Flambée des prix
La crainte des consommateurs …

En décidant d'importer des denrées de premières nécessités pour l'unique mois de ramadan, l'équipe Kouyaté s'est fait applaudi. Mais voilà que nous sommes à quelques heures de la fin de cette période de grâce. Nombreux sont les consommateurs qui craignent la suite. Ils ont encore en mémoire la suite de la distribution du riz dit présidentiel.

L'on se rappellera qu'à l'occasion d'une crise de riz en Guinée, le chef de l'état avait défié les commerçants en important cette denrée de grande consommation. Pendant sa distribution,  eux qui étaient chargés se sont taillés la part belle. Sur le fait, les commerçants ont reculé pour mieux sauter. Et pour se blanchir ,  le général Conté a porté la charge de les limoger. Le gouvernement de Lansana Kouyaté,  après maintes réflexions n'a trouvé comme solution que d'emboîter le pas à leur chef (Lansana Conté). De servir les quartiers en denrées, les commerçants vendaient à un prix qui ne changeront jamais, s'ils ne montent au contraire et les décideurs n'interviendront guère entre consommateurs et fournisseurs. En l'affirmant, nous ne referons aux multiples rencontres entre le ministre du commerce et les commerçants dans le dessein de baisser les prix sans succès. Sur  la question, un chef de quartier que nous avons rencontré dans la commune de dixinn a soutenu : " Nous avons tous applaudi le gouvernement pour son geste. Mais , ce n'est pas seulement au mois de ramadan que le riz, le sucre ou l'huile sont consommés. Ce n'est pas de nos attributions administratives de vendre quelque chose à nos populations . Je veux dire que nous ne sommes pas des commerçants et que le gouvernement devrait nécessairement passé par les commerçants pour alléger le panier de la ménagère, pas seulement pour l'unique mois de ramadan, mais pour toute l'année et toujours. Les commerçants nous regardent faire leur profession et à leur place.
En conseil de quartier d'aujourd'hui (Dimanche 7 Octobre NDRD) nous en avons parlé, par ce que nos citoyens qu'inquiétent beaucoup sur la suite.
La mesure gouvernementale n'est pas la solution, mais une solution. Souhaitons que nos commerçants ne se vengent pas des pauvres citoyens "
Ainsi, lors de la dernière rencontre entre le ministère du commerce et les opérateurs économiques, ces derniers avaient posé la doléance d'exonération à la douane des denrées de premières nécessités. Chose que le ministre a dit niet. Mais en faisant venir les 21.000 tonnes de. riz, 12. 000 tonnes de sucre et 9.000 tonnes d'huile, cette exonération a été demandée par le ministre de l'intérieur assumant à l'époque l'intérim de son collègue du commerce au ministre de l'économie en ce qui concerne leur importation.


Aly Badara Condé

Insalubrité Publique
Le cas particulier
du marché de Matoto

Dans la ville de Conakry aujourd’hui, force est de constater que malgré les  multiples efforts déployés dans le domaine de l’assainissement, beaucoup de choses restent encore à faire pour redonner à notre capitale son éclat d’antan. Le cas du marché de Matoto en est une parfaite illustration.

Tous les observateurs s’accordent à reconnaître que l’insalubrité au marché de Matoto se passe de tout commentaire. Dans un ce lieu public, ce sont des montagnes d’ordures qui attirent immédiatement l’attention des visiteurs et des passants. Les marchandes de condiments ne se gênent même pas pour exposer leurs articles tout près des tas d’immondices, avec tous les risques que cela comporte. Et la question que l’on serait tenté de se poser est de savoir si les PME de collecte des ordures font correctement leur travail. Le marché de Matoto, à l’instar des autres marchés de la capitale, fait face à un problème d’ordre hygiénique. Les ordures produites quotidiennement ne sont pas ramassées à temps, au grand dam des riverains, des vendeurs et leurs clients. En principe, on n’a pas besoin de rappeler qu’un lieu public comme le marché devrait être propre à tout moment. Le marché de Matoto n’a rien à envier aujourd’hui à un gigantesque dépotoir d’ordures. Parfois, l’on en vient à se demander s’il y a effectivement des personnes désignées par l’autorité compétente pour gérer ledit marché au quotidien. Tout visiteur s’y croirait dans un endroit où le laisser-aller et la pagaille sont vraiment les maîtres-mots. Les administrateurs du marché et les dirigeants d’Etoile Afrique (la société chargée de la collecte des ordures) se rejettent souvent la responsabilité de ce qu’il convient d’appeler l’état lamentable du marché de Matoto. Chaque partie essayant obstinément de se tirer la couverture. Au regard de cette situation regrettable, il serait souhaitable que les autorités communales se penchent sérieusement sur le cas de ce marché situé dans l’un des quartiers les plus peuplés de Conakry. En attendant que les autorités ne prennent une décision salutaire, les ordures continuent de s’entasser au fil des jours. Impuissantes, les pauvres marchandises sont désormais obligées d’étaler leurs marchandises à proximité des tas d’ordures. Selon M. Alphadjo Keita,  l’administrateur du marché de Matoto-centre, le problème d’assainissement se trouve au niveau de la société Etoile Afrique qui, au lieu d’honorer les accords du contrat qui le lie à la commune, chercherait plutôt à fuir ses responsabilités. « La société Etoile Afrique qui a le contrat d’assainir le marché ne fait pas correctement son travail. Les ordures sont entassées au dépotoir depuis des semaines , mais impossible de les enlever. Mon équipe est obligée des fois de mettre la main à la poche et louer des camions pour évacuer les ordures. Alors que ceux qui devraient faire ce travail sont présents mais ils refusent de s’exécuter. », nous a-t-il confié, d’un air plaintif. Il ajoutera aussi que la Commune semble avoir choisi de fermer les yeux sur ce qui se passe au marché de Matoto. « La mairie est bien imprégnée de la situation. Chaque fois que je viens me plaindre à la commune, le maire me tient à peu près les mêmes promesses : les ordures seront enlevées. Nous les administrateurs, nous sommes là, mais la gestion du marché est donnée à autrui. C’est pourquoi il y a toute cette pagaille. Nous en avons vraiment marre. Il faut intimer à ceux qui ont le contrat de rendre le marché propre de respecter leur engagement. », renchérit-il. Quant à Moussa Condé, le représentant d’Etoile Afrique, il n’a pas abondé dans le même sens que l’administrateur du marché. A l’en croire, sa société honorerait bel et bien ses engagements sur le terrain. « Il faut signaler que le contrat sur le marché est divisé en deux volets : il y a  le volet ramassage des ordures, confié aux PME et le volet transport des déchets, confié au SPTD (Service Public de Transport des Déchets). C’est ce dernier qui aurait le contrat du transport des déchets qui ne ferait pas correctement son travail. Sinon, la société Etoile Afrique de son côté  ramasse régulièrement les ordures et les entasse dans un container. Mais le SPTD qui doit assurer le transport ne s’exécute pas. Au départ, il y avait 13 camions benne qui assuraient le transport des déchets, mais actuellement il n’y a qu’un seul pour toute la ville de Conakry. Et on peut faire des semaines sans que le camion ne vienne enlever les ordures », dira-t-il. De l’avis de tous les observateurs, cette lamentable situation du marché de Matoto devraient interpeller les autorités communales.


Samory Keita