Rumeurs de remaniement

Un grand bouleversement en perspective…

Six mois nous séparent des élections présidentielles. Si elles ont lieu. Pour l’heure, la question que l’opinion se pose est celle de savoir si l’équipe gouvernementale actuelle sera toujours en place.

Une certaine tradition veut que le Général-président change d’équipe avant chaque échéance présidentielle. Et depuis trois semaines, des rumeurs persistantes de remaniement ministériel meublent les conversations à Conakry. L’on annonce ainsi le départ d’une quinzaine de ministres. Un vaste remaniement en somme. Parmi les partants que la rumeur se plait à citer, l’on retient des noms comme ceux de Koumba Diakité (qui vient de procéder à des nominations dans son département), de Mory Kaba (qui aura été éphémère, ministre de l’Energie), de Mamady Condé (qui devrait repartir dans une des ambassades), de Moussa Sampil (curieusement) et bien sûr de Cheick Ahmadou Camara dont le départ semble ne pas surprendre. Selon des sources relativement bien informées, le général Lansana Conté devrait se décider en début juillet. Si l’on n’annonce pas de consultation, l’on sait néanmoins que ce remaniement verra le retour d’anciens ministres aux affaires. Ce qui ne sera pas une surprise. Dans cette même logique, les ministres-conseillers n’existeront plus et le Vieux Cellou Dalein Diallo pourrait, selon les rumeurs, occuper le département des Finances. On sait qu’il a toujours été un proche de Lansana Conté et est toujours présent à chaque élection présidentielle en qualité de directeur de campagne du général. Justement, l’on annonce le retour aux affaires d’un tout puissant ancien ministre (limogé par le décret d’août 1994) qui sera cette fois-ci, le directeur de campagne de Lansana Conté.

Selon les indiscrétions qui nous parviennent, le président du Conseil national du secteur privé aura pesé de tout son poids soit pour maintenir des ministres soit pour en proposer. L’on cite également l’entrepreneur Santullo qui ne filerait pas le parfait amour avec le ministre des Travaux publics. Lors d’un différend entre les deux, le Général aurait tranché en faveur de son ministre en qui il fait totalement confiance.

Pour le moment, tout ce que l’on sait, c’est que depuis ces rumeurs, les marabouts font de belles affaires. A Matoto où réside un célèbre marabout, un ministre a été aperçu une dizaine de fois au cours des deux dernières semaines. Le moins que l’on puisse dire est que cette rumeur est prise au sérieux par ‘’les Excellences» qui auraient de plus en plus du mal à rencontrer le chef de l’Etat. C’est ainsi d’ailleurs à la veille de chaque remaniement ministériel, disent les fidèles de Lansana Conté qui réussissent tant bien que mal à se faire recevoir dans sa plantation. Mais comme on le sait, le Général-président est imprévisible et pourrait encore une fois ‘’dribbler» la rumeur. Wait and see.

Aladji Cellou

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Jean Marie Doré, leader de l’Upg

« Nous sommes satisfaits de notre participation aux législatives, mais… »

Jean-Marie Doré, le leader de l’Union pour le progrès de la Guinée a participé, tout comme Siradiou Diallo (voir interview en page 11) aux élections législatives du 30 juin 2002. Des élections que leurs autres collègues de l’opposition, Bâ Mamadou, Sidya Touré et Alpha Condé en tête, réunis au sein du Frad avaient boycotté. Créant ainsi une divergence et une scission au sein de l’opposition. Une année après, les uns et les autres ont-ils tiré les leçons de leur choix ? Regrettent-ils ce choix ? Notre reporter a recueilli leurs impressions.

L’indépendant Plus : Vous avez participé aux élections législatives du 30 juin 2002 contrairement à certains de vos pairs de l’opposition. Avec le recul, regrettez-vous de l’avoir fait ?

Jean-Marie Doré : J’ai été aux élections avec mon parti d’une manière responsable, dans le cadre des accords négociés avec le Pup et le ministère de l’Administration du territoire. Nous étions prêts à assumer toutes les conséquences d’application correcte de ces accords. Mais le ministre de l’Administration du territoire en personne, avec la complicité du Cne et de toutes les autorités cachées ou connues, a saboté le processus électoral, a bâclé le déroulement des élections, a usurpé, raquetté et recelé les suffrages et les sièges. Parce qu’en réalité, nous sommes sortis vainqueurs des élections devant tous les partis qui ont participé. Ils ont pris nos députés et ils nous ont laissé moins que des miettes. C’est pourquoi on n’a pas été à l’Assemblée. On ne peut y aller sans insulter la république, sans insulter nos électeurs et le rêve de tous les Guinéens de faire de leur pays, un grand pays au plan du développement économique. Nous sommes un parti du centre, nous allons progressivement, méthodiquement, lentement mais sûrement, pour ne pas être obligés de reculer. Quand nous négocions avec le gouvernement, les gens ont dit que Jean Marie Doré veut entrer au gouvernement. Nom d’un chien ! Je n’ai pas créé un parti politique pour devenir un petit ministre. J’ai fait un parti qui a l’ambition de prendre le pouvoir dans ce pays. Donc, nous ne pouvons pas regretter d’avoir été aux législatives. Ne serait-ce que parce que notre participation et notre refus de siéger à l’Assemblée a montré à la face de la nation et du monde, l’incapacité du gouvernement de Lansana Conté de remplir et de tenir ses engagements, de respecter le serment prêté publiquement sur la Constitution de respecter des lois. Lansana Conté et son gouvernement sont incapables de respecter les lois parce qu’ils ignorent l’essence et les conséquences du droit. Donc, aujourd’hui nous sommes satisfaits par notre participation aux élections et par le rejet des résultats parce qu’ils sont entachés d’irrégularités.

Finalement, ceux qui ont boycotté ces législatives n’avaient-ils pas donc raison de le faire ?

Non ! Je ne les juge pas. Je ne juge personne. Je ne crois pas qu’il faut boycotter les élections. Parce que nous, nous avions des raisons fondamentales d’aller à ces élections. Nous devons donner l’occasion à ceux qui adhèrent à notre programme, à ceux qui partagent avec nous la philosophie du développement, de la grandeur, de l’éducation d’un peuple pour assumer son destin comme la Guinée indivisible dans sa diversité, de manifester cette adhésion en déposant de manière libre, leurs bulletins dans les urnes. Le conflit aujourd’hui avec le gouvernement, c’est que les Guinéens votent toujours librement pour l’Upg, pour le Rpg, pour le Pup… Mais c’est en cours de chemin que ces suffrages sont réfractés mécaniquement par les fonctionnaires de l’Administration du territoire sur instructions de leur ministre incompétent et on proclame élus des gens qui n’avaient rien à voir avec le processus électoral. En définitive, ce régime est incapable de faire face aux obligations de la Guinée. Il est incapable de faire la différence entre le bien et le mal. Moi je pense qu’il faut aller aux élections. Mais cette fois-ci, il n’y aura d’élections que lorsque toutes les conditions qui préparent et conditionnent la transparence, le respect du droit des électeurs et des candidats seront pris en compte. Il faut que notre participation repose sur des bases solides qui montrent que la Guinée est une nation civilisée. Mais Conté et son gouvernement peuvent continuer à s’amuser. Ils rendront compte devant l’histoire d’avoir humilié notre peuple, de l’avoir destitué de son piédestal, de son trône de fierté pour en faire un peuple affamé, un peuple prostitué. Car, aujourd’hui de larges couches de notre société se prostituent pour vivre. Et lorsque vous demandez à ces ministres : « qu’est-ce vous faites pour résorber la crise ? », ils répondent qu’il n’y a pas de crise. Ils aiment toujours faire des comparaisons impossibles pour justifier leur incurie, leur incompétence, leur démission, en définitive la trahison de leur charge. Est-ce que vous pensez qu’un leader politique responsable, devant ce désarroi général de notre peuple, a le droit de priver ce peuple, de chasser sous le poids conjugué des bulletins de vote, ses usurpateurs de pouvoir ? Car, n’oubliez jamais, quand on parle du pouvoir du général Lansana Conté, quoi qu’il dise, quoi qu’il prétende, il est venu au pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat anti-constitutionnel. Il faut donc que Lansana Conté et ses ministres incompétents s’en aillent.

Pour cela, il faut des élections transparentes. Vous pensez que ce sera le cas pour les prochaines présidentielles ?

La Guinée aura un gouvernement légal d’une manière ou d’une autre. Nous aspirons à des élections légales, libres et transparentes. Si ce gouvernement ne veut pas les organiser, ces élections se feront le moment venu obligatoirement. Parce que Conté et ses ministres ne sont pas propriétaires de la Guinée. S’ils le voulaient, ils s’en iraient pour que, au moins, on leur soit reconnaissant d’avoir tiré la leçon de leur inaptitude à remplir leurs devoirs.

Vous ne comptez toujours pas siéger à l’Assemblée, une année après les élections ?

J’ai dit que je n’irai à l’Assemblée que si le président Lansana Conté déclare publiquement qu’il condamne la fraude, les bénéficiaires de la fraude, qu’il condamne les commanditaires de la fraude. Que Lansana Conté déclare que les 85 députés que Solano a donnés au Pup ne sont pas des députés mais des salariés du Pup et du gouvernement. S’il le fait, nous allons même aménager notre lit à l’Assemblée nationale.

Propos recueillis par

Aladji Cellou

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Bâ Mamadou, président de l’Union des forces démocratique de Guinée

« On ne peut pas faire partir Lansana Conté par les urnes »

Le doyen Bâ Mamadou a été, l’année dernière l’un des farouches opposants à la participation de l’Upr, son ancienne formation politique, aux législatives. Estimant qu’une telle participation revenait à légitimer le régime du Général Conté. Un an après, qu’est-ce qui a changé ? Le président de l’Ufdg l’a dit à notre reporter.

L’indépendant Plus : M. le président, une année après les élections législatives du 30 juin 2002, est-ce que le président de l’Ufdg regrette aujourd’hui politiquement le fait d’avoir boycotté ces consultations électorales ?

Bâ Mamadou : Non, on ne peut pas dire que je regrette étant donné que maintenant on a vu que cette Assemblée a été terne totalement. Je crois que personne ne s’est intéressé même à elle. Les journalistes ont dû voir que cela n’avait rien à voir avec l’ancienne Assemblée. Malheureusement, ce qu’on avait prévu est arrivé. Je dis malheureusement parce que c’est le pays qui perd. J’aurais préféré avoir eu tort, qu’il y ait une Assemblée fantastique qui puisse faire partir Lansana Conté, mais c’est le contraire. Aujourd’hui, c’est l’Assemblée qui refuse même de prendre position sur les problèmes les plus importants et il n’y a même pas de voix discordantes pour faire savoir qu’il y a une opposition en Guinée. Donc, je suis plutôt navré que satisfait parce que c’est le pays que je voudrais, moi voir se développer; ce n’est pas avoir raison qui m’intéresse.

Mais vous aussi, vous aviez boycotté ces consultations pour empêcher le général Conté de se représenter. Est-ce que de votre côté vous avez atteint votre objectif ? Vous n’avez pas soutenu une « dictature » comme vous le disiez en allant aux législatives, mais est-ce que vous ne l’avez pas aussi conforté en refusant d’y participer ?

Je crois qu’il fallait que l’opinion publique nationale et internationale sache qu’on avait atteint un tournant. Après avoir participé en 1993, 1995 et en 1998, il fallait tirer les leçons puisqu’il ne faut pas faire la même erreur tout le temps. On n’avait compris que ce n’était pas possible par les urnes d’obtenir le départ de Lansana Conté. Il fallait tirer un trait dessus pour dire que maintenant c’est fini, la solution des urnes est dépassé et il faut une autre solution ; comme ça le peuple saurait qu’il n’y a qu’une solution : qu’il se lève lui-même puisque tant qu’il ne se lèvera pas, ce ne sera pas possible d’empêcher Lansana Conté de s’installer dans ce pays.

Mais douze mois après, on ne peut pas dire que votre bilan est positif, parce qu’on n’a pas vu vos actions sur le terrain. On ne voit pas, pour le moment, comment vous pouvez faire partir Lansana Conté autrement que par les urnes ?

Vous savez, on ne peut pas réussir tout le temps. La politique n’est pas une course de vitesse surtout en ayant affaire à quelqu’un qui est décidé à rester au pouvoir, qui a les armes et tout ce qu’il faut et qui n’hésite pas. Ce n’est pas facile. Même avec les journaux, vous voyez bien que tout le monde est mâté aujourd’hui. Il ne laisse personne. Pendant un certain temps, tous ceux qui dérayaient un peu et qui gênaient un peu son régime étaient mis à l’ombre. Il les ennuyait tellement que tout le monde a été obligé de s’organiser. Pour combattre un tel régime, ce n’est pas facile du tout, mais nous avons l’espoir parce qu’aujourd’hui beaucoup de gens se rendent compte, surtout dans son compte à lui puisque les jeunes qui étaient Pup à 100% ne le sont plus. C’est le constat qui se dégage lorsqu’on fait Kaloum, Matam… La percée de Sidya Touré est là, même si elle n’est pas nette, on ne peut pas la nier. Donc, il faut se rendre compte qu’il y a eu du changement. Nous avons obtenu des gens. Si aujourd’hui on fait un mouvement quelconque, je suis sûr que la population va se lever. On n’a pas gagné c’est vrai et il ne s’est pas encore présenté. Mais avec ça, nous allons continuer le combat quand même. Même s’il se déclare élu, nous allons dire qu’on ne reconnaît pas son pouvoir et nous maintiendrons notre pression jusqu’à ce qu’il s’en aille.

Le fait d’avoir boycotté ces élections législatives avait créé énormément de problèmes au sein de votre ancienne formation politique, l’Upr, par votre faute, disait-on…

J’avoue effectivement qu’après 1998, j’ai eu tort d’abandonner l’Upr, sans participer aux réunions, sans être présent. En tant que président d’honneur, j’ai eu tort. Il fallait être vraiment présent sur le terrain et empêcher la dérive qu’on a connue, parce que les gens disaient : «  non, il faut aller aux élections législatives parce que c’est une tribune ». On a vu que cette tribune ne sert à rien puisqu’au fond, on n’a rien entendu. Donc, l’argument était inutile alors que les partenaires guinéens, bailleurs de fonds et autres, ont dit haut et fort que les élections se sont déroulées à peu après normalement, qu’il y a des députés de l’opposition, donc ils acceptent. Alors que si on n’avait dit « non », tout le monde saurait que c’était un parlement mal élu et le deuxième combat aurait été plus facile. Mais la participation d’une partie de l’opposition aux législatives a rendu notre tâche plus difficile. C’était une erreur d’aller à ces élections.

Pour les prochaines présidentielles, vous ne commettrez pas les mêmes erreurs ?

On mène un combat contre Lansana Conté pour l’empêcher de se présenter ou alors, on se couche parce que ça veut dire que lui, s’il n’y a pas de mouvement, il va se déclarer élu même s’il n’a qu’1% de participation et va déclarer qu’il eu a 98 % et il va dire qu’il est élu avec 70% des voix.

Comme ça vous ne pourrez rien faire encore…

Même avec ça, il faut qu’on bouge ; cette fois-ci, on ne s’arrête pas. S’il se déclare élu, nous déclarerons le lendemain qu’on ne le reconnaît pas et nous continuons le combat.

Si les élections législatives étaient à refaire, vous auriez eu la même attitude ?

On aurait été plus virulent, puisqu’on a boycotté sans rien faire. Il aurait fallu boycotter et en même temps, faire comprendre aux gens par des manifestations qu’on n’est pas content. Mais nous n’avons rien fait et cela a été un tort.

Propos recueillis par

Aladji Cellou

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Siradiou Diallo, leader de l’Upr

« Nous avons eu totalement raison d’aller aux élections, la preuve… »

Dans cet entretien, Siradiou Diallo, président de l’Upr revient sur le pourquoi de sa participation aux élections législatives du 30 juin 2002.

L’indépendant Plus  : Cela fait une année que vous avez participé aux élections législatives du 30 juin 2002. Douze mois après, quel constat pouvez-vous en faire ?

Siradiou Diallo : Douze mois après, nous Upr, nous sommes représentés à l’Assemblée par vingt députés. C’est selon nous, très peu par rapport à ce que nous méritions d’avoir si l’on tient compte réellement de notre assise dans le pays. Malgré les fraudes, malgré toutes les manipulations et toutes les manœuvres organisées par les représentants du ministère de l’Administration du territoire à l’intérieur du pays, nous avons vingt députés. Ces vingt députés ne sont pas allés à l’Assemblée nationale avec l’illusion d’avoir une majorité contre le Pup et ses alliés bien entendu. Ces vingt députés sont là d’abord pour ne pas laisser la place entièrement entre les mains de la majorité dite présidentielle. Et nous sommes là également pour faire entendre notre voix, pour exprimer notre différence par rapport à ce que dit et ce que fait le gouvernement. Nous sommes à l’Assemblée comme nous y étions pendant la législative sortante. Nous avons repris les mêmes textes. Vous savez qu’à la législature dernière, les députés du groupe parlementaire de la Codem avaient entre autres proposé l’adoption par l’Assemblée nationale d’une commission nationale électorale indépendante. Cette fois encore, nous avons repris les mêmes textes. D’ailleurs, ceux qui ont rédigé ce texte à l’époque pour la Codem sont encore dans l’Assemblée. Nous avons également proposé une loi relative au statut de l’opposition, une autre relative à la libéralisation des ondes pour qu’il y ait des médias privés légaux dans ce pays comme il y en a dans toute la sous région. Vous savez qu’il y a deux cent radios libres dans un pays comme le Mali. Nous avons encore reproposé ces projets de lois comme nous l’avons fait avant. C’est dire que nous sommes à l’Assemblée pour continuer le même combat que nous avons amorcé depuis la légalisation des partis en 1992. Notre combat est difficile et sans doute long. Mais nous pensons que le combat pour la démocratie n’est pas une course de vitesse mais une course de fond.

L’Upr, comme je le dis souvent, est un parti composé d’hommes et de femmes de qualité, d’expérience et qui connaissent bien le terrain. Certains ont occupé beaucoup de fonctions à l’intérieur du pays sous l’ancien ou l’actuel régime. D’autres ont une expérience acquise à l’étranger. C’est cette somme qui fait aujourd’hui la richesse et la force d’un parti comme l’Upr. Nous sommes à l’Assemblée nationale et nous ne regrettons rien. Bien au contraire. Nous avons un acquis que nous entendons préserver, renforcer et enrichir chaque jour davantage par nos idées, nos options et nos actions. Voilà ce que nous faisons à l’Assemblée.

Vous savez bien que votre option, votre engagement à participer à ces élections avait créé tellement de bruits dans le pays que votre président d’honneur a fini par quitter l’Upr. Une année après, est-ce vous pensez avoir pu recoller les morceaux ?

Nous avons regretté profondément le départ de notre doyen, de notre président d’honneur, de notre aîné. Lorsqu’on a œuvré avec quelqu’un, que nous avons présenté et soutenu sous toutes les formes, quelqu’un que nous avons fait venir dans nos préfectures respectives en demandant à tous nos parents, tous nos amis et à tous nos militants de le soutenir, lorsque celui-là quitte, naturellement nous sommes gênés ; pas à son vis à vis mais vis-à-vis de ceux auxquels nous nous étions adressés pour dire « voilà c’est l’homme derrière lequel nous devons être ». Si on se rend compte qu’il a quitté le droit chemin pour aller ailleurs, faire autre chose et dire ce qu’il dit, c’est vrai que devant notre public, nos militants, nos parents et amis, dans toutes nos préfectures, c’est gênant. Il faut être honnête. De ce point de vue là, c’est vraiment triste. Ça été un coup dur pour nous. Mais nous avons dit à beaucoup de gens, vous les journalistes compris, et à tous les observateurs, que c’est une tempête dans un verre d’eau. Aujourd’hui la réalité est là.

Donc l’Upr reste tel qu’il était en tant que parti politique ?

Mais allez dans nos différentes fédérations de l’intérieur. Vous savez qu’à l’époque, lorsque nous avons tenu les assises de notre comité central, je crois qu’il y avait une quarantaine de fédérations de l’intérieur et de l’étranger qui était représentées. Cinq se sont prononcées pour ne pas aller à l’élection. Dans les mois qui ont suivi, dans certaines fédérations nous avons eu des petits problèmes ici où là, mais pas dans la majorité. Et même là, si vous regardez aujourd’hui la situation, il n’y a pas de problème. Le parti n’est pas une affaire de l’un d’entre nous. Les gens ne m’ont pas suivi moi Siradiou Diallo, mais ils ont respecté des engagements qui avaient été pris au départ pour faire la fusion entre l’Upr et le Prp et quelques autres partis. Un engagement qui a été pris après mille réflexions, après des débats, des discussions et puis des engagements écrits et signés pour chacun des leaders. Ensuite, il y a eu des engagements en ce qui concerne l’avenir. Tout cela existe et on le sait. Donc, c’est ce que les gens ont observé, ce n’est pas moi qu’ils ont suivi. Certains ont raconté qu’il y a Siradiou d’un côté, Bâ Mamadou de l’autre. Non. Si l’un de nous se retire de cet engagement pour se présenter devant les militants, je crois qu’il s’expose. Aujourd’hui allez à l’intérieur du pays faire votre enquête. Demandez à la fédération de N’Zérékoré de l’Upr s’il y a des problèmes la-bàs, qui a suivi qui. Allez à Kankan, Siguiri, Boké, Kindia, Kissidougou, je ne parle pas de la Moyenne Guinée vous verrez.

Nous n’avons pas de problèmes. Les réalités sur le terrain sont là, la preuve c’est que notre aîné qui nous a donné un coup de pied comme ça ; s’est abstenu d’aller tenir des réunions publiques dans toutes ces zones que j’ai évoquées. A un moment donné, j’avais décidé de répliquer un peu et je l’ai fait de façon très rigoureuse, c’est vrai. Mais aujourd’hui nous avons décidé ensemble qu’il faut, raison gardée, mettre fin à toute politique d’attaque de notre aîné. Parce que l’attaquer, c’est comme si l’on s’attaquait à nous-même. Donc nous avons pensé qu’il faut mettre fin à tout cela et continuer à lui tendre la main. Quoiqu’il arrive et malgré tout. Parce que lui-même, il sait peut-être aujourd’hui que sans l’Upr, il n’est rien dans ce pays. Avec l’Upr, il est tout. Il mérite respect et considération et notre électorat, c’est ce qu’il souhaite. La fêlure qui a été espérée par certains en le voyant faire ce qu’il a fait, la scission, tout cela est faux. Il n’y a pas de scission encore moins de fêlure. Il est parti avec quelques membres de sa famille essentiellement.

Propos recueillis par

Aladji Cellou

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Rebondissement dans l’affaire ENIPRA

Des vendeuses de Madina sur la défensive…

Dans l’après-midi du vendredi 27 juin 2003, nous avons reçu à notre rédaction une visite surprise. Celle de plus d’une dizaine de femmes vendeuses exerçant dans un passé proche au grand marché Madina. Sur la raison de cette visite, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elles ne sont pas du tout contentes. Pour cause…

Elles soupçonnent le président du Conseil national du secteur privé guinéen, également président du Patronat et de Futurelec Holding, de vouloir leur retirer les places durement acquises auprès du gouvernorat de Conakry à l’ex-ENIPRA, où un nouveau marché a été érigé.

A les écouter, tout est parti de l’intervention du président de la République, le Général Lansana Conté, il y a 2 semaines. Intervention retirant de fait la gestion de ce nouveau marché à M’Bemba Bangoura. Elle est désormais confiée à Mamadou Sylla, le président du Patronat. Quelques jours après la prise de position présidentielle, c’est tout naturellement, selon les femmes qui nous ont rendu visite à ‘’L’Indépendant», que ce dernier s’est rendu sur les lieux. Les trouvant affairées à leurs installations, il leur aurait demandé de « quitter les lieux afin qu’il puisse entamer la tâche à lui confiée par le Général-président ». « Nous l’avons écouté attentivement. Nous avons manifesté le désir de prendre la parole. Il n’a absolument rien voulu savoir. Alors, nous avons décidé de ne pas quitter les lieux, parce qu’il est évident qu’on veut nous renvoyer de nos places acquises au prix de mille sacrifices », explique l’une des femmes visiblement préoccupées par la tournure des événements. C’était le 25 juin passé. « Le lendemain 26 juin, enchaîne une autre plaignante, nous avons décidé d’aller nous confier au président de la république au Petit palais. Nous étions plus de deux cents à cet effet. Il nous a certes aperçues de loin. Mais il a mandaté quelqu’un pour nous rencontrer. Nous lui avons expliqué le motif de notre visite. Il a dit qu’il prenait bonne note, et qu’il ferait un compte-rendu fidèle au chef de l’Etat. Avant de prendre congé de nous, il promettra qu’une délégation viendrait dans la soirée à l’ex-ENIPRA pour régler le problème. Nous sommes retournées tranquillement à Madina. Mais jusque tard dans la soirée, personne n’est venu nous dire quoi que ce soit. Or, nous tenons absolument à faire entendre notre voix. C’est pourquoi d’ailleurs, nous sommes chez vous aujourd’hui ».

Il y a lieu de noter que la plupart des femmes venues à notre rencontre détiennent des documents d’attribution de places, délivrés par M’Bemba Bangoura, le gouverneur de la ville de Conakry. Selon toute vraisemblance, elles redoutent que ces attributions ne soient purement et simplement annulées. Pour cause de changement de gestionnaire du centre commercial érigé à l’emplacement de l’ex- ENIPRA. Il est évident qu’après le discours de Lansana Conté, c’est dorénavant le Patronat qui a en charge la question de distribution des places. Aujourd’hui désemparées à cause de ce qu’elles appellent « le refus de la discussion de Mamadou Sylla », elles jurent de ne plus se laisser faire. « Nous avons trop souffert à cause de ces histoires de places. Depuis qu’on nous a fait déguerpir du trottoir et d’autres lieux de Madina, nous n’endurons que le calvaire. Maintenant qu’on se croyait à l’abri du danger, on nous menace de nouveau. Qu’on sache que nous sommes des Guinéennes à part entière. Nous aussi avons droit à des places. Des places pour lesquelles nous avons d’ores et déjà payé. Si jamais on songeait à nous mettre dehors par la force, il ne nous restera alors qu’à occuper la rue. Mais nous osons croire que le chef de l’Etat qui est le président de tous les Guinéens ne laissera pas l’arbitraire prendre le dessus. Qu’on comprenne que nous sommes à bout de souffle. Nos maris sont au chômage, certains ne sont plus de ce monde. Qui nous prendra en charge si nous ne faisons rien ? » Propos saisissants recueillis sur le vif.

Affaire à suivre donc !

Millimono Faya

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Cntg – Cbk

La grève aura-t-elle lieu ?

La guerre entre Rabiatou Serah Diallo, la dame de fer de la Cntg, et le patron de la Cbk, Alexandre Patchenko, risque de tourner au vinaigre. Le gouvernement saisi, s’interpose et renvoie les deux parties à la table de négociation.

Le torchon qui brûle, depuis un mois maintenant, entre Rabiatou Serah Diallo, la dame de fer de la Cntg et le patron de la Cbk, Alexandre Patchenko, risque d’embraser. Si naturellement rien n’est fait. En effet, les réactions par rapport au licenciement des syndicalistes de cette compagnie minière, qui continue de défrayer la chronique, préoccupe sérieusement le staff technique de la Cntg. Devant cette situation, la Confédération Nationale des travailleurs de Guinée (Cntg) a préconisé, ces derniers jours, une menace de grève généralisée, annoncée dans une déclaration, déposée sur la table du gouvernement. Lequel d’ailleurs, a manifesté ses inquiétudes. C’est pourquoi, immédiatement, il a sollicité une réunion de crise. Une façon de convoquer les deux parties en litige autour d’une table de négociation. Les négociations ont démarré le vendredi 27 juin dernier, sous l’arbitrage de l’inspecteur général du travail. Sous haute tension d’ailleurs. Car chacune des deux parties, ne voulant pas céder. C’est ce qui paraît être l’imminence de cette rencontre. Déjà, du côté de la Cntg, la solidarité se manifeste de toutes les autres centrales syndicales. Par une randonnée spontanée des secrétaires généraux de ces organisations syndicales au siège de l’inspection générale du travail. Au moment où nous allions sous presse, les négociations étaient entamées. En vue de trouver une issue favorable à la crise qui pourrait être préjudiciable aux partis russe, si aucune solution de compromis n’était trouvée. 

Mohamed Amara Camara

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Tentative de Coup d’Etat Diarra Traoré

18 ans déjà

Le 4 juillet 2003 représente le 18è anniversaire de la tentative de coup d’Etat dirigée par le colonel Diarra Traoré, alors ministre d’Etat chargé de l’Education nationale. Pour la petite histoire, on retiendra que le colonel Diarra Traoré était le n°2 de la junte militaire (qui a pris le pouvoir le 3 avril 1984) jusqu’au 18 décembre 1984 date à laquelle le poste de premier ministre qu’il occupait a été supprimé. C’était à l’occasion du premier remaniement ministériel que le général (colonel à l’époque) Lansana Conté opérait. Le colonel Diarra Traoré se retrouvera au ministère d’Etat chargé de l’Education. Quelque mois plus tard, survient cette tentative de coup d’Etat, alors que le colonel Lansana Conté était à Lomé au Togo, où il prenait part au sommet de la Cedeao dont il assumait la présidence en exercice. C’est aux environs de 22 heures TU que le communiqué annonçant la prise du pouvoir le colonel Diarra Traoré a été lu par l’intéressé lui-même sur les antennes de la Radio diffusion nationale. Ce communiqué disait en substance que le colonel Diarra Traoré est désormais le Président de la République de Guinée. Et que son prédécesseur le colonel Lansana Conté n’était plus qu’un citoyen en exil. Quelques heures après, l’échec du coup d’Etat a été annoncé par le groupe qui se réclamait fidèle au Colonel Lansana Conté et qui aurait à sa tête le capitaine Mamadou Baldé, l’actuel inspecteur général des forces armées guinéennes. Cet échec du coup d’Etat sera suivi d’une chasse aux sorcières. Plusieurs officiers, sous-officiers et hommes de rangs de l’armée guinéenne ainsi que de nombreux suspects civils ont été arrêtés. Le Président de la République, le colonel Lansana Conté, de son côté, a regagné le pays, dès le lendemain du putsch manqué, en provenance de Lomé. Il a animé un meeting le 6 juillet 1985, à l’esplanade du palais du peuple. Là, le Président Conté a rendu hommage à ses défenseurs

La plupart des militaires arrêtés auraient été passés par les armes. Certains militaires mettent le général Lansana Conté hors de cause, en disant qu’il n’a été informé de la prétendue exécution sommaire des putschistes qu’après. En tous les cas, la grande majorité des gens arrêtés dans cette tentative de renversement du régime de Lansana Conté sont restés sans trace. Parmi eux, des militaires (plus nombreux) et des civils dont certains anciens collaborateurs de Sékou Touré auxquels le colonel Diarra Traoré aurait, encore proposé des postes ministériels, alors qu’ils étaient en prison. C’était là quelques faits marquants de cet événement qui, comme tant d’autres restent dans l’histoire récente de la Guinée et qui méritent d’être analyser afin d’éviter de répéter les maladresses commises de part et d’autre.

Oumar Camara