Armée

Le Lt Alpha Ousmane et le Cdt Aly Camara libérés…

Selon une source digne de foi, certains militaires arrêtés ces dernières semaines pour tentative de putsch selon la rumeur, ont été libérés le 16 décembre dernier dans la soirée. Parmi les officiers « élargis », se trouve le lieutenant Alpha Ousmane Diallo, fils de l’ancien président de l’Assemblée nationale, El-Hadj Boubacar Biro Diallo. Le Commandant Aly Camara, N°2 du Basp a aussi été libéré. Quatre autres officiers de la promotion du lieutenant Alpha Ousmane Diallo ont recouvré la liberté. Tous ont quitté leur lieu de détention avec leurs tenues et grades. Les autres « détenus » seraient également sur le point d’être relâchés.

L’arrestation de ces militaires avait créé de nombreux remous au sein de l’armée guinéenne en cette période électorale. Accusés dit-on de tentative de coup d’Etat, selon la rumeur, puisqu’officiellement rien n’a filtré sur le pourquoi de leur arrestation, de nombreux officiers et sous-officiers ont été gardés au secret pour des fins d’enquête. A la veille d’une présidentielle à haut risque, ces interpellations au sein de l’armée ont créé une véritable psychose dans la pays. Alors que l’opposition a boycotté les élections du 21 décembre, une « purge » au sein de la « Grande muette » n’a fait que renforcer un climat d’incertitude en Guinée. Sans doute, la libération « progressive » des militaires permettra de détendre la situation. Du moins, du côté des forces armées. Car, l’opposition n’entend pas elle rester les bras croisés et a opté pour un boycott actif de la présidentielle. Une série d’actions (manifestations de rue et autres) est d’ailleurs prévues dès la fin de cette semaine par les ténors de l’opposition guinéenne pour exprimer leur désaccord par rapport à ce qu’ils considèrent déjà comme un « coup d’Etat électoral » de la part du régime du général Conté qui est bien parti pour remporter un troisième mandat consécutif. Depuis quelques jours, des réunions de « crise » sont tenues chaque soir dans les différents états majors afin de coordonner les actions à entreprendre. La Guinée, une poudrière prête à exploser ? Pas évident, répond-on du côté de la mouvance présidentielle qui rassure que toutes les dispositions sont prises pour sécuriser la République et empêcher tout débordement de nature à déstabiliser le pays.

Une opinion que ne partage bien évidemment pas l’opposition qui, elle estime que tous les ingrédients sont réunis pour en arriver-là. Pour l’heure, nul ne sait ce que demain sera fait en Guinée mais le pouvoir, en libérant certains militaires arrêtés envoie certainement un signal d’apaisement non seulement à l’endroit de l’opinion nationale mais aussi et surtout à l’endroit de la communauté internationale de plus en plus inquiète de la dégradation de la situation politique en Guinée.

Aladji Cellou

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Libération

Des militaires du BASP relâchés !

Arrêtés pour la plupart au lendemain de la fête du Ramadan en Novembre dernier certains, à cinq jours du scrutin présidentiel prévu le 21 du mois en cours, ont été remis en liberté. Ce sont principalement les militaires du Bataillon Autonome de la Sécurité Présidentielle (Basp).

Leur libération est intervenue dans l’après-midi du 16 décembre 2003 à Conakry. Parmi eux le Cdt Ali Camara, les lieutenants Apha Ousmane Diallo et Bangoura Ibrahima Sory.

Apha Ousmane est le fils de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Boubacar Biro Diallo. Bangoura Ibrahima Sory (BIS) pour ses admirateurs jouissait d’une grande popularité au sein de l’armée. Tous deux jeunes issus de l’école militaires interarmées sont réputés pour leur sens d’intégrité morale et de loyauté envers les chefs hiérarchiques. Il en est de même pour le Commandant Ali Camara, autour duquel l’unanimité se dégageait d’être un intellectuel pointu et formé à la défense de la patrie.

Les proches membres de ces militaires disent qu’ils n’ont subi aucune menace, aucune intimidation encore moins de séquestration lors de leur garde à vue.

Que leur reproche-t-on ? Aucune raison n’est jusque là évoquée par les autorités gouvernementales du pays pour justifier leur interpellation. Selon certaines sources qui ont requis l’anonymat, l’interrogatoire n’aura rien donné, d’ou leur libération.

A propos, d’autres militaires ayant été l’objet d’interpellation au même titre que leurs collègues tel que Kader Doumbouya arrêt é et condamné, relâché puis repris dit-on ( puisque aucun membre de sa famille n’a accepté de témoigner) il y a quelques jours, reste sans nouvelle. Il en est de même pour Wanwaran qu’on dit avoir été également interpellé.

Cette libération vise-t-elle à décrisper l’atmosphère politique du pays à la veille de l’élection présidentielle ? Tout porte à le croire. Cela est d’autant vraisemblable que les voix se sont élevées pour exiger la libération de tous les militaires arrêtés. Parmi elles celle de l’opposition démocratique, notamment leurs militants de France, précédés par la déclaration de leurs leaders à l’intérieur du pays.

Millimono Faya

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Sékou Dékazi Camara

Un come-back non fulgurant

Le présent scrutin présidentiel a permis à certains caciques de la mouvance de se positionner, voire jouer un rôle de premier plan au sein du Parti de l’unité et du progrès (Pup). C’est le cas de Sékou Dékazi Camara, nommé directeur de campagne du candidat Lansana Conté. Pour rappel, les élections législatives de juin 2002 avaient mis au grand jour quelques divergences qui minaient le parti au pouvoir. Des divergences parues au moment du choix de la liste des candidats du Pup aux législatives.

Il a fallu l’intervention du chef de l’Etat, qui est aussi le président du parti, pour départager les protagonistes. Le choix des candidats est revenu à Lansana Conté. Ainsi, sans ambages, il a rayé de la liste les noms de plusieurs ‘’notables» qui siégeaient au parlement. Sékou Moucké Yansané, Dékazi Camara, René Zoumanigui, étaient de ceux-là. Une retouche ayant permis l’émergence de nouvelles têtes, particulièrement de jeunes. Grâce à cette ouverture, des gens comme Ibrahima Sorel Camara et Yacine Barry, ont été élus et depuis lors, ils siègent au parlement. On attendait que les barons écartés, soient repêchés et recasés au sein de l’administration. Les plus optimistes les voyaient dans la haute sphère de l’Etat. Certains étaient fort persuadés que Sékou Dékazi Camara se retrouverait à la tête d’un département ministériel ou du moins, nommé comme ambassadeur. Mais Lansana Conté a l’habitude de surprendre l’opinion et défier, ainsi, tout pronostic. En tout cas depuis la fin du scrutin législatif, il n’a effectué que des réaménagements. Seuls les départements de la Justice et de la Sécurité ont changé de titulaires. S’agissant de la présente élection pour le Pup, il fallait trouver un directeur de campagne capable de mobiliser les foules et faire des déclarations susceptibles de toucher les fibres des Guinéens. Certes, Lansana Conté n’a pas en face de lui des adversaires de taille. L’opposition ayant opté pour le boycott. Par contre son principal adversaire dans un scrutin sans enjeu majeur est son bilan peu reluisant. La pauvreté absolue, la misère, l’insécurité, le chômage, les crises aiguës d’eau et d’électricité, la flambée de prix etc. sont entre autres ses principaux opposants. De sorte que l’essentiel pour le pouvoir est comment persuader les citoyens, en âge de voter, à répondre massivement au rendez-vous des urnes, le dimanche prochain. Car, dans l’ensemble, les Guinéens ne croyant plus à un changement immédiat par les urnes semblent opter pour le boycott électoral. Et, pour ce faire, ils n’ont pas besoin d’être sensibilisés par une opposition jugée inconséquente et manquant de courage politique. C’est du moins l’avis des observateurs avertis. A cet effet, la tâche du directeur de campagne serait ardue. Malgré, la longue période de campagne que le pouvoir s’est octroyée et qu’il a menée tambour battant durant toute l’année 2003. Surtout que l’ancien directeur de campagne de Lansana Conté, Thierno Mamadou Cellou, est désormais ambassadeur de Guinée à Rome, Italie. Rappelons que c’est lui qui a mené avec brio les deux précédentes campagnes en 1993 et 1998. Ainsi, le Pup a opté pour un directoire collectif avec en tête Sékou Dékazi Camara. Bon communicateur, il a été ambassadeur de la Guinée à Paris, France. Aussi, il est l’un des fondateurs du parti. Massu (corps et action), au sein de son parti, on l’appelle affectueusement le bulldozer. Ce retour indique que Conté ne veut pas rompre définitivement avec les anciens du parti. Même si d’autres se trouvent tapis dans l’ombre ou simplement jetés dans l’oubliette. A l’instar de Don Soumah. D’ailleurs, Sékou Konaté, actuel secrétaire général par intérim du Pup, est un ‘’ressuscité’’. S’agissant de Dékazi, il bénéficie d’un come-back non fulgurant. En attendant…

Oumar Kateb Yacine

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Armée

Que de rumeurs !

L’information coûte chère, dit-on. Une fois de plus, cet adage n’est valable qu’ailleurs et non en Guinée. Dans le pays du Général-président, tout le monde en est producteur et consommateur. En fait, seule la rue régule le climat à travers des rumeurs. Faute d’informateurs fiables, les acteurs de tous bords sont obligés de se contenter de ce qui court dans la rue. Conséquence du mutisme extraordinaire caractéristique de la haute administration guinéenne. La rétention de l’information s’érigeant en véritable principe de jeu. Peu importe si le droit des citoyens d’accéder à l’information vraie se trouve ou non garanti. Les colonnes des journaux restent l’unique source fiable. Mais, en raison du revenu assez limité des ménages guinéens, peu de compatriotes ont accès aux informations publiées dans les journaux. La presse internationale ayant plus d’audience que les médias nationaux, elle a toujours la primeur des informations même si le traitement qu’elle en fait est quelque fois objet de critiques sévères dans certains milieux du pays. Mais, faute de version officielle, on est souvent obligé de s’en contenter. Tel est par exemple le cas des rumeurs relatives à une série d’arrestations dans les garnisons militaires du pays. Ces informations ont été relayées par les médias nationaux, du moins par la presse indépendante. Quelque peu affolés, les membres de certaines familles ont vite fait de réagir sur les antennes des radios étrangères. Puis, rien. Tout le monde se méfie de faire des déclarations par rapport à une situation dont on ignore totalement les tenants et les aboutissements. Plus grave, du côté du gouvernement, on a fait comme si de rien n’était. Laissant ainsi la voie libre aux rumeurs. On le sait, en la matière, les Guinéens en général et les populations de Conakry en particulier savent bien se tirer d’affaires. Selon que l’on soit directement concerné ou pas, les versions se font la concurrence. On parle d’un côté de 200 arrestations, de l’autre de 400. D’autres commentaires font état de résurgence de vieux démons de l’époque de complot permanent. L’occasion est, on ne peut plus opportune pour accabler Sékou Touré et son régime. On touche à tout sauf à l’essentiel. Plus d’un mois après, aucune version pour confirmer ou infirmer les rumeurs. Point de précision sur les causes des interpellations. La psychose sera plus grande avec les échos sur l’arrestation du commandant Kader Doumbouya et du capitaine Wanwaran tous deux arrêtés et jugés suite aux évènements des 2 et 3 février 96. Mais, contre toute attente, un certain nombre de militaires mis en liberté ont rejoint leurs familles respectives. Parmi eux, le lieutenant Alpha Ousmane Diallo, fils de l’ancien président de l’Assemblée nationale et le commandant Aly Camara du Bataillon spécial de la sécurité présidentielle. Tout cela s’est passé dans la plus grande discrétion. Seule la presse qui avait annoncé leurs arrestations, s’en est fait échos. Les militaires libérés, faisant comme tout le monde, se sont gardés de tout commentaire sur le sujet. Au point que le nombre d’arrestation ainsi que les motifs relèvent encore du plus grand mutisme. Evidemment, le général Lansana Conté demeure l’unique vainqueur de cette bataille obscure. Surtout que les propos selon lesquels ces arrestations sont consécutives à une tentative de coup d’Etat n’ont jamais été prouvés. En tout cas, en se fondant sur le discours prononcé par le général Lansana Conté à l’occasion de la dernière fête de l’armée nationale, on peut dire que tout est parti de là. Etant donné que l’homme a toujours été logique avec lui-même. Il a toujours déconseillé aux militaires de se mêler de la politique et surtout, il n’a jamais cessé de les appeler à rester dans le cadre leur rôle de défenseurs de l’intégrité territoriale. De là à comparer ce discours à celui de Sékou Touré à la veille de l’agression de novembre 1970, il y a incompatibilité. Autrement, il serait hâtif de tirer une quelconque conclusion en se fondant sur les réalités actuelles.

Kerfalla Kourouma

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Présidentielle 2003 : les carottes sont cuites

« La fortune varie, bien sage qui la plie ». Machiavel

Les jeux sont faits, plus aucune mise n’est acceptée. La récréation est terminée. A moins d’un miracle miraculeux le paysan devenu président malgré lui au début en Avril 1984 va être réinstallé pour la troisième fois de suite dans le « Kibanyi », cette fois-ci, Kudaï avec objectif de chercher à égaler le record du prédecesseur, celui du responsable suprême de la Révolution au grand dam des mêmes opposants qualifiés « d’Anti – Guinéens » hier et vus comme « diaspouris » aujourd’hui.

L’ouverture démocratique du 22 décembre 1985 s’est refermée sur une démocratie monolithique du Parti – Etat le 21 décembre 2003. On l’a bien compris, la Guinée n’est et ne saurait être un bouillon de culture importée et 45 ans après l’indépendance elle est toujours dans la même résolution de vouloir vivre pauvre mais libre au lieu de l’autre variante. Schakespear s’est bien trompé quand il dit : « les hommes sont ce qu’est leur époque ». Les époques sont différentes mais les guinéens sont restés les mêmes : inoxydables et indifférents aux changements, parfois négatifs, des sociétés.

Machiavel pense que si les hommes étaient bons et vertueux, il leur suffirait des lois pour se gouverner ; méchants et trompeurs, ils doivent être menés par la contrainte et par la ruse. Suivant cette pensée tous les moyens sont bons pour atteindre son but. La fin justifie les moyens. Les Guinéens ont utilisé tous les moyens pour rester au pouvoir ou pour prendre le pouvoir, l’ethnocentrisme et le tribalisme n’ont jusqu’à présent pas pris le pas comme dans presque tous les ténors de la politique guinéenne s’étaient réfugiés sous le signe du régionalisme après un petit dérapage verbal du Colonel Lansana Conté au lendemain du coup d’Etat manqué de juillet 1985. « Wo fatara », cette phrase a donné à l’opposition un leitmotiv, un argument et une arme politique. Ainsi, au bord de la dérive, la Guinée se scindait. La Haute Guinée, traditionnellement le berceau des grands seigneurs de l’empire du Mandingue l’autorité mais était en manque d’un meneur. Le professeur Alpha Condé a été trouvé, mais force est de constater aujourd’hui que Alpha Condé n’a pas répondu à l’aspiration et à l’espoir placés en lui. Après quelques heurts avec le pouvoir, le leader du Rpg a préféré mener sa politique d’opposant de l’extérieur, loin du terrain et du terroir, laissant ses militants dans une solitude politique étonnante.

La Moyenne – Guinée, qui compte plus de 40% de la population guinéenne, elle aussi, s’est retrouvée dans une dualité négative. Une tentative de fusion n’a permis que de mettre les mesquineries au grand jour. Une vraie coalition de dupes dans laquelle Siradiou Diallo et Bâ Mamadou se tournent le dos au grand dam des militants du Prp et de l’Unr regroupés sous l’étiquette de l’Upr. La Guinée forestière « noyautée » par le pouvoir n’a laissé que peu de manœuvre à Jean Marie Doré et à Charles Pascal Tolno, deux inconciliables représentant de cette partie de la Guinée. Quant à la Basse – Guinée, celle qui fait les présidents en Guinée, est acquise à Lansana Conté, et c’est pas peu dire !

Ainsi, l’opposition qualifiée de « la plus bête d’Afrique » dans un pays rompu à la politique politicienne s’est-elle même disqualifiée en jouant dans le piège que lui a tendu le pouvoir : la ruse et la contrainte de Machiavel car tous les moyens sont bons pour conserver le pouvoir de l’autre côté, l’autre côté ne sait quel moyen utiliser pour arriver au pouvoir.

Mise de côté, l’opposition qui misait sur l’appui des sanctions et menaces des bailleurs de fonds pour dissuader Lansana Conté de briguer le 3è mandat voit son espoir fondre comme beurre au soleil. Quelle était sa stratégie pour empêcher par tous les moyens les élections de se tenir ? En tout cas au moment où nous écrivons ces lignes, rien n’est perceptible de sa part et la seule consolation est de constater un stade du 28 septembre presque sans l’enthousiasme des grandes joutes électorales des années passées, des bourrasques de campagnes sans vraies conviction dans tout Conakry, contrairement à l’intérieur du pays où, avec une mobilisation de l’administration et motivées par des inaugurations fastueuses des mosquées, ponts, routes et autres infrastructures diverses, les populations sont plus enthousiastes. Mais Conakry suffit-elle à l’opposition de revendiquer une quelconque légitimité ?

Si les populations ne sont pas sorties massivement à l’appel du parti au pouvoir pour cette ultime campagne, il n’est pas sûr aussi qu’elles sortent dans les rues à l’appel de l’opposition pour manifester contre la tenue du scrutin. Les Guinéens sont blasés du jeu politique et de ses tergiversations qui n’ont apporté que misères et retard économique dont ils sont les premiers à supporter le fardeau. Combien se sont vu ruiner par la politique ? Combien se sont fait tuer dans les affrontements avec les forces de l’ordre ? Comme on ne cesse de le dire : Chat échaudé craint l’eau froide, et ne reste plus à la Guinée de trouver quelle eau boire durant le prochain septennat de Lansana Conté. Mais s’il ne peut pas marcher que pourra « Lansana Conté Bambadé ? ».

Il ne reste qu’un Voca, celui du citoyen Lambda, celui qui cherche le quotidien du jour au jour, c’est que ce scrutin se déroule le plus vite que possible dans la tranquillité et qu’on n’en parle plus. Et si la Guinée a le tort d’être montrée du doigt, elle aura certainement le mérite de ne pas se mettre à feu, à sang et en lambeaux…

Moïse Sidibé

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Rentrée universitaire

Bientôt les étudiants au bout des interminables vacances

Les vacances universitaires dans notre pays ont dépassé cette année la limite de la logique. Le ministère de l’enseignement supérieur ne semble pourtant pas se soucier de cet handicap qui ronge encore le système éducatif guinéen.

D’habitude, le mois de janvier coïncide au deuxième mois de cours dans nos institutions d’enseignement supérieur. A l’exception de l’institut supérieur de Faranah qui ouvre ses portes au mois d’avril. Pour cette année donc, il a fallu six mois de vacances (juin-décembre) pour les étudiants. Mais on peut affirmer maintenant que ces derniers sont au bout de leurs interminables vacances. Car, le 6 décembre un communiqué a fixé au 5 janvier 2004 l’ouverture des classes. Ces vacances prolongées créent naturellement un déficit sur l’année académique (2003-04) qui ne comportera cette année que cinq à six mois selon que la fermeture ait lieu en juin ou en juillet. Ces deux mois perdus risquent de créer des troubles en pensant aux pécules, selon certains étudiants. Cet état de fait a également une grande influence sur la formation des étudiants guinéens.

A noter que ce long repos n’est pas dû cette-fois-ci à une revendication des étudiants, mais plutôt pour cause de calendrier électoral. Même les écoliers et élèves qui avaient repris le chemin de l’école le 6 octobre dernier ont bénéficié d’un temps de congé inhabituel. Selon le communiqué diffusé par les autorités de l’éducation, compte tenu du calendrier officiel des élections, les congés de Noël vont du 15 décembre 2003 au 5 janvier 2004.

Revenant sur la réduction de l’année universitaire, tous les fonctionnaires ferment les yeux devant ce laxisme. Qui est d’ailleurs vu différemment par les observateurs. Pour certains, ces fonctionnaires se soucient moins de l’éducation en Guinée parce que bon nombre d’entre eux ont leurs fils dans les grandes universités étrangères. D’autres émettent l’idée du manque de suivi dans l’éducation guinéenne en général. Tout compte fait, l’effet est ressenti encore sur les diplômes qui ne sont pas reconnus mondialement. Tout cela aboutit à une déperdition de l’Etat. Quand on sait que les étudiants sont censés être la relève, l’avenir de la nation. Pour le bonheur de cette nation, le gouvernement par le biais des ministères de tutelle doit faire plus de sérieux pour notre système éducatif.

Moussa Kanté

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Destruction d’armes et de munitions

Les Américains aident la Guinée…

Selon un communiqué du Centre Américain de Conakry, une équipe d’experts américains démolition, en collaboration avec les Forces armées guinéennes, viennent d’achever la destruction d’armes et de munitions qui étaient une menace pour les populations guinéennes et pour celles de la sous-région. Des dizaines de milliers d’armes ont été détruits, pendant six semaines en octobre et novembre 2003, dont plusieurs avaient été saisies sur le RUF et les rebelles libériens durant les invasions de l’année 2000-2001, et il en fut de même de la totalité du stock des mines terrestres de la Guinée. Le projet de destruction, d’une valeur de 152.000 dollars, soit 304.000.000 de francs guinéens, a été financé par le gouvernement des Etats-Unis, et a été organisé et exécuté par le Bureau de l’attaché de Défense de l’ambassade des Etats-Unis en Guinée. Une bonne nouvelle pour les partisans d’une Guinée paisible et orientée vers le développement.

Aladji

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Communiqué de presse de Fao-Guinée

Déclaration d’Alliance nationale contre la faim et la malnutrition en Guinée

Préambule

Nous, les représentants des différents acteurs et partenaires de la sécurité alimentaire (gouvernement, organisations professionnelles, société civile et secteur privé, partenaires au développement) réunis le 14 octobre 2003, en atelier organisé par le gouvernement de la République de Guinée dans le cadre des cérémonies commémoratives de la Journée mondiale de l’alimentation ;

rappelant le Sommet mondial de l’alimentation (Sma), tenu à Rome en novembre 1996, au cours duquel les chefs d’Etat et de gouvernement, ou leurs représentants, ont adopté la Déclaration de Rome sur la sécurité alimentaire mondiale et le Plan d’action du SMA et ont proclamé leur volonté politique et leur engagement commun et national de parvenir à la sécurité alimentaire pour tous et de déployer un effort constant afin d’éradiquer la faim dans tous les pays et, dans l’immédiat, de réduire de moitié le nombre des personnes sous-alimentées pour 2015 au plus tard ;

rappelant le Sommet mondial de l’alimentation, cinq ans après, tenu à Rome du 10 au 13 juin 2003 ayant décidé de la création d’une Alliance internationale contre la faim afin d’intensifier les efforts de tous les partenaires pour réaliser les objectifs de 1996 ;

considérant la Déclaration du forum des Ong et de la Société civile reconnaissant la souveraineté alimentaire comme stratégie de réduction de la faim dans le monde ;

considérant la volonté du gouvernement guinéen de respecter ses engagements pris lors des Sommets mondiaux de l’alimentation de 1996 et de 2002 ;

considérant le Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) adopté par le gouvernement et les partenaires au développement en 2001 ;

considérant les documents de politiques sectorielles élaborés notamment la Lettre de politique de développement agricole – II, la Lettre de politique, de développement de l’élevage et le schéma directeur de développement des pêches ;

considérant les recommandations pertinentes issues des ateliers de restitution des résultats du SMA et de formulation de la Stratégie nationale de sécurité alimentaire tenus dans les quatre régions naturelles du pays en 2002 et 2003 ;

considérant que les différents groupes de partenaires (administration, société civile, secteur privé et partenaires au développement), participant à l’atelier national d’un jour sur la vision du Nepad relatif au développement agricole et la sécurité alimentaire en Afrique organisé à Conakry le 26 mars 2002 ;

constatant que 40 pour cent de notre population vivent dans la pauvreté extrême et que 34 pour cent souffrent d’insécurité alimentaire touchant particulièrement les groupes vulnérables que sont les enfants de moins de cinq ans et les femmes ;

considérant que la loi fondamentale de la Guinée dans son préambule et ses articles 2, 6, 9, 10, 21, et 79 reconnaît que la République de Guinée est une République démocratique et sociale qui garantit le libre développement de la personne humaine. Que celle-ci a droit à la vie. Que ses obligations ne peuvent être assurées que par une alimentation adaptée ;

considérant que tous les textes législatifs et réglementaires notamment le code de la santé, le code de l’élevage, le code de la pêche et le code de l’eau exigent des normes alimentaires adéquates ;

considérant que le gouvernement a agréé plusieurs Ong nationales et étrangères à caractère humanitaire. Que celles-ci oeuvrent dans le cadre de la lutte contre la faim et la protection des citoyens contre les catastrophes naturelles.

Recommandations

Volonté politique

1. Réaffirmons la volonté de tous les partenaires (gouvernement, société civile, secteur privé, partenaires au développement) à respecter les engagements contenus dans la déclaration de Rome sur la Sécurité alimentaire du Sommet mondial de l’alimentation de 1996 dans le cadre d’une Alliance nationale contre la faim et la malnutrition en Guinée et ce, conformément aux résolutions du Sommet mondial, cinq ans après de 2002 ;

2. Réaffirmons le droit de chacun d’avoir accès à une nourriture saine et nutritive et considérant que cette nourriture ne peut être utilisée comme instrument de pression politique et économique ;

3. Déclarations que l’objectif principal de l’Alliance nationale contre la faim et la malnutrition en Guinée (Anfmg) est de mobiliser la volonté politique, les connaissances techniques et les ressources humaines, financières et matérielles permettant de réduire le nombre de sous-alimentés, de moitié au moins, d’ici 2015.

4. Affirmons que les objectifs spécifiques de cette alliance sont : (i)

Renforcer l’engagement national de lutte contre la faim et la malnutrition, (ii)

Elaborer une vision commune des mesures à prendre pour réduire le nombre de personnes qui souffrent de faim, et (iii) promouvoir l’instauration de partenariats mutuellement profitables entre les institutions que nous représentons.

Déclarons notre engagement à :

Au niveau du Gouvernement

5. Mettre en place un véritable partenariat entre le gouvernement, les organisations de la société civile, le secteur privé et les organisations internationales oeuvrant dans le cadre de la Sécurité alimentaire ;

6. Créer un environnement politique, économique et social favorable à la sécurité alimentaire pour tous ;

7. Adopter et mettre en œuvre la Stratégie nationale de sécurité alimentaire et son plan d’action qui ont été élaborés de façon participative et décentralisée sur la base des contraintes identifiées ;

8. Œuvrer pour le renforcement des capacités des producteurs et de leurs organisations au niveau des différentes filières du secteur rural. La reconnaissance juridique des organisations professionnelles, unions et réseaux de développement constitue la priorité.

9. Renforcer le cadre institutionnel de la sécurité alimentaire par la mise en place du Conseil national de la Sécurité alimentaire et de ses structures décentralisées. Ce conseil aura en charge l’alimentation de l’alliance nationale contre la faim et la malnutrition en Guinée ;

10. Favoriser la démarche participative et concertée avec les bénéficiaires (organisations professionnelles, collectivités à la base, opérateurs privés) à l’élaboration des politiques, l’identification, la mise en œuvre et le suivi évaluation des programmes et projets de sécurité alimentaire ;

11. Favoriser l’émergence d’un secteur privé dynamique capable de prendre la relève des fonctions marchandes libérées par l’Etat grâce à l’adoption d’un cadre réglementaire incitatif et des réformes fiscales (détaxation complète des intrants agricoles, de pêche, d’élevage, d’industries agroalimentaires et du carburant pour la pêche…) ;

12. Mettre en place une Banque nationale de développement agricole en vue de répondre aux besoins de financement du monde rural

13. Accroître son budget aux activités de sécurité alimentaire en général et en particulier aux services d’appui du monde rural (Recherche, vulgarisation ; politique, contrôle) en vue de favoriser le transfert des technologies susceptibles d’améliorer la productivité des exploitations familiales et la sécurité alimentaire des ménages ruraux ;

14. Elaborer une stratégie nationale de communication et d’information en matière de sécurité alimentaire ;

15. Renforcer les mesures visant à protéger les ressources naturelles (forêts, sols, eau, biodiversité) contre les facteurs de dégradation dont les plus importants sont : les feux de brousse, l’exploitation abusive des forêts et des bergers des cours d’eau et les systèmes traditionnels d’exploitation des ressources ;

16. Poursuivre l’amélioration de la qualité et de la durabilité des infrastructures rurales (maîtrise de l’eau, pistes rurales, aménagement des points d’eau, bâtiments et équipements ruraux) ;

17. Poursuivre l’amélioration de la stabilité des approvisionnements pour améliorer l’accès des populations aux produits alimentaires (fonctionnement des marchés, libéralisation et suivi des prix, lutte contre les taxes indues) ;

18. Mettre en place des programmes spécifiques d’appui aux organisations féminines compte tenu de leur importance dans la sécurité alimentaire ;

19. Mettre au centre des préoccupations les problèmes de nutrition notamment celle de l’enfant dans la mesure où la malnutrition frappe particulièrement les enfants de moins de cinq ans en Guinée ;

20. Renforcer les activités de récupération nutritionnelle des personnes mal nourries, le contrôle de qualité des aliments et la surveillance nutritionnelle ;

21. Mettre en place un Fonds d’urgence susceptible de financer des programmes de gestion des situations d’urgence (personnes déplacées, autres calamités naturelles) ;

22. Renforcer les programmes de lutte contre le Vih/sida, la tuberculose et le paludisme ;

23. Favoriser la mise en œuvre des conventions internationales ayant un impact sur la sécurité alimentaire notamment : la convention internationale sur les droits économiques et sociaux, la convention universelle des droits de l’homme, les accords de Monterry sur le financement, les accords de l’OMC, le traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture…

Au niveau du secteur privé

24. Renforcer le partenariat entre lui et les autres acteurs de la sécurité alimentaire afin de garantir l’accès de tous à une nourriture de qualité et à un prix raisonnable ;

25. Participer à l’élaboration des politiques, l’identification, la mise en œuvre et le suivi évaluation des programmes et projets de sécurité alimentaire ;

26. Accroître l’investissement privé dans le secteur de la sécurité alimentaire (production, conservation, transformation, commercialisation, importation exportation, équipements …) ;

27. Assurer et garantir la couverture des besoins du pays en intrants agricoles, de pêche, d’élevage en développant des circuits de distribution à l’intérieur du pays et en favorisant l’installation d’unités de conditionnement des engrais et d’exploitation des gisements de calcaire ;

Au niveau de la société civile

28. Renforcer le partenariat entre elle et les autres acteurs de la sécurité alimentaire afin de garantir l’accès à une nourriture saine et nutritive ;

29. Inciter, renforcer et appuyer les actions des organisations de la société civile liées à la sécurité alimentaire ;

30. Participer à l’élaboration des politiques, l’identification, la mise en œuvre et le suivi évaluation des programmes et projets de sécurité alimentaire ;

31. Concevoir et exécuter des projets de sensibilisation, de formation et de communication sur les aspects relatifs au droit à l’alimentation, à l’importance de la sécurité alimentaire du au rôle accrû des femmes dans la sécurité alimentaire et les conséquences de la dégradation de l’environnement ;

32. Concevoir et exécuter des projets de nutrition ciblée sur les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes afin de diminuer le taux de mortalité ;

Au niveau des partenaires au développement

33. Renforcer le partenariat entre eux et les autres acteurs de la sécurité alimentaire afin de garantir l’accès de tous à une nourriture saine et nutritive ;

34. Appuyer les programmes et projets de sécurité alimentaire de l’état, de la société civile et du secteur privé de manière cohérente et concertée ;

35. Accroître leur financement tout en facilitant leur mobilisation.

Comité national permanent de la Journée mondiale de l’alimentation/Telefood

Campagne Journée mondiale de l’alimentation/Telefood Guinée 2003