Présidentielle du 21 décembre
Vu et entendu à Conakry…
Elle était attendue, très attendue, la présidentielle du 21 décembre 2003. Elle a finalement eu lieu. Comme prévu, les Guinéens se sont rendus aux urnes ce dimanche pour élire celui qui aura à diriger les destinées du pays pour les sept prochaines années. Ils avaient deux choix : Lansana Conté, candidat du Pup et Mamadou Bhoye Barry, candidat de l’Upn. A quels prix ?
Conakry ressemblait à une ville morte, le dimanche 21 décembre 2003. C’en était d’ailleurs une, tant le calme régnait dans les rues et autres lieux habituellement bondés de monde. Commerce fermé, circulation interdite, Conakry et la Guinée étaient à l’heure du vote. Plus de quatre millions d’électeurs répartis entre huit mille bureaux de vote. La capitale guinéenne, comme les villes de l’intérieur du pays et certains consulats à travers le monde ont vécu une journée peu ordinaire.
Certes, dans les quartiers des cinq communes que compte le gouvernorat de Conakry, les bureaux de vote ont ouvert tôt, les électeurs eux, ne se sont bousculés pour autant dans les isoloirs. Terrain de Nongo, commune de Ratoma, 9h 30mn. Les membres du bureau du vote sont assis et attendent, au compte-gouttes, les électeurs. Calme plat. Sérénité, précise Amara Soumah, président du bureau. L’affluence ? Nulle. Mais il espère que d’ici la fin de la journée, plus de la moitié des inscrits viendront accomplir leur devoir civique. Une heure plus tard, le même constat au bureau de vote N°9 de Simbaya. Là aussi, le président du bureau rassure : « tout se passe dans le calme.» 921 électeurs sont inscrits sur sa liste. Mais là aussi, aucune bousculade, devant le bureau de vote, des badauds jouent au foot. Le chef du secteur, Thierno Souleymane qui veille au grain reconnaît que depuis fort longtemps, c’est la première fois qu’il assiste à une élection aussi morose. Les gens ne viennent pas du tout. Malheureusement, on ne peut obliger personne à venir voter. Cap sur la mairie de Matoto. Rencontre avec Mohamed Camara, le maire Pup de la commune qui compte 298 000 votants repartis entre 383 bureaux de vote. M. le maire serein , prédit déjà une victoire écrasante du Parti de l’unité et du progrès. « Matoto n’a jamais été, depuis le début du processus électoral en Guinée, une commune de l’opposition », s’en félicite le maire. Le nombre réduit de candidats ? Mohamed Camara n’est pas d’accord. « A partir de deux, on met « s » à la fin. Je pense que c’est beaucoup ». Le boycott de la présidentielle par les principaux leaders de l’opposition ? Il n’a pas de jugement particulier à donner. « Seulement, avoue-t-il, j’estime que l’abstention n’est pas légale, il faut participer au vote, quitte à sanctionner les candidats présents, mais il faut voter ». Il est sûr, M. le maire que tout se déroulera bien : « Pour vous rendre compte de toute la réalité, repassez trois fois dans la journée. Vous aurez la confirmation de ce que je viens de vous dire ».
Quartier Simbaya. « Quartier général » d’Aboubacar Somparé, président de l’Assemblée nationale. De nombreux gardes armés au domicile de la deuxième personnalité de l’Etat. L’homme politique s’apprête à se rendre au bureau de vote où il est inscrit, lui et son épouse. Dans sa cour, il tient quand même à pronostiquer. « Les Guinéens sont croyants. Ils iront voter massivement. Il y aura au moins 70% de participation ». Mais le député du Pup, fidèle à sa ligne révèle : « On aurait pu éviter cette situation avec deux candidats pour un scrutin aussi important que l’élection du président de la république. C’est vrai je regrette l’absence de l’opposition. Et Dieu seul sait que j’ai tout fait pour que les grands partis prennent part à cette élection ». En l’avenir, Somparé est confiant. « Nous, nous entendrons car nul n’a intérêt à ce que la Guinée brûle. Ni l’opposition, ni la mouvance présidentielle. Dès que ce sera possible, nous allons renouer le dialogue ». Quelques minutes plus tard, le dauphin constitutionnel glisse son bulletin dans le bureau de vote N°5 de Simbaya I. Ici non plus, pas d’affluence. A l’ombre des arbres, les habitants du quartier se « reposent » et regardent le cortège de Somparé se frayer un chemin sur une route arpentée, défoncée, mal entretenue. A l’image de la république ?
Le soleil est au zénith. Que se passe-t-il à l’intérieur ? A Labé ou, fief de l’Upr, parti d’opposition ? « Labé n’est plus le bastion de l’Upr. C’est du passé çà », nous dit Cellou Dalein Diallo, ministre des Transports, joint au téléphone.
- Et votre adversaire, comment se comporte-t-il à Labé, la ville que vous parrainez ?
- De quel adversaire parlez-vous ?
- L’abstention…
- Il n’est pas à Labé, les citoyens votent massivement.
Plus tard, un confrère joint dans la même ville, infirmera catégoriquement les propos du ministre. « La population a boudé le scrutin au moment où je vous parle ». Rideau. En attendant le dépouillement.
A la Minière, calme plat devant les bureaux de vote, tout comme à Taouyah et à Ratoma. « Les gens ont préféré rester chez eux, nous avoue un président de bureau ».
Dixinn Centre I, bureau de vote N°10. Voilà trente minutes que nous observons, pardon ! que nous attendons. Aucun électeur en vue. Combien d’inscrits ? 653. Il est 13 heures passées. Quand viendront les électeurs ? « Peut-être après le déjeuner », nous dit un membre du bureau, qui précise, quand même, que tôt le matin, quelques électeurs se sont manifestés. Autour du bureau, les représentants des deux partis en lice confirment. Là, on apprend que le président sortant, candidat à sa propre succession a accompli son devoir civique. Où et comment ? Les images de la Rtg ont montré le général Conté en train de voter au camp Samory à… bord de sa voiture !
La Cité résidentielle de Donka dort encore, ironise notre confrère, tant les rues et ruelles sont désertes. Sans parler des bureaux de vote. « C’est une catastrophe », dit un confrère au téléphone. Lui se trouve de l’autre bout de la ville. A Matam. Jean-Marie Doré, le leader de l’Upg est absent en cette période de la journée de son domicile. Injoignable au téléphone pour recueillir son avis sur le déroulement du scrutin que lui et son parti ont boycotté. Passivement.
Quelle explication donner à ce constat ? Pourquoi les Guinéens de Conakry ne se bousculent pas devant les urnes ? Ont-ils vraiment boudé l’élection ? Pas du tout, répond Moussa Solano, qui nous reçoit dans son bureau où il s’entretient avec Ibrahima Dieng, secrétaire général du ministère de la Sécurité. Avant que nous soyons reçus par le maître d’œuvre des élections en Guinée, il s’est entretenu avec des « observateurs » ivoiriens d’une Ong humanitaire qui se félicitent de l’organisation du scrutin en Guinée et qui appellent les Guinéens à sortir et à voter massivement. « Drôles d’observateurs », dit mon confrère. Le ministre de l’Administration du territoire est tout souriant. « L’élection se déroule dans le calme et la sérénité, dans la paix et la tranquillité ».
-Qu’avez-vous constaté sur le terrain ?
- Tout est calme, M. le ministre, mais il n’y a pas bousculade devant les bureaux de vote.
Alors Solano nous explique : « Les gens se trompent. Il ne peut y avoir de bousculade dans les bureaux de vote, encore moins de files indiennes, tout simplement parce que nous avons décentralisé le vote. Nous avons organisé l’élection de telle sorte que les citoyens aient un accès facile aux bureaux de vote, le plus près possible de leurs domiciles. Chaque bureau de vote comptent entre 900 et 1200 inscrits et nous avons 12 heures de vote. Les gens s’organisent donc conséquemment à un rythme lent, mais ils meublent toute la journée. En raison de 100 électeurs par toutes les heures ». Le ministre est donc serein, il estime que les Guinéens voteront massivement.
Bâ Mamadou nous confirme la sérénité de Moussa Solano qui l’a joint au téléphone le matin. Mais il se trompe, ajoute le président de l’Ufdg. Finalement, la présidentielle se déroule calmement ?
-Oui mais c’est pas bon pour le pays.
- Et pourtant, l’opposition n’a rien pu faire…
- L’opposition guinéenne est comme la Guinée. Elle ne bouge pas, avoue le doyen. La contre manifestation du jeudi 18 décembre a échoué sans qu’on ne sache trop ce qui s’est passé. C’est vraiment dommage…
Les rues de Kaloum ressemblent à celles des autres quartiers. Les bureaux de vote de Kaloum sont à l’image des autres, éparpillés à travers la capitale. Même ambiance, même affluence. Même désintérêt ?
C’est ce que, nous demande Alpha Condé, le leader du Rpg qui nous appelle de Paris, en France. « Ici tout le monde vote Kudaï », lui dit mon confrère. « C’est vraiment ridicule » dit le président du Rassemblement du peuple de Guinée. Le secrétaire administratif de son parti que nous avons rencontré chez lui, à la Sig Madina, a le même point de vue. Il a sillonné quelques bureaux de vote dans son quartier, dans la commune de Matam. Son constat ? Les électeurs ont boudé le scrutin, nous affirme Dr. Mohamed Diané.
Le domicile de Siradiou Diallo ne désemplit pas. Accroché au téléphone, le leader de l’Upr s’informe. On l’appelle de toute la Guinée pour lui dire ce que nous savons déjà à peu près. Mais aussi de l’extérieur où son interlocuteur de Hambourg en Allemagne lui annonce que les Guinéens ne votent pas. C’est la même chose en Guinée, répond Siradiou. « J’ai personnellement donné des consignes pour demander aux militants de s’abstenir. Mais aussi, je leur ai demandé de ne pas saccager les ambassades ». Au même moment, un responsable de son parti appelle de Hamadallaye, dans la commune de Ratoma. Des jeunes sont en train de casser des urnes. « Malheureusement, les autorités diront que c’est nous qui les manipulons ». Et l’avenir, maintenant que les élections sont terminées ? « Eh bien, on verra. On va s’organiser. Nous sommes condamnés à le faire. Parce que, de toute façon, ce régime est fini ».
A l’ambassade de France, Bernadette Leffort, s’informe du déroulement du scrutin. Et se félicite d’une chose : « Les élections se déroulent dans un climat de quiétude ». Le reste ? L’ambassadeur nous a parlé à titre privé. Donc « off ». Elle donnera son point de vue plus tard, après consultation avec ses collègues de l’Union européenne qui n’a pas soutenu le processus en cours. Et pour cause. Retour dans les bureaux de vote. Dixinn Centre I. Bureau de vote N° 10. 18 heures 10mn. Le dépouillement. 653 inscrits. Lansana Conté, candidat du Pup : 218 ; Mamadou Bhoye Barry, candidat de l’Upn (sur les antennes de la Bbc, il dénonce des fraudes) : 10 : bulletins nuls : 5 ; taux de participation : 35 %.
On attend maintenant les résultats du ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation.
Quelle journée !
Aladji Cellou
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Présidentielles du 21 décembre
Présence policière renforcée dans la cité
Les Guinéens ont voté, le 21 décembre dernier, pour élire le président de la République. Un scrutin qui s’est déroulé sous haute surveillance policière dans la capitale.
Face aux menaces de certains opposants, qui parlaient de fin de règne pour le président sortant, quelques jours, avant le 21 décembre, le gouvernement a décidé de prendre le taureau par les cornes. Afin de parer à toutes éventualités. Ainsi, le dispositif de sécurité a été renforcé dans les différentes communes de la capitale. Et, depuis le 18 décembre, des patrouilles de la police se sont intensifiées dans les quartiers. Cela ferait penser d’ailleurs à Brooklyn ou au Bronx à New- York. Cette présence policière dans les coins et recoins de la cité, visait à dissuader les éventuels partisans de manifestations de rue. D’ailleurs, le 19 décembre dernier, du côté de Bambeto, dans la commune de Ratoma, des échauffourées avaient opposé de jeunes manifestants, qui avaient brûlé des pneus, le long de l’autoroute le Prince, aux forces de l’ordre. Des arrestations avaient été signalées durant ces troubles, par des témoins. Toutefois, le calme avait été aussitôt rétabli. Moussa Sampil, ministre de la sécurité, lors d’une tournée avec son homologue de la décentralisation, Moussa Solano, dans les cinq communes de Conakry, à 48 h du scrutin, avait mis en garde contre tous troubles à l’ordre public. Pour le ministre de la sécurité, « Ceux qui ne veulent pas accomplir leur droit civique, le 21 décembre n’avaient qu’à rester chez eux. Car, quiconque sera appréhendé en train de s’adonner à des actes de vandalisme, aura à répondre de ses actes devant l’autorité judiciaire ». Certains observateurs pensent que cette mise en garde s’adresse à l’opposition et à ses militants. Une opposition qui, pour la première fois, a fait bloc contre le pouvoir, en boycottant le scrutin. Même l’Union pour le renouveau et le progrès de Siradiou Diallo n’a pas dérogé à la règle. Chose qui a réduit cette consultation électorale à une simple formalité. Etant donné que le président sortant, le Général Lansana Conté a pour challenger, Mamadou Bhoye Barry, candidat de l’Union nationale pour le progrès, formation politique sans audience et, de surcroît, alliée du Pup. Malgré le refus d’aller aux urnes, Bâ Mamadou et ses pairs continuent de faire peur. Et c’est sans doute par crainte de voir leurs militants descendre dans la rue pour empêcher le bon déroulement du vote, que le gouvernement a renforcé le dispositif de sécurité dans la capitale, ainsi que dans les préfectures de l’intérieur, surtout dans le fief de l’opposition.
Mamadou Dian Baldé
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Présidentiel
Un scrutin embarrassant
Il ne saurait être perçu autrement, compte tenu des conditions particulières dans lesquelles il s’est déroulé. Quand on sait que malgré les réticences et les condamnations des uns et des autres, le respect de la légalité aura prévalu. Même si, de certains points de vue, le scrutin a perdu de sa légitimité. Une opinion qui s’expliquerait par la forte abstention observée par l’opposition politique et ses militants et surtout par l’indifférence de l’Union européenne. En attendant les tout premiers résultats, tous les pronostics restent favorables au Président sortant dont le taux de réélection pourrait friser les 90% des suffrages exprimés, selon certaines opinions déjà exprimées par des citoyens. L’on pourrait d’ores et déjà affirmer, sans trop d’erreurs, que le Président Conté sera, une fois de plus, le choix du destin guinéen. Et cela, malgré les imprécations de ceux-là qui eurent souhaité que le ciel en décidât autrement. Le Pup reviendra à la charge avec ses grands projets de changer le pays dans la continuité. C’est à dire sans dévier de la voie empruntée ni trahir ses vieilles traditions. Pourvu que le temps soit redonné à son candidat champion de parachever ses grandes œuvres, avec ou sans les ‘’rénovateurs» qui n’auront que le choix d’attendre leur tour de tout chambouler, comme il leur plaira. Cette victoire certaine que l’opposition politique trouverait embarrassante pour le parti au pouvoir, suscite toujours des interrogations sur les futurs rapports entre le chef de l’Etat et ses collaborateurs dont ‘’la mauvaise manière» de servir (dénoncée par le Président de la République lui-même) constitue le tout premier point à résoudre. C’est la préoccupation de ceux qui fondent encore de l’espoir sur les nouvelles dispositions que le Général Conté pourrait-être appelé à prendre pour dissiper toutes les crises qui fragilisent le tissu social. Toutefois, il reste à se demander si le chef de l’Etat- qui ne fléchit point acceptera de se faire imposer des ministres qu’aura choisis le Pup ou s’il jugera opportun d’ouvrir son gouvernement aux compétences de l’opposition politique pour mettre fin aux divergences. Il ressort de certaines analyses que le troisième mandat du Président Conté, sera celui de la réconciliation, de l’ouverture et de la gestion concertée du pouvoir. Cette vision nouvelle tire ses arguments du fait que cet autre mandat -estimé être le tout dernier- pourrait être mis à profit par le chef de l’Etat pour se préparer une retraite paisible. Comme pour dire que les citoyens pourraient encore fermer les yeux et vivre avec l’espoir qu’ils ne seront pas déçus. A moins que l’ostracisme soit de nouveau le triste recours pour polluer l’atmosphère et avorter tous les rêves.
Thierno Dayèdio Barry
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Opposition
Après le boycott, le dialogue !
Suite à un entretien certains autres membres du comité international le 19 décembre , Moussa Solano, ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation a appelé l’opposition au dialogue, dès le lendemain du scrutin du 21 décembre. De nombreux observateurs se demandent si les partis politiques qui ont boycotté les présidentielles vont reprendre langue avec le pouvoir, comme le souhaite Solano.
Le dialogue entre le pouvoir et l’opposition s’était soldé par un échec à quelques semaines du scrutin présidentiel qui s’est déroulé le 21 décembre. A cause du refus du gouvernement de satisfaire à certains préalables posés par les partis d’opposition. Il s’agissait, entre autres, de la libéralisation des ondes, de la libre circulation des leaders politiques et des membres de leur directoire, de l’amnistie de tous les condamnés etc. Bien que les deux derniers préalables aient été remplis, par le pouvoir à la veille de la clôture des listes des candidats, le 10 novembre dernier, l’aile dure de l’opposition (Frad et Upg) a appelé au boycott de ce vote, jugeant les conditions insuffisantes pour la tenue d’un scrutin transparent. Cette position fut renforcée par le refus de l’Upr de Siradiou Diallo, d’accompagner le Général Lansana Conté aux élections. Alors qu’on s’attendait à un éventuel report du scrutin, pour sauver la face, comme le souhaitait l’opposition, le gouvernement a maintenu le calendrier électoral. Et le 21 décembre, les électeurs se sont rendus aux urnes, pour élire le président qui aura à gérer les destinées de la Guinée pour les sept ans à venir. Conscient, toutefois, de l’audience dont dispose l’opposition dans le pays, Moussa Solano, a, le 19 décembre dernier, à 48 h du vote, tendu la main à Bâ Mamadou et à ses pairs, afin qu’ils rejoignent la table des négociations, dès le 22 décembre, au lendemain du scrutin présidentiel. Pour le moment, aucune réaction n’a été enregistrée concernant cette politique de main tendue, pour la reprise du dialogue, du côté de l’opposition. Des observateurs continuent à se demander autour de quoi, les deux parties vont dorénavant dialoguer. Car, l’ouverture du dialogue avait été motivée par les enjeux des élections présidentielles du 21 décembre. Maintenant que cette page est tournée, ces observateurs n’arrivent pas à se situer par rapport au thème qui va rassembler de nouveau la classe politique guinéenne. A moins que cela ne porte sur un partage des portefeuilles ministériels dans le cadre de la formation d’un gouvernement d’union nationale. Une option que Conté a toujours rejettée.
Même s’il n’a plus rien à perdre pour les sept années à venir, étant sûr de sa victoire face à Mamadou Bhoye Barry, le candidat de l’Upn. Il appartient à l’opposition de décider de son destin après ce qui vient de se passer.
M. Dian Baldé
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Scrutin du dimanche 21 décembre
Les péripéties d’une journée de vote
Quand l’histoire se répète, il n’est pas exagéré de revenir sur les évènements. En effet il y a quelques semaines, nous écrivions dans nos colonnes qu’à l’image du référendum du 11 novembre 2001, le scrutin du 21 décembre promettait d’être sans engouement populaire.
Ce n’était pas une prédiction, mais un simple constat qui s’est suffisamment illustré ce dimanche 21 décembre. En effet, lassé de l’inertie et de l’usure, le citoyen guinéen a fini par ne plus croire aux urnes, d’où cette indifférence face aux différents scrutins. Cela s’est vérifié, une fois de plus, ce 21 décembre. Et pour cause, tous les bureaux de vote sillonnés dans les quartiers de Nongo et de Demoudoula commune de Ratoma nous ont prouvé que les citoyens, faute de solution de rechange, ont opté pour l’indifférence. Aucune affluence vers les bureaux de vote. Tenez, sur trois bureaux de vote visités à Demoudoula, on a tout d’abord constaté que les bureaux n’ont pas ouverts dès 7h 30 comme prévu par la loi, que tout le matériel électoral prévu n’était pas au complet, car les isoloirs n’étaient autres que des pagnes usés et des nattes de fortune. Quant à l’organisation, elle laissait à désirer. Seul le Pup était représenté au niveau des bureaux de vote, l’Upn brillait par l’absence de ses représentants. Jusqu’à 10h, les citoyens n’affluaient toujours pas aux différents bureaux de vote. Il aura fallu faire un deuxième tour vers 15h pour enfin, constater qu’il y a eu quelques votants au niveau des bureaux N° 13, 13 bis, et 19. Une citoyenne interrogée, M.S.D avoue avoir à elle seule, voté pour 8 personnes. Selon elle, arrivée au bureau de vote, elle aurait été sollicitée pour voter pour 8 personnes qui n’avaient pas retiré leurs cartes d’électeurs. Alors, c’était pareil partout à Demoudoula. A Nongo après avoir sillonné les bureaux N° 10, à Conteya carrefour, le N° 11 à Diawaraya et le 13 à l’école privée à Mory Kanteya, le constat est similaire. On votait à gogo avec ou sans carte d’électeur, les enveloppes au niveau du bureau 11 étaient remplies d’avance de bulletins Pup, sous l’œil indifférent du délégué de l’Unp, M.T.B. Là, les deux partis étaient représentés tout comme au N°10. Il faut dire que si le scrutin est qualifié de non transparent, les enveloppes elles, étaient d’une transparence sans égale et l’emplacement de l’urne était fait de sorte que les délégués savaient qui a voté pour qui.
Compte rendu
C.O.K
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Après l’échec du dialogue national
Quel a été le rôle de la société civile guinéenne ?
Malgré la séparation des pouvoirs, notre pays n’a échappé à une série de crises politiques aiguës au sein de la classe politique, par rapport à la conquête du pouvoir.
En effet, le scrutin du 21 décembre dernier qui n’a enregistré que la participation de deux partis politiques sur un total de plus 45, ce qui montre à suffisance la mauvaise santé de la démocratie en Guinée. Donc, la situation politique actuelle peut devenir explosive et dégénérer, faute d’intermédiaires pour trouver une juste solution de réconciliation. Alors que tout le monde attend. La société civile n’a pas eu l’occasion d’engager son mécanisme de médiation pour la prévention et la gestion des crises politiques dans notre pays, après l’échec du dialogue national. Cependant, les drames sanglants qui ont secoué certains pays de l’Afrique au Sud du Sahara, en ces derniers temps, et d’autres qui les minent encore, sont l’œuvre de la triste politique de certains dirigeants africains. Ainsi, cette crise politique aiguë qui mine notre pays doit être l’objet d’une étude de la part du CNOSCG, qui doit pouvoir rendre possible l’établissement d’un cadre durable du dialogue national. C’est seulement à la lumière des résultats de cette étude que pourra se dessiner un consensus fiable pour l’ensemble de la classe politique du pays. Si le comité national des organisations de la société civile ne parvenait pas à mettre en oeuvre une telle étude dans le cadre national, alors, il échouera inéluctablement, dans ses objectifs de conjurer les conflits quel que soit le mécanisme de prévention et de gestion de ces crises qu’il aura initié. Aujourd’hui, il est indéniable qu’une fois correctement résolus les problèmes posés par la reforme structurelle de la démocratie, notamment la bonne gouvernance, l’espoir sera permis, quant à la stabilité de notre pays sur le plan socio plitique.
Il n’est pas question de laisser le règlement des crises de notre nation aux tâtonnements des opportunistes et des démagogues pyromanes.
La Guinée, à l’instar des autres pays de la sous-région, a donc intérêt à privilégier le dialogue pour la sécurité et la cohésion entre les citoyens, la tolérance, si elle veut réellement combattre la pauvreté dans le pays.
Mamady Sidibé