Mugabe n’a pas fini de faire parler de lui ou du moins, on n’a pas fini de parler de Mugabe. Nationaliste intransigeant et révolutionnaire jusqu’au-boutiste aveugle, il avait bravé le Commonwealth ( la Francophonie, version anglaise) qui imposait l’alternance politique et la démocratie à tous les pays d’Afrique. Le soutien extérieur était si favorablement disposé envers son principal opposant Morgan Tsvangiraï, qui aurait inéluctablement gagné les législatives que, pour faire un « retourné acrobatique » pour rétablir une situation désespérée et malheureusement, cette situation lui vaut ce que cela lui coûte, en ce moment. Et cela risque de diviser l’Europe pour le sommet UE-UA.

Sa reforme agraire, qui avait consisté à retirer les terres aux fermiers Blancs de nationalité zimbabwéenne favorables à une alternance démocratique, pour les donner aux fermiers noirs, a fait des vagues qui le mettent dans de sales draps depuis plusieurs années. Confronté à des sanctions économiques et mis devant l’incapacité des fermiers noirs à maintenir le cap de la productivité, le pays plonge au milieu des turbulences économiques sans nom et des soubresauts politiques alarmants, entraînant des dérives qui ne finissent pas de faire des vagues.
Si ses pairs africains, jaloux de leur « légitimité » au point de ne tolérer aucune contestation, tolèrent certains de ses abus, le monde occidental ne lui concède aucune circonstance atténuante. Confronté à une opposition qui prenait de l’ampleur en 2000 et qui semblait prendre le dessus aux législatives, le renard Robert Mugabe procède à une autre nationalisation des terres pour les distribuer aux membres de son parti, exacerbant le nationalisme à fleur de peau des Zimbabwéens pour renverser le cours des choses.
Depuis, avec la mise à la touche de la presque totalité des fermiers Blancs, le grenier de l’Afrique Australe se vidait petit à petit et, accompagné des sanctions de L’Union Européenne, le Zimbabwe se retrouve devant une inflation qui n’a pas fini son ascension de plus de 5000%.
L’afflux des Zimbabwéens en Afrique du Sud et dans les autres pays voisins est incontrôlable.
Les sanctions économiques ne font qu’aggraver le cas.
Devant ces difficultés, l’éveil du nationalisme dans tous les pays de l’Afrique australe fait bloc. Pour ses pairs, l’exemple de l’expulsion du Nigéria, qui avait été privé de participation à la CAN et 1996, en Afrique du Sud, à cause de la pendaison de l’écrivain de l’ethnique Ibo, Ken Sao Wiwa, a fait école et a fait une prise de conscience.
La Guinée, qui devait remplacer, de pied levé le Nigéria, avait par solidarité refusé fermement l’offre empoisonnée. Le problème prenait ainsi de l’ampleur hors du Commonwealth.
Constituant presque la majorité des membres du bloc anglophone, les Africains veulent faire parler leur voix pour soutenir Mugabe. Lors du sommet des pays de l’Afrique australe en Tanzanie, en prélude et en avertissement à l’Europe pour le futur sommet UE-UA de Lisbonne, au Portugal de décembre 2007, le Zimbabwen fut acclamé par ses camarades.
Angela Merkel, la chancelière d’Allemangne, qui avait fait un déplacement dans la sous région n’avait pas exclu une participation du Zimbabwe à ce sommet.
Seulement, Gordon Brown, le Premier-ministre de sa Majesté, l’un des poids lourds de l’Europe, menace de pratiquer la politique de la chaise vide, à Lisbonne.
Le dilemme est énorme : entre Gordon Brown et Robert Mugabe, qui faut-il choisir puisque le premier ne veut pas s’asseoir face au second dans une même salle pour discuter ensemble? Un problème d’orgueil ! Le Premier-ministre de Grande Bretagne va-t-il être « sacrifié » par ses pairs pour un Mugabe, plus soutenu que jamais par ses pairs ?
En ne participant pas à ce sommet du Portugal, la Grande Bretagne va-t-elle se consoler de son nouveau statu au sein de l’Union Européenne, le statu d’un pays qui compte peu par rapport à l’Afrique et par ricochet au Zimbabwe de toutes les violations des droits de l’homme et des libertés démocratiques.
La question, dont on aimerait avoir une réponse, est de savoir si l’Afrique unie, pour la circonstance, est une division, à long terme pour l’Europe ?
Le sommet prévu en décembre aura-t-il effectivement lieu avec l’ordre du jour initial ou édulcoré ? Les vrais problèmes, s’ils y étaient débattus, la Grande Bretagne prendrait-elle acte ? Participerait-elle à l’application de ces décisions ?
Autant de questions qui donnent le tournis aux dirigeants de l’Europe.
 En attendant, les Africains, qui se frottent les mains d’avoir gagné la première manche, vont-ils gagner la bataille définitive de la vraie coopération franche et sincère ?
Cette question garde toute sa teneur.
Pour être un boulet, c’en est vraiment un que ce Mugabe


  Moïse  Sidibé