Présidentielle du 21 décembre 2003
La victoire de l’abstention ?
Le boycott qu’a demandé l’opposition a réussi ! Même si ses leaders n’ont pas eu le loisir de battre campagne dans ce sens. Car les guinéens, en grand nombre, ont préféré rester tranquillement à la maison, le jour du scrutin. Une autre façon de s’exprimer qui mérite quelque réflexion.
Une « victoire » encombrante pour le pouvoir qui risque de remettre en question le processus démocratique. Le dimanche 21 décembre, les guinéens avaient rendez vous avec les urnes. Pour choisir celui qui aura à diriger les destinées du pays pendant les sept prochaines années. C’est sans surprise que Lansana Conté, au pouvoir depuis 19 ans, remportera le scrutin, haut la main. Un « véritable plébiscite » comme l’ont voulu et souhaité l’administration et le pouvoir. Au moment où nous allions sous presse, les résultats de ce scrutin présidentiel n’étaient pas proclamés par le ministre de l’administration du territoire, Moussa Solano. Mais ils seraient à l’image d’une élection dans un régime non démocratique. Car, le challenger de Conté, Mamadou Bhoye Barry, reste pour les concitoyens le dirigeant d’un parti politique, (Upn) allié au pouvoir. Il est membre du même groupe parlementaire que le Pup, à l’assemblée nationale et aurait, semble-t-il, bénéficié des faveurs du régime.
C’est du moins, l’avis de certains citoyens. Des mauvaises langues soutiennent même que le gouvernement a financé sa campagne. A cet effet, il aurait bénéficié d’une enveloppe de 600 millions de francs guinéens. Vrai ou faux, en tout cas, Sékou Dékazi Camara, directeur de campagne du Pup, interpellé sur la question, aurait reconnu que Mamadou Bhoye Barry a obtenu une subvention, ce qui est de son droit comme tout autre leader du parti candidat à la magistrature suprême. Pourtant, la subvention de l’Etat aux partis politiques figure dans le mémorandum que ces derniers ont remis, en septembre, au gouvernement dans le cadre du dialogue national.
S’agissant du scrutin du dimanche, le boycott observé par l’ensemble de l’opposition a facilité la « victoire » programmée d’avance de Lansana Conté. Donc, le seul challenger du président sortant était le taux d’abstention qui pourrait aussi être considéré comme une cinglante victoire par l’opposition politique qui se réjouit d’avoir été massivement suivie. De leur côté les cadres du parti et l’administration affirment que le taux de participation a comblé toutes les attentes, de par la participation, estimée massive, des citoyens au scrutin.
. Mais le jour du vote, tous les constats sur le terrain sont unanimes que les électeurs n’ont affiché aucun engouement. Aucune bousculade, aucun empressement dans les bureaux de vote. Seules dans les casernes, on pouvait remarquer une foule d’électeurs en uniforme. Dans la banlieue de Conakry, zone traditionnellement hostile au pouvoir, ce sont les concessionnaires, parfois suivis de leurs conjointes qui se sont acquitté de leur devoir civique. Une manière de ne pas se heurter aux autorités locales que sont les responsables de quartiers et de secteurs. La plupart des électeurs ayant boudé les urnes sont des jeunes. Ce qui dénote la démission (ou le retrait) de cette frange dominante de la population guinéenne. Le taux d’abstention très élevé reste préjudiciable à l’opposition. Dans la mesure où les guinéens dans l’ensemble, ne croient plus au changement par les urnes. Du moins, pour le moment. Car la classe politique du pays manque d’efficacité. L’opposition a sombré dans les querelles intestines. Le pouvoir a entretenu la démagogie, le népotisme, la corruption, la gabegie, l’impunité et le culte de la personnalité. Résultat ? En dix ans de démocratie bancale et difforme, la Guinée s’en tire avec trois scrutins boycottés. Certes, notre opposition est devenue championne en politique « de la chaise vide », et le pouvoir champion en prestidigitation électorale. Déjà, seuls les premiers scrutins (présidentiel en 1993, et législatives en 1995), ont suscité un engouement chez les électeurs. Dans l’ignorance de leurs droits et abandonnés à eux mêmes, les citoyens ont fini par se résigner devant le fait que rien ne sert à voter quand les résultats sont connus d’avance et que les perdants (ou les victimes de fraudes électorales) n’ont de recours que des dénonciations ou des revendications non prises en compte. Surtout que dans le passé, les élections ont toujours été émaillées d’incidents. La Guinée empruntera l’ancienne voie, celle boudée par de nombreux citoyens ayant opté pour l’abstention.
O. Kateb yacine
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Scrutin du 21 décembre
Les électeurs boudent les urnes
Les 4 millions de Guinéens se sont rendus aux urnes dimanche 21 Décembre pour choisir entre Lansana Conté, président sortant, candidat du parti de l’unité et du progrès (PUP) et Mamadou Bhoye Barry son challenger, candidat de l’Union pour le Progrès National(ANP).Une élection boycottée par les ténors de l’opposition guinéenne démocratique.
L’image qui a frappé les téléspectateurs de la Radio Télévision Guinéenne (RTG ) est le vote effectué par le Général Lansana Conté à bord de son véhicule de commandement .Une image qui a suscité commentaires et inquiétudes au sein de la population guinéenne. Une population portée sur le désenchantement qui s’est traduit dans le vote du dimanche. Dans le quartiers de Madina-Sig, Mafanco, Coléah Lansébounji, Cameroun, Camayenne Donka et Landréah dans les communes de Ratoma et de Dixinn, le vote a enregistré peu de mobilisation des électeurs. Par petits groupes, des citoyens ont regagné les bureaux pour mettre le bulletin dans l’urne. Manque d’engouement et de motivation, bon nombre de citoyens guinéens se sont abstenus d’exercer leur droit civique. « Je ne trouve aucun intérêt en votant », nous confiera A.Yansané, un jeune chômeur. Ce sentiment de ce jeune reflète le point de bien d’autres jeunes guinéens qui ont perdu tout espoir après plusieurs élections. C’est le cas des jeunes gens qui jouaient au ballon, alors que les opérations de vote se déroulaient. Une indifférence qui a provoqué la colère du chef de quartier de Coléah. Lequel courroucé, a été obligé de disperser ces jeunes.
Les consignes fermes données par les responsables de l’opposition d’observer la ville morte ont, semble-il, été fondamentalement à l’origine du faible taux de participation des électeurs.
Millimono Faya
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Dabondy-Gbessia
Des bureaux de vote calmes
Pratiquement, les élections présidentielles du 21 décembre 2003 se sont déroulées dans les quartiers de Dabondy I, Gbessia Centre et Gbessia Port I sans incidents.
Si sur le plan organisationnel le scrutin du 21 décembre ressemble aux précedents, tels ceux de 1993 et 1998, sur le plan de la participation, il y a une nette différence.. Ce dimanche 21 décembre, tous les bureaux de vote des quartiers sus-mentionnés ont été ouverts depuis 8 heures. Des électeurs s’y sont rendus au compte-gouttes. Il n’y avait pas d’engouement au sein de la population pour aller accomplir ses droits et devoirs civiques.
En fait, tous les électeurs, tous les votants des quartiers visités étaient frappés par un découragement qui a influé ou joué sérieusement sur le taux de participation. Partout, le même son de cloche : la pauvreté. Ensuite, de l’avis de plusieurs personnes qui ont gardé l’anonymat, ce vote pour le scrutin présidentiel ne changera rien dans la vie quotidienne du guinéen. Alors, pourquoi aller se fatiguer pour un vote dont les résultats sont déjà connus à l’avance de tout le monde ? Ainsi, le nombre inscrit, le nombre de votants et le taux de participation sont à la discrétion du président du bureau de vote et qui, souvent, refuse de les livrer aux journalistes de la presse libre. Chaque quartier comprend 4 secteurs et possède, selon l’étendue du quartier, 10 à 11 bureaux de vote, présidé par un président.
Le quartier de Dabondi I, comprenait 11 (onze) bureaux de vote, repartis entre les 4 secteurs. Le nombre d’inscrits est de 9.319 et le nombre de votants de 8.250. Quant au taux de participation, il oscillerait entre 20 à 25%. Et partout où nous sommes passés, les bureaux de vote étaient déserts, aucun mouvement de panique, mais aussi aucun attroupement n’était formé par les votants. Donc, ce scrutin ressemble à celui du référendum précédent. Le scrutin du 21 décembre aura observé une vraie ville morte. On sent l’abandon du droit et du devoir civique de la part du peuple de Guinée.
Mamady Sidibé
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Elections présidentielles à Matam
Un constat amer
Les Guinéens se sont rendus aux urnes, le dimanche 21 décembre 2003 pour élire le président de la République pour un mandat de sept ans. Mais pour ces consultations électorales dans la commune de Matam, l’enjeu électoral n’était pas au rendez-vous. Pour cause.
Les citoyens en âge de voter dans cette commune favorable au parti majoritaire ont boudé les urnes pour vaquer à leurs occupations quotidiennes. Il fallait s’attendre à un climat de morosité, même dans le fief du Pup. La journée du dimanche 21 décembre 2003 ressemblait plutôt à une journée ordinaire. L’engouement habituel devant les bureaux de vote n’était pas de mise cette fois-ci. Tôt le matin de cette journée électorale, les bureaux de vote étaient ouverts. Les matériels électoraux et les membres de bureaux de vote étaient au complet dans la majeure partie de la circonscription électorale de la commune de Matam. Nous avons pu sillonner une vingtaine de bureaux de vote dans cette commune qui compte des quartiers très peuplés tels : Bonfi marché, Bonfi port, Bonfi centre, Hermakonon, Carrière, Matam centre, Matam lido et Touguiwondi. Partout, notre premier constat est que la population en âge de voter (la jeunesse) a préféré bouder les urnes. Sauf les personnes âgées et quelques adultes se sont rendus au scrutin pour s’acquitter de leur devoir civique. A Matam Lido, nous avons été témoins de la distribution des certificats d’identification par un citoyen. Ce qui explique que dans la localité les cartes électorales n’avaient pas été distribuées à temps. A 10 heures 30, au carrefour Constantin, les marchandes de condiments, de riz, de charbon et autres marchandises vendaient leurs produits sans se soucier du scrutin présidentiel. Nous avons approché quelques citoyens pour connaître le motif de leur indifférence totale. L’un d’entre eux nous confiera : « Nous sommes fatigués tout le temps d’aller aux urnes. Aujourd’hui, c’est difficilement qu’on joint les deux bouts. Nos enfants ont fini leurs études il y a des années, ils ne trouvent pas de travail. Chaque année ce sont des promesses jamais tenues. Moi je ne vote plus…». Au marché Bonfi, les plus audacieux parmi les étalagistes n’ont pas manqué d’exposer leurs produits vers 11 heures. Tandis que dans les bureaux de vote c’était la morosité. Les membres de certains bureaux de vote s’ennuyaient, d’autres somnolaient devant les paquets de bulletins des deux candidats. Les rares électeurs votaient au compte-gouttes. ‘’J’ai voté pour Lansana Conté cette fois-ci ‘’Koudaï» ‘’entendez pour l’infini» par ce qu’au moins lui, il a assuré la paix et la quiétude dans le pays. C’est cela son mérite…» confiera une femme, visiblement fatiguée, devant le bureau de vote N°2 de Bonfi Marché. Nous nous sommes rendus au siège de la Commune de Matam où nous avons été accueillis avec courtoisie par Aboubacar Kouyaté, chargé des élections de la commune. Sans sans difficultés, il se prêtera à toutes nos questions. Il précisera que la localité a 202 bureaux de vote 140 012 inscrits. « Les Guinéens comprennent maintenant pourquoi voter. Il s’habituent petit à petit. Ce n’est pas comme avant en 1993 et 1998 où nous avons assisté au départ massif des citoyens avec leurs bagages pour l’intérieur du pays. La démocratie s’installe dorénavant en Guinée. Je félicite la maturité patriotique des Guinéens pour cette sérénité qui a caractérisé les élections présidentielles. Seulement on déplore le décès d’une femme inscrite ce matin» explique Aboubacar Kouyaté ». Vers les 16 heures déjà, plusieurs bureaux de vote ne recevaient plus d’électeurs.
La plupart ont fermé aux heures indiquées par le ministère de l’administration et de la décentralisation. Décidément cette fois-ci, les Guinéens auront vu une autre facette des élections en l’absence des partis d’opposition, avec 4.500.000 électeurs inscris pour 8800 bureaux de vote.
La plupart des carrefours de la commune de Matam étaient quadrillés par les forces de l’ordre pour parer à d’éventuels mouvements de perturbation des élections présidentielles.
Compte rendu de
Gassim Magassouba
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Scrutin du présidentiel
L’Upn absente des bureaux de vote…
C’est dans un climat de parfaite sérénité que s’est déroulé le scrutin présidentiel du 21 décembre dernier dans les communes de Matoto, Dixinn et Ratoma notamment dans les quartiers Dabondy, Gbessia, Dar Es-Salam et Hafia Minière, sillonnés par notre reporter. Le constat en matière d’affluence et déroulement administratif y est peu reluisant…
Dans les différents bureaux de vote, on est tout d’abord frappé par l’absence de délégué de l’Union pour le progrès national (Upn) du candidat Mamadou Bhoye Barry. Excepté, ceux de Hafia Minière où le parti avait des représentants dans les bureaux de vote N°20, 23 et 25. A Dabondy I et II, Dar-Es-Salam I et II ainsi que Gbessia centre et cité I et II, le parti de Mamadou Bhoye n’était pas représentées dans les bureaux de vote. Leurs postes sont restés inoccupés durant toute la journée de vote. Tandis que ceux du parti de l’Unité et du progrès (Pup) étaient présents dans toutes les localités. Seulement, on pouvait remarquer que dans certains bureaux le nombre de scrutateurs n’était pas au complet. Tout comme celui des documents électoraux. L’encre ‘’indélébile», la lampe tempête (pour éclairer le bureau en cas de retard dans le décompte des voix) faisaient défaut. On pouvait remarquer l’absence de registre dans d’autres lieux. Qu’à cela ne tienne, de part et d’autre, les délégués et les scrutateurs ont fait remarquer que tout est pour le mieux. Le seul problème à signaler se situait au niveau de l’affluence. Les gens ne se sont point précipités dans les bureaux, au contraire. Dans la matinée, des groupuscules ont fait la queue. Mais, à midi déjà, c’était le désert et jusqu’au soir les électeurs arrivaient au compte-gouttes dans les bureaux de vote.
Dans le bureau N°25 de Hafia Minière par exemple sur 960 inscrits, à peine 100 électeurs s’étaient acquittés de leur devoir. Le même dans les bureaux N° 7, 8, 6 de Dar-Es-Salam l’affluence laissait à désirer. Ainsi, dans un bureau de vote de Dabondy rails le décompte de voix a commencé dans les environs de 16 heures 30, faute d’électeurs. Fait important à signaler, c’est que les forces de l’ordre étaient confondues aux scrutateurs presque. Cela un peu partout.
K. Kourouma
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Présidentielle
Kipé, élection dans l’indifférence
Les guinéens se sont rendus le 21 Décembre dernier aux urnes pour élire le président de la République. Cette élection, troisième du genre dans notre pays, s’est tenue dans le calme et la sérénité en dépit de l’indifférence des populations de Kipé.
En tout cas dans les bureaux que nous avons visités, nulle part nous n’avons vu la masse. Les gens venaient au compte-gouttes, comme nous l’a confié un membre d’un bureau de vote. Dans ce quartier, beaucoup de citoyens ont emprunté la voie de l’abstention car « en votant ça ne change en rien. Depuis 10 ans nous votons dans ce pays, rien ne change . J’ai donc préféré m’abstenir parce qu’on ne respecte pas la volonté populaire » nous confiera un jeune intellectuel qui prenait du thé avec ses amis qui partagent le même avis. A cela s’ajoute l’absence de délégués du seul parti d’opposition (Upn). Aucune explication n’a été donnée à cet effet. Selon le seul délégué trouvé au bureau N°2, 12 personnes auraient été déployées dans le quartier Kipé. « Alors je ne sais pas pourquoi elles ne sont pas dans les bureaux » a-t-il ajouté. Qu’à cela ne tienne, cette élection s’est tenue dans une quasi-indifférence de la part des citoyens de Kipé bien que les membres des bureaux de vote ont voulu nous faire croire le contraire alors que nulle part nous n’avons vu de queue ou de bousculade dans ces lieux. Pour exemple, dans le bureau N°1 sur 958 inscrits, seulement 369 voix ont été exprimées après dépouillement. C’est dire que pour une présidentielle, les autorités n’ont pas obtenu de résultat escompté quant à la mobilisation des citoyens. En ce sens que nous avons même assisté à une fraude électorale dans un des bureaux de vote visité où, des citoyens ont voté pour dix personnes sous le fallacieux prétexte de représenter des membres de leurs familles. Interrogé sur ces cas, le président dudit bureau nous confiera dans les coulisses « il y a des années que je supervise des élections, j’ai toujours refusé que les gens votent pour plus d’une personne et ce par procuration bien sûr !
Mais en réagissant ainsi, je me suis fait beaucoup d’ennemis inutilement dans le quartier. Alors cette fois, je laisse faire puisque de toutes les façons, la partie est déjà gagnée. »
Un compte rendu de
Saran Traoré
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Présidentielle à Coyah
Les bureaux de vote sans affluence
L’élection présidentielle s’est déroulée sur toute l’étendue du territoire national, ce dimanche 21 décembre. Pour le cas de Coyah où notre reporter a sillonné quelques bureaux de vote. Le calme a prévalu cette journée mais, avec un taux de participation faible.
La population a été amorphe pour ce scrutin présidentiel de 21 décembre du côté de Coyah. Dans les différents bureaux de vote, il était à constater deux bulletins de vote. Dans les bureaux de vote N°16, 31 , 29, le vote s’est déroulé dans la tranquillité. Par contre, la participation des électeurs n’a pas été massive. C’est un bâtiment en finition qui a servi de cadre au bureau de vote N° 16 situé dans le quartier Somayah, secteur 5. Sur la base de 978 inscrits, l’effectif a été faible, car les électeurs n’ont pas gonflé les rangs.
Dans ce bureau de vote, il fallait compter plus de femmes que d’hommes. Parmi ces électeurs, certains ont voté par procuration à plusieurs reprises. Comme les poids lourds de l’opposition ont été absents, on ne pouvait voir que les représentants du Pup dans les bureaux de vote.
Le bureau n°16 a été sous la direction de Gaspard Bangoura, Bamis Camara, Kadiatou Horphaley Camara, Aboubacar Bangoura dit sénégalais. Le délégué du Pup était M’Fa Sory Camara, celui de l’Upn était absent, un constat fait dans bon nombre de bureaux visités.
Au bureau de vote N° 31 dans le quartier Doumbouya école, secteur 3, le même scénario a été noté.
A notre passage, il y avait une vingtaine d’électeurs sur 830 inscrits, avec absence du représentant de l’Upn. Le conseil communal électoral et le commissaire de police accompagné de quelques agents ont visité ce bureau en notre présence. Même atmosphère encore au bureau de vote N° 29 avec 855 inscrits. Les mêmes commis du Pup ont dirigé l’opération de vote.
A la question de savoir, par rapport aux élections précédentes, comment est l’électorat du 21 décembre, un citoyen répondra : « Cette année les gens ne sont pas intéressés, tous les bureaux de vote sont vides. Et les rumeurs disent que c’est mal organisé. Que tu votes ou pas, les choses sont connues ». En tout cas durant notre visite des bureaux, des jeunes gens en âge de voter regardaient la télévision ou écoutaient de la musique. Certains discutaient dans les kiosques, comme si c’était la fête des oisifs.
A noter que Mme Sylla Marie Joséphine du ministère de la justice et représentante de la Cour suprême, a été chargée de superviser les élections à Coyah. Elle était accompagnée par Mme Ba Aïssatou Dioubaté au ministère de l’administration du territoire et Mariam Baldé conseiller à la Cour d’Appel.
Moussa Kanté
Envoyé spécial
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Présidentielle 2003
Des urnes saccagées à Hamdallaye 2
Comme prévu, l’élection présidentielle en Guinée a eu lieu le 21 décembre. Si dans certains bureaux de vote tout s’est passé sans incident, à Hamdallaye 2, des individus en ont profité pour faire voler en éclat certaines urnes.
Des bulletins et des enveloppes éparpillés, des urnes en lambeaux, tel est le spectacle qui a prévalu dans certains bureaux de vote du secteur 1 dans le quartier Hamdallaye 2, le 21 décembre, date de la tenue de l’élection présidentielle en Guinée.
Selon notre constat et des informations recueillies sur place, les bureaux de vote N° 4, 5, 7, 8, 12 et 13, ne sont pas allés au terme de leur mission. Des individus armés d’armes blanches, se faisant passer pour des électeurs potentiels, ont mis à sac des urnes non seulement, mais, en ont emporté quelques unes avant de les vider de leur contenu et de les abandonner dans la nature. Ces événements se sont produits entre 9 heures et 11 heures.
L’arrivée tardive d’une fourgonnette de policiers n’y arrangera rien. Ces faits démontrent que la tenue de cette consultation électorale n’a pas été du goût de tout le monde.
Quand nous quittions les lieux à 17 h 45 mn, le bureau n° 13 par exemple était abandonné dans un coin de rue à quelques mètres de son lieu d’installation premier. Au niveau de Hamdallaye 1, le scrutin s’est déroulé sans incident, mais dans une atmosphère pleine de morosité, en raison de la faible affluence des électeurs, notamment dans une dizaine de bureaux de vote que nous avons visités.
Même cas de figure à Hafia – minière à Taouyah. L’heure est désormais à l’attente des résultats qui ne devront pas surprendre l’opinion nationale et internationale.
Mamoudou Bory Bah