Réligion

Les enjeux du pèlerinage

Le secrétaire général de la ligue islamique nationale, Elhadj Ibrahima Sory Fadiga a présidé mercredi dernier, une réunion d’information sur la situation du pèlerinage 2004. Etaient présents à cette rencontre, Elhadj Mamadou Sylla, président du secteur privé, les représentants des agences de voyage de la place et les journalistes de la presse nationale.

La réunion en question était essentiellement axée sur deux sujets principaux. D’abord, il était question de faire le point de la situation des préparatifs pour le pèlerinage 2004. Ensuite, envisager les dispositions nécessaires pour que tout soit mis au point d’ici le 5 janvier prochain, date de départ du premier convoi. Le conférencier, Elhadj Ibrahima Sory Fadiga a cependant alerté sur le retard concédé dans les préparatifs. Ce qui sera préjudiciable au bon déroulement du Hadj 2004 pour les Guinéens. En ce qui concerne le cadre de l’organisation, le premier magistrat de la ligue islamique nationale a mis sur la table toutes les dispositions et démarches légales entreprises par son département. Notamment, l’organisation des journées de réflexion, au cours desquelles les quotas entre les préfectures et les agences de voyage ont été arrêtés. Aussi, bien avant le mois de ramadan, à la date du 29 septembre 2003, un procès verbal a été signé en commun accord avec le ministère saoudien du pèlerinage et la Ligue islamique nationale. Cet accord autorise la Guinée, de faire voyager pour les lieux saints de l’islam, au compte de l’année 2004, au moins 4680 pèlerins. C’est à la suite de cette entente que la répartition a été faite. La ligue islamique nationale, naturellement a obtenu le gros lot, avec 2340 places. Alors que les 15 agences de voyage de la place se repartissent le reste, c’est à dire 1862 places. Soit 133 pèlerins pour chaque agence. Ainsi, pour s’acquitter des obligations religieuses cette année, en tenant compte du montant arrêté par le ministère saoudien du pèlerinage, les frais de séjour et de logement ont été fixés à la somme de 2150 dollars US. Soit en franc guinéen converti, 5.267.500 Fg. Elhadj Ibrahima Sory Fadiga a voulu être clair en ce qui concerne la compagnie qui doit transporter les pèlerins guinéens. Il s’agit bien de Air Guinée Express, qui, pour lui, appartient à un fils du terroir. Le nombre de convois, selon le nombre de pèlerins inscrits a été fixé à 9 voyages, sans interruption. El-Hadj Fadiga, a, au cours de son exposé, apporté des informations selon lesquelles, des dérapages considérables ont été enregistrés malgré les efforts consentis. Devant cette nouvelle situation, le secrétaire général de la ligue islamique a donné des instructions fermes quant au respect de la discipline.

Concernant le programme du Hadj, le secrétaire général a lancé un appel pressant aux candidats. Il exige du pèlerin, avant son voyage, qu’il soit assuré par son agence, que le logement soitt acquis à Médine et Makka. Un logement reconnu par l’association des logeurs à Médina et de La Mecque et attesté par le consulat de Guinée à Djeddah ainsi que par le ministère saoudien du pèlerinage. Ensuite, il faut avoir un certificat médical et un carnet de vaccination en date ; avoir un billet aller et retour et avoir un chèque en dollar ou Ryad et dont le montant convient au séjour du pèlerin. A la date d’aujourd’hui, comme l’a indiqué le conférencier, des difficultés sérieuses sont en effet signalées. Entre autres, le retard dû à l’envoi de la liste qui doit passer cette année sur Internet, afin d’obtenir le visa ; l’envoi à temps des avances sollicitées par les transporteurs en monnaie convertible, le transfert du reste de l’argent à Djeddah, pour payer les taxes, le transport terrestre, les logements à Médina et à La Mecque...

Au terme de son exposé, le secrétaire général, Elhadj Ibrahima Sory Fadiga a remercié le président du secteur privé, Elhadj Mamadou Sylla qui a promis d’apporter son aide, pour l’acquisition des devises, qui restent un goulot d’étranglement pour les pèlerins guinéens. Cela, à quelques jours seulement du départ pour le Hadj 2004.

Mohamed Amara Camara

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Sécurité alimentaire

Le Japon aide la Guinée

Le 17 décembre 2003, dix mille trente et une tonne de riz sont arrivées au port de Conakry dans le cadre de l’aide alimentaire du Japon (Kri) pour un coût de trois cent cinquante millions de Yens (soit environ cinq milliards huit cent millions de francs Guinéens). Cette aide japonaise, dont l’accord a été signé en avril dernier, est constituée de 75% de riz américain et de 25% de riz australien.

L’aide alimentaire du Japon, depuis 1981, est un mécanisme de coopération qui doit permettre aux pays importateurs de denrées de base d’épargner leurs devises, pour les consacrer à d’autres financements.

En achetant du riz sur le marché mondial, la Guinée aurait puisé dans ses réserves monétaires, au détriment d’investissements indispensables pour le développement. Avec l’aide japonaise accordée pour acquérir du riz, la Guinée préserve sa capacité d’intervention dans d’autres domaines. De plus, le produit de la vente de ce riz alimentera un fonds de contrepartie qui permettra de financer de nouvelles actions pour le développement socio-économique de la Guinée.

Par cette aide, à savoir qu’elle n’est qu’un des volets de la coopération japonaise, le gouvernement japonais confirme son soutien aux efforts du gouvernement guinéen dans sa politique de développement. Ce soutien au développement de la Guinée s’inscrit dans la démarche plus vaste que le Japon a entreprise en faveur de l’Afrique, depuis une dizaine d’années, avec les conférences internationales de Tokyo sur le développement de l’Afrique. Ces TICAD ont permis d’affirmer et de mettre en acte l’idée selon laquelle un monde harmonieux ne peut se satisfaire d’une Afrique délaissée. Le riz qui est arrivé cette semaine s’inscrit dans cette perspective .

A.C

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Une question à...

Acheick Youla, directeur général de la société des eaux de Guinée

L’indépendant Plus : Expliquez-nous le système de fourniture d’eau à la population de Conakry à partir de Yessoulou et le déficit d’eau auquel les citoyens sont généralement confrontés ?

Acheick Youla :D’une manière générale, c’est à partir de la source de Yessoulou que sont traités 90% des eaux potables consommées par les populations de Conakry ; qui sont ravitaillées par deux sources essentielles : la source en provenance des grandes chutes et les forages installés à Conakry. La retenue de Yessoulou constitue les 90% des besoins de consommation en eau de la population de Conakry. La nature a favorisé la Guinée, le système de transport des grandes chutes jusqu’à l’usine de traitement est « gravitaire ».

C’est à Yessoulou que se produit le traitement des eaux avec adjonction des produits chimiques, stockées dans les réservoirs d’eau potable avant de la distribuer aussi « gravitairement » vers les différents châteaux de réservoirs de la ville de Conakry afin d’être distribuée. La population ayant grandi, l’appoint à la production essentielle de Yessoulou est tenue à partir des différentes sources de forages qui sont à Conakry. La caractéristique de Yessoulou est que nous avons deux usines de traitement des eaux. Nous avons la première usine qui est Yessoulou I, c’est là où les études classiques sont effectuées que sont : la décantation, la filtration, la stérilisation et la désinfection.

C’est une usine qui a été construite en 1962 avec une capacité de 45.000 M3/jour. Elle a fonctionné jusqu’en 1994 , date d’achèvement et de mise en service de la seconde unité de traitement qu’on appelle Yessoulou II. Yessoulou II est doté d’une caractéristique de nouvelle technologie. Lorsqu’elle a été mise en place elle était essentiellement utilisée dans les pays en voie de développement à cause de son caractère économique. Mais même dans les pays développés qui n’aime pas économiser ? Elle a été conçue par des tiers-mondistes, des latino-américains. Le précurseur est bolivien du nom de Alberola. Tout le processus de traitement des eaux de Yessoulou II se fait par « système de vase communicant » sans aucune dépense d’énergie. L’eau passe « gravitairement » d’un filtre à un autre. Pour le lavage des filtres, il constitue une opération courante dans le traitement. C’est le système hydraulique qui procède au lavage d’un filtre par l’autre. C’est une technologie récente qui est aujourd’hui très populaire. C’est une station qui produit également 45.000 m3 d’eau. Ce sont ces deux stations de traitement qui produisent 90% aujourd’hui de la production totale de notre société en matière de distribution d’eau potable. Les autres 10% sont complétés par les stations d’eau souterraine (les forages) de Kakimbo, de Gbessia, du stade du 28 septembre, et de Yimbaya qui vient d’être nouvellement mis en service. Actuellement, la production du service des eaux est inférieure aux besoins en consommation de la population. C’est un phénomène qui n’est pas tout nouveau. En 1995, nous avons monté le plan directeur de l’alimentation en eau de la ville de Conakry sur financement de la banque mondiale. C’est un document qui prévoit l’évolution des besoins de la population par rapport aux disponibilités en matière de production. C’est donc un document qui prévoit le moment du déséquilibre entre l’offre et la demande. Les investissements conséquents doivent être faits pour que le déficit n’arrive pas. Malheureusement, nous sommes rentrés en situation de déficit, parce que le troisième projet eau qui a été monté pour la circonstance avait plusieurs composantes. Une eau d’un volume supplémentaire qui a été produite aux grandes chutes doit être distribuée. Et pour cela, nous avons la conduite d’eau brute qui draine l’eau des grandes chutes. Il était prévu la construction de la troisième usine (unité de traitement) qu’on appelle Yessoulou III. Ensuite l’eau est traitée et transportée en ville, et pour cela, nous avons la conduite d’eau qui a été doublée en 1992, qui doit être achevée sur une longueur de 8 km. Maintenant, la population a augmenté. Selon les documents du ministère de la décentralisation, d’après les recensements, la population devait atteindre un niveau qui permettait de créer ce déséquilibre, donc de réaliser ces travaux depuis l’année 2000. Les nouveaux quartiers de Conakry doivent être équipés en réseau pour que les citoyens aient de l’eau. Il y a eu un programme de 10 000 branchements qui accompagne tout cela. Différents bailleurs de fonds se sont prononcés pour le financement du secteur de l’eau (des réseaux primaires et les raccordements aux réservoirs, la construction de deux nouveaux réservoirs avec un château d’eau, la construction de près de 300 000 mètres linéaire de canalisation…). La quantité est devenue aujourd’hui insuffisante pour les populations….

Propos recueillis par

Gassim Magassouba et Aladji Cellou

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Médicaments

Sans ordonnance

« Ne peut-être pris que sur ordonnance médicale » ou encore « Respecter les conditions de conservation ». Ces deux appels ‘’à témoin» que l’on trouve inscrits sur la presque totalité des notices des produits pharmaceutiques ne semblent pas avoir d’effet sur les malades et sur les vendeurs de médicaments encore moins sur les spécialistes de tout bord au pays du Général. On ne le dira jamais assez, les malades guinéens dans leur grande majorité se soignent à l’aide des médicaments qu’on trouve ça et là dans nos marchés avec parfois une écriture qui s’efface. « Je vous vends des médicaments à bas prix sans ordonnance. Quant à la guérison, si Dieu le veut bien, vous serez rétablis », semblent dire ces pharmaciens fantômes dont le nombre croît de jour en jour dans notre citée.

Si les fabricants ont pris soin d’indiquer sur les boîtes ou sur les notices les conditions d’utilisation et surtout de conservation afin que le produit ne perde pas de son efficacité, au marché Madina et dans tous les grands marchés de Conakry, des stands sont entièrement réservés aux pharmaciens fantômes dont, pour beaucoup, la connaissance des produits se limite à leurs prix. Au client de vérifier dans les rayons pour rechercher ce dont il a besoin. Comme si cela ne suffisait pas, des jeunes gens ont à leur tour installé leur « pharmacie » sur le porte-bagages de leur bicyclette et sillonnent les rues poussiéreuses de la haute banlieue à qui mieux mieux.

Après plusieurs tentatives vaines d’interdiction de la vente illicite des médicaments (puisqu’il faut l’appeler par son qualificatif), les autorités ont opté pour le profil bas en laissant faire ce, au dépend de la santé de ses populations, qui du reste est une des priorités (si vous préférez un gouffre financier sans fond) du gouvernement Conté. Certes, le porte-monnaie de la plupart des Guinéens n’est pas à la hauteur des prix de vente dans les vraies pharmacies, mais la question est de savoir, s’il n’existait pas une autre voie meilleure que celle choisie. Nous pensons qu’il n’y a pas d’exception guinéenne en la matière et le forum des pharmaciens tenu cette année à Conakry en a fait cas. Avec une réelle douche de volonté, la pharmacie centrale devrait revisiter le métier d’achat et de distribution des produits pharmaceutiques sur nos marchés, sous la bénédiction du ‘’Monsieur Argent» de la place qui jouerait sur les taxes et autres intrants.

L’un dans l’autre, il faudrait tenir compte des tenants et des aboutissants de part et d’autre de l’équation qui devra se poser, non pas en termes d’intérêts individualistes et égoïstes mais en termes de revenus et de santé publique. Ce qui empêcherait par exemple à des importateurs véreux de faire venir, du Nigeria surtout, des produits contrefaits n’ayant subi aucun contrôle de qualité à la fabrication. L’échéance est jouable. Il suffit d’y mettre de la volonté. Les étudiants pharmaciens de l’Université de Conakry ont grand besoin de ce coup de pousse. Sinon, les sept années d’études supérieures n’auront pas servi grand, si du jour au lendemain, chacun peut se retrouver pharmacien. Or, n’est pas pharmacien qui le veut car, à en croire la revue ‘’ Science et vie», « chaque année, 200 nouveaux produits arrivent sur le marché. Il s’est révélé que très peu constituent un réel progrès thérapeutique. C’est que l’industrie peine de plus en plus à innover ». Un problème majeur aux allures de défi autant scientifique qu’économique. Avant de relever ce défi justement, il nous faudrait relever d’abord celui de la distinction des pharmaciens et des revendeurs de médicaments.

Allaréni

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Mafèrinya

Le cri d’alarme des planteurs d’ananas

Après le boom ananier des années d’indépendance à Maférinya, c’est maintenant la descente aux enfers. Malgré leur bonne volonté, les planteurs de la localité manquent de moyens financiers et techniques pour la rentabilité des plantations d’ananas de la sous-préfecture de Maférinya.

La sous-préfecture de Mafèrinya est située à environ quatre-vingt kilomètres de Conakry. L’union des planteurs est née en juillet 1996. Selon son président, Mamady Diané, l’union a pu mettre à la disposition des producteurs des intrants agricoles. Mais cette année 2003 a été une vraie catastrophe. La production de l’ananas est très dépendante des engrais agricoles. A titre d’exemple, pour produire 1ha d’ananas on a besoin de 500 kilos de super phosphate et 500 kilos du sulfate de Magnési, 1 tonne d’urée et 2 tonnes de potasse. M. Diané explique que si le planteur a des problèmes autour d’un des engrais cités, cela se répercute sur la qualité et la quantité des produits. Les planteurs sont ainsi dépendants de KR2. Le KR2 est un don japonais à l’Etat guinéen. Ce don évolue autour de 3 millions de tonne par an. Tous les agriculteurs guinéens se ravitaillent à partir de ce KR2. « Alors que nos besoins sont évalués à 20 millions de tonnes » souligne Mamady Diané. L’inquiétude de l’Union réside à ce niveau : comment assurer aux planteurs les engrais dont ils ont besoin. La production de l’ananas frais est autour de 6 millions de tonnes par an. Ces six millions sont repartis entre Mafèrinya et Kindia. Autrefois, les produits étaient exportés en Europe. Il y avait une forte demande dans la sous-région : Gambie, Mali, Sénégal, et Sierra Leone. Aujourd’hui, les planteurs rencontrent d’énormes difficultés. Ils déclarent, par la voix du président, être abandonnés à eux-mêmes. Car « ni l’Etat, ni les opérateurs économiques ne s’intéressent à notre filière », souligne t-il. Les planteurs demandent à l’Etat deux choses : importer des intrants conformes à l’ananas, ou trouver un opérateur pour importer ces engrais et les mettre à la disposition des paysans guinéens.

A noter tout de même que le ministère a envoyé des techniciens pour contrôler le sol. A la fin des services, les techniciens ont proposé aux paysans de faire une rotation des différents produits cultivés. Ceci, pour éviter la même culture sur le même sol chaque année. Malgré les difficultés, les planteurs sont quand même organisés en groupement. Il y a quatre groupements sur le terrain : Mafèrinya et Kolayiré, dirigés par El. Hadj Boubacar Diallo, Kindimaya piloté par M’Bemba Soumah, Bendougou et Siréya, dirigé par Mamady Diané. Le président du groupement de Siréya a expliqué qu’ils ont les mêmes problèmes que leurs collègues des autres groupements. Ils sollicitent à travers l’Etat, l’appui des Ong, opérateurs économiques et des bailleurs de fonds pour ré-dynamiser leurs activités agricoles.

Patrice Guilavogui

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Crise

SOS pour le bled !

Je n’exagère rien du tout, comme vous devez d’ailleurs le savoir. Mais quand les choses ne tournent pas rond, il faut bien avoir le courage de l’avouer. Cela ne voudrait forcement pas dire que vous êtes contre le grand chef du bled. Que Dieu m’en garde, à l’allure où s’écoulent les événements. Quelqu’un m’a dit, au détour d’un pot, l’autre jour, que ‘’démocratie rimait avec adhésion libre à quelque idée politique que ce soit». Je ne dirai pas que je ne suis pas d’accord avec cette affirmation. Du moins dans le fond. Il va sans dire que dans la forme, il y a assez à dire. Enfin, ce n’est pas ma préoccupation du moment. Il y a bien d’autres soucis à se faire en ce moment. L’autre fois, souvenez-vous que je me plaignais du comportement de certains de nos toubibs dans nos hôpitaux publics. Au fond de vous, vous devez savoir si ce que j’ai dit ressemble à du mensonge. Aujourd’hui, je m’en vais me pencher sur un phénomène cyclique, auquel jamais remède efficace n’a été trouvé. Je veux parler du grand banditisme. Il est vrai qu’épisodiquement, l’on a crié, tambour battant, au triomphalisme. La réalité, elle, est restée de marbre. Les bandits, qu’ils soient grands ou petits, causent de plus en plus de désespoir dans le bled. Les gens ont beau se barricader derrière des barbelés ou des portails métalliques, rien n’y fait. Des innocents tombent toujours dans le panneau. Et dire qu’au même moment, on fait miroiter la force de frappe d’une unité extraordinaire de la police du bled. Certes, cette unité, au tout début, a réussi à poser quelques jalons de la réussite. Mais bien vite, elle est tombée dans la routine, pour ne pas dire le mimétisme. Quel couac ! A quel saint se vouer finalement ? Pour tout vous dire, moi je ne serai pas du tout étonné qu’une vieille habitude revienne bientôt chez les pauvres habitants de mon bled. A l’époque, elle avait fait assez d’émules. Elle obéissait à une loi d’essence divine : ‘’œil pour œil, dent pour dent». A cette occasion, des bandits pris sur les faits, étaient copieusement molestés, avant de se voir appliquer ‘’l’article 850». Un vieil article qui pourrait être prorogé, puis remplacé par ‘’l’article 1500». J’avoue que certains parmi vous ne se retrouvent pas tellement dans ces explications. Pour eux, je m’en vais dire qu’en langage clair, lorsque la sécurité des personnes n’est plus de mise dans le bled, les populations optent pour l’autodéfense. Elles ont tendance à se rendre justice elles-mêmes. Par le passé, elles ont soumis au supplice du collier, ou du feu si vous voulez, certains indésirables. Bien entendu que ce n’est pas la bonne manière, et cela ne saurait l’être. Convenons cependant que les choses ne peuvent éternellement rester en l’état. A chacun son rôle et ses obligations dans le bled. N’est-ce pas que le bled est commandé non ! SOS donc.

Lanciné Dramé

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Campagne de lutte contre le Sida

Une association de personnes infectées brise le silence

L’Association guinéenne des personnes infectées et affectées par le Vih/Sida (Aguip +) a invité à une causerie suivie de débat au Centre américain, le mercredi 17 décembre 2003. Tidiane Conté, président de l’association, Mme Alima Camara, vice présidente, ont animé, avec d’autres membres de l’Aguip +, cette causerie-débat ayant connu la présence de plusieurs couches socioprofessionnelles.

Selon Tidiane Conté, l’association guinéenne des personnes infectées et affectées par le Vih/Sida née il y a de cela une année, relève de sa propre initiative, après s’être dépisté séropositif. « Ensuite, d’autres membres m’ont rejoint et le nombre a atteint 8 personnes. Aujourd’hui, l’association compte une cinquantaine de membres infectés et affectés » affirme-t-il. Pour M. Conté, les personnes infectées sont celles qui sont reconnues séropositives après les tests de dépistages. Mais celles affectées, sont des parents, des amis et autres, qui décident de mener le combat contre la pandémie du siècle aux côtés de l’Aguip+, clarifie-t-il. L’option d’œuvrer à ‘’visage découvert» poursuit M. Conté, m’a été demandée par le représentant de l’OnuSida en Guinée. Ainsi, depuis sa création, l’Aguip+ a bénéficié de la part de la GTZ allemande, d’un montant de 90.000 Euros. « Cette somme nous a permis de nous installer dans notre propre siège, situé dans le quartier Hafia- Minière. Mais aussi de bien l’équiper et enfin, pour qu’on puisse nous prendre en charge », note-t-il. Aussi, grâce à Mme Henriette Conté, Première Dame de la République, 30 membres de cette association bénéficient d’un traitement antirétroviral gratuit s’étendant sur une période de 12 mois. « Au début, on nous avait promis le traitement de 100 personnes, mais j’ai reçu pour 30 personnes. Je ne sais vraiment pas comment cela s’est-il passé » s’inquiète le président de l’Aguip+. Avec pour objectif la sensibilisation, l’information et l’éducation, cette association de personnes infectées qui lève le tabou, affirme entretenir de bonnes relations avec le comité national de lutte contre le Sida (CNLS). « Mais je voudrais qu’on implique davantage les personnes infectées, celles qui vivent la situation, afin qu’on puisse nous exprimer, et donner des témoignages dans le cadre de la lutte contre le Vih/Sida » suggère Tidiane Conté. ‘’Voir une seule fois est plus que d’entendre mille fois» nous enseigne une maxime chinoise. En outre, dans cette tentative de démystifier dans notre société la pandémie et les personnes atteintes, le président de l’Aguip+ affirme que beaucoup reste encore à faire. Car, selon M. Conté, certaines personnes infectées optent pour l’anonymat au sein du groupe et en Guinée, 5% de la population adulte ignore qu’elle est infectée. Pour leur prise en charge durable, l’Aguip+ par la voix de son président, entend créer et développer des activités génératrices de revenus (maçonnerie, teinture, briqueterie…).

Touré Amadou

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Drame à Dar-Es-Salam

Mamadou Saïdou Baldé abattu par des inconnus…

Décidément, les bandits ont la vie dure à Conakry ! Les forces de sécurité, malgré leur détermination à mettre hors d’état de nuire ces bandits de grand calibre, ne parviennent à contenir ces derniers dans leurs activités criminelles. La preuve, un jeune commerçant du nom de Mamadou Saïdou Baldé vient d’être abattu dans sa chambre. C’était le 15 décembre dernier dans le quartier Dar-es-Salam II, secteur 7 (commune de Ratoma).

Une campagne de lutte contre le grand banditisme a été enclenchée par les autorités guinéennes avec la mise en place des BAC (Brigades anti-criminalité), il y a quelques mois. Les patrouilles sporadiques des services de police ne semblent pas dissuader les malfrats de tout acabit, sans scrupules, ni foi…

Les assassinats, vols à mains armées, viols, intimidations de tous ordres, étranglements des citoyens de Conakry reprennent de plus bel. Un de ces exemples horribles vient de se dérouler au quartier Dar Es-Salam II, quand un commerçant (cambiste de son état) et vendeur d’articles divers, à l’aéroport international de Gbessia Conakry et au marché Madina, a été froidement assassiné à son domicile. Il était 18 heures 15mn, ce lundi 15 décembre 2003, quand le drame s’est déroulé. Il s’agit de Mamadou Saïdou Baldé, né en 1973 à Galy Kankalabé, dans le district de Bèydösè ( Dalaba). Marié et père d’un petit garçon de 2 ans. Ce jeune homme a été victime d’une attaque de bandits armés jusqu’aux dents, à son domicile. Les bandits, après avoir accompli leur sale besogne, prendront la tangente, échappant ainsi à la vigilance de tous.

Selon le frère cadet de la victime, Abdoulaye Baldé, les bandits sont venus en grand nombre juste quelques minutes après le retour de son frère sur sa moto en provenance de son lieu de travail. « Il a dit de faire rentrer la moto et la garer dans un endroit approprié. C’est en ce moment que les malfrats m’ont demandé de leur indiquer où se trouvait mon frère. Quand j’ai répondu que je ne sais pas, ils m’ont frappé avec leurs armes. C’est en ce moment qu’ils ont défoncé la porte de la concession pour se retrouver né à né avec mon frère… Après quelques échanges verbaux, des coups de feux ont retentit. J’ai brusquement entendu crier mon frère. Il succombera après avoir reçu cinq balles. Le moment pour moi d’aller aviser le P.A de notre localité, ils avaient pris la fuite, emportant sur eux le sac d’argent que possédait mon grand frère, son téléphone portable et autres objets non moins importants… ». Un second témoin affirmera que cette victime était suivie par les malfrats depuis son lieu de travail. « Ils savaient que Saïdou Baldé faisait le métier de cambiste. Et il possédait sur lui une somme d’argent importante qu’ils voulaient à tout prix récupérer. Ils l’ont abattu pour s’emparer de ce sac et disparaître ensuite, dans la nature… » Le corp de la victime sera transporté à la morgue de l’hôpital Ignace Deen. Et l’inhumation se fera le jeudi 18 décembre à la grande mosquée Fayçal. Mamadou Saïdou Baldé rejoindra sa dernière demeure au cimetière de Dares-Salam II où il a été accompagné par une foule nombreuse composée d’amis, de parents, de collaborateurs, profondément émus. Laissant derrière lui, une veuve, un graçon de 2 ans qui ne bénéficiera plus du sentiment et de l’éducation paternel pour le reste de sa vie.

C’est dire qu’aujourd’hui, du côté des citoyens, une inquiétude grandissante les tenaille du fait de la circulation des armes à feu à Conakry. Ces armes de toutes sortes qu’on retrouve avec des bandits, justifient une insécurité de type dans tous les coins et recoins des grandes villes du pays. Une telle situation requiert sans conteste de la part des forces de l’ordre, une organisation adéquate. Pour être à même de réprimer le grand banditisme afin de rassurer les populations et garantir leur sécurité et celle de leurs biens.

I. Tawel Camara

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Questions aux femmes

« Une femme émancipée, c’est celle qui agit quand il le faut et comme il le faut »

Questions aux femmes a rencontré cette semaine, Mme N’Diaye Nènè Fatou Diallo, proviseur du lycée Donka. Elle nous parle de son métier et de sa vie de femme…

L’indépendant Plus : Le travail de proviseur consiste à faire quoi exactement . ?

N’Diaye Nènè Fatou Diallo : Je dirige un établissement de 1748 élèves dont 452 filles et j’ai un personnel de 74 personnes dont 10 femmes. Donc, je suis chargée de coordonner toutes les activités dans mon établissement. Qu’elles soient d’ordre administratif, professionnel, éducatif ou pédagogique. J’ai un rôle de coordination générale de toutes les activités tant au niveau des études des élèves, qu’à celui des cours dispensés par les professeurs. Je suis un peu la courroie de transmission entre l’autorité supérieure, mon personnel enseignant et les élèves.

Vous gérez un grand lycée, dites nous quel est votre petit secret pour y arriver ?

Il n’y a pas de secret pour ça. C’est le don de soi. Le don de soi parce que j’ai des horaires franchement très difficiles pour une femme. Mais justement mon combat, c’est de ne pas me dire que ce sont des horaires de femme. Je me dis que là où un homme se tient, une femme doit se tenir au même endroit. Même s’il est vrai qu’il est très rare de voir des femmes proviseurs ; à Conakry je suis la seule. Donc, je me dis que si je faillis à la règle, je ne donnerai pas assez de chances aux autres femmes d’être proviseur. Donc, je suis obligée de tenir, il n’y a pas de secret, je travaille. Et puis, pour moi, il n’y a pas d’horaire, je me gère de telle manière qu’il n’y ait pas de problème à la maison.

Justement, comment arrivez-vous à concilier les deux. C’est à dire le ménage et le poste que vous occupez ?

Il s’agit de bien s’organiser. C’est aussi simple que cela. J’ai par exemple des enfants à bas âge qui rentrent de l’école à 14 heures ; alors j’ai une cuisinière qui s’occupe du manger. Quant au ménage, il y a une autre personne qui s’en charge et moi je supervise tout ça les dimanches. J’ai toutes sortes d’activités mais le dimanche est intouchable, car il appartient à ma famille (mes enfants, mon mari), enfin je m’occupe de mon foyer. Dimanche, quelle que soit l’activité, je ne sors pas. C’est le seul jour où je contrôle tout le travail qui est fait. Ce jour est pour moi sacré parce que comme on le dit « il faut savoir faire aussi des pressions sur soi ! ». Donc du lundi au samedi, je vis à cent pour cent pour mon établissement, mais le dimanche appartient à ma famille.

Vous avez un centre d’informatique, comment il fonctionne et qu’avez-vous fait pour qu’il soit là ?

C’est l’œuvre, si vous voulez de mes relations personnelles. J’ai bénéficié du fruit d’une coopération. La commune de Dixinn et celle de Montpellier (en France) étaient en accord de coopération. A ce titre, lorsque j’étais censeur parce que j’ai occupé ce poste pendant trois ans dans cet établissement, on m’a demandé de recevoir le maire de Montpellier au nom de la commune de Dixinn, puisque c’est l’unique lycée de la commune. Alors, nous lui avons réservé une très bonne réception qui l’a marqué. Et lorsqu’il est parti, il a envoyé un de ses amis pour nous demander ce qu’il peut faire pour nos élèves. Et puisque nous sommes aujourd’hui dans un monde dominé par la mondialisation, l’informatique est incontournable, j’ai donc pensé à deux choses. La première, ce sont les manuels pour mes élèves pour qu’ils lisent parce que, plus ils lisent mieux ils préparent leurs cours dans la mesure où les professeurs ne leur donnent que 50% des connaissances. Le reste, ils doivent le combler par les lectures. Ensuite, j’ai demandé des ordinateurs qui sont destinés à la formation des élèves et des professeurs. Le centre en lui-même est géré par mes anciens élèves, et supervisé par un professeur d’ici. Et les élèves paient un tarif de 5 000 Fg et les professeurs 7 000 Fg par mois. Les formateurs sont les anciens élèves du lycée qui ont fait informatique. Ce sont eux qui nous aident parce qu’on était dans une galère telle qu’on ne pouvait pas trouver de formateur au prix que nous proposions. Donc, on s’est débrouillé parce que le tout c’était de faire le premier pas en amenant les enfants et les enseignants vers l’outil informatique. Pour moi, je le dis toujours à mes élèves, le seul secret de la réussite, c’est le bagage intellectuel, parce que quelle que soit votre richesse, l’argent peut toujours finir mais le bagage que vous avez en tête, personne ne peut vous le prendre quoi qu’il advienne. Seulement Dieu qui puisse vous le prendre. Voilà pourquoi on a pensé à cette formation.

Pour vous, qu’est ce qu’une femme émancipée ?

La question est un peu difficile ; bon je n’ai pas la même conception que certains qui pensent que la femme émancipée doit savoir parler, se tenir forcément. Non, pour moi, c’est celle qui a du bon sens, c’est celle qui a de la logique dans ce qu’elle fait. C’est celle qui sait ce qu ‘elle fait, qui pèse le pour et le contre dans chaque décision à prendre. Donc logique. Parce que pour moi, il faut être très logique, avoir le sens de responsabilité. Une femme responsable, même si elle n’a pas été à l’école, même si elle n’a jamais pris un avion, c’est celle-là que moi j’appelle, femme émancipée».

Propos recueillis par

Saran Traoré