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| Evènements de janvier - fevrier 2007 |
Les enseignements d’une révolution manquéeLa grève générale et illimitée déclenchée le 10 janvier 2007 par l’Inter Centrale CNTG-USTG a duré des semaines et donné lieu à des marches pacifiques fortement réprimées par l’armée et les forces de sécurité. Les victimes de cette répression ont été nombreuses, se chiffrant à plus d’une centaine de morts et des milliers de blessés graves. En outre, des dégâts matériels considérables ont été enregistrés, sans compter les pertes financières énormes engendrées par la fermeture des banques, de l’administration publique et l’arrêt des activités du secteur privé. L’ampleur des mouvementsCes mouvements de masse ont été animés par toutes les couches de la population, en particulier les jeunes. Devant l’ampleur et la durée des mouvements, d’une part, et la nature politique des revendications, d’autre part, le Gouvernement a entamé des négociations avec les responsables syndicaux afin de désamorcer la crise sans mesurer à sa juste valeur les causes profondes et les conséquences politiques et sociales de ces remous que le pays n’avait pas connus depuis son accession à l’indépendance. Les leçons de la grèveAvec le recul, plusieurs enseignements peuvent être tirés: Deux résultats importantsNe s’avisant pas qu’ils sont sur le terrain politique et juridique qui demande des compétences autres que celles d’un bon syndicaliste, la centrale et la société civile ont pêché sur plusieurs plans. Dans le procès-verbal de négociation signé le 27 janvier 2007, les syndicats n’ont obtenu que deux résultats importants, en l’occurrence le soutien du pouvoir d’achat des populations et des travailleurs et la mise en place d’un Gouvernement de consensus. Ils n’ont pas compris qu’à ce stade des négociations, ils devaient recourir aux conseils d’avocats avisés et de l’appui politique des chefs des partis politiques, afin d’éviter les pièges juridiques et politiques que pouvait receler le protocole d’accord. Le choix du PMCes imperfections auront des conséquences désastreuses sur le choix du PM et l’action du Gouvernement dit de consensus. En effet, à l’exception d’un seul, les quatre personnes proposées occupaient des fonctions dans des institutions internationales. Ce qui fut une grave erreur. En effet, le fait de travailler dans une organisation internationale ne confère pas ipso facto à son titulaire les compétences techniques que requiert la fonction de gestion d’un Etat au niveau le plus élevé. Il faut s’intéresser au poste occupé par le fonctionnaire au sein de l’institution concernée (ingénieur, chef de matériel, spécialiste de la communication, comptable, médecin ou économiste). En limitant donc l’éventail de la sélection aux fonctionnaires internationaux, on a faussé la pertinence du choix qui a été fait. En plus, les compétences ne s’affirment pas uniquement dans les institutions internationales, mais également dans les grandes universités, les grandes sociétés internationales, tout comme dans des Bureaux d’études et de consultants reconnus sur le plan mondial et les administrations publiques. Eclairage insuffisantAu lieu d’avoir ses yeux rivés sur les prescriptions de sa feuille de route, le PM se tourne vers des opérations d’embellissement des carrefours et de fixation de quelques lampadaires alimentés par des panneaux solaires dont l’éclairage s’avère insuffisant dès qu’il fait nuit. Il y a une double méprise concernant ces poteaux: en dépit des valeurs écologiques qu’ils semblent véhiculer, ils sont peu répandus en matière d’éclairage public des rues d’une grande ville, a fortiori une capitale; tout au plus peut-on les implanter dans des villages. Les panneaux solaires ne peuvent pas desservir en énergie électrique les ménages et surtout les industries qui ont le plus souffert du manque d’électricité. Les délestages dans la capitale, et la quasi absence de courant dans les villes de l’intérieur demeurent encore la triste réalité, un an après l’entrée en fonction du Gouvernement. La crise énergétique n’a donc pas été attaquée par le bon bout, à savoir l’amorce d’une augmentation de la production et l’amélioration de la distribution. Il faut avouer que le pouvoir fraîchement conféré au PM, mais non conquis, ne peut pas lui permettre de se comporter comme un homme politique en campagne électorale, faisant des promesses difficiles à tenir: la résolution de la crise énergétique en trois mois, le bitumage des villes du Foutah Djallon en janvier 2008, etc. Du statut de facilitateur qu’il a été de longues années, il n’a pas pu réaliser la mutation indispensable pour devenir un technocrate sobre en paroles et prolifique en actions concrètes mais mûrement réfléchies à l’avance. La diplomatie peut résoudre un conflit entre des groupes sociaux ou des pays, mais il faut d’autres compétences pour lire et comprendre l’évolution des agrégats économiques, comprendre les relations les liant et prendre des mesures appropriées pour les orienter dans la bonne direction, afin d’influencer la croissance économique et la mitigation de la pauvreté. Evaluation sommaireLa mise en œuvre de la feuille de route du Gouvernement dit de large consensus a donné peu de résultats probants jusqu’à présent. Etalée sur trois ans, la mission assignée à l’équipe gouvernementale se décline en 16 points principaux: (i) la consolidation de l’unité nationale et la préservation de la paix dans le pays; (ii) la relance de l’économie par la mise en œuvre d’un programme qui renoue avec nos partenaires au développement; (iii) la restauration de l’autorité de l’Etat; (iv) la modernisation de l’Administration; (v) le renforcement de la démocratie et de l’Etat de droit; (vi) l’amélioration de la gouvernance; (vii) la lutte contre la pauvreté; (viii) le renforcement de la sécurité des personnes et de leurs biens; (ix) la promotion de l’emploi des jeunes; (x) la protection sociale; (xi) la mobilisation des ressources nécessaires à la réhabilitation au développement des infrastructures et équipements pour la fourniture d’eau, d’électricité, des routes et des réseaux téléphoniques; (xii) le développement du secteur privé et la promotion de l’agriculture; (xiii) le développement des infrastructures scolaires et sanitaires; (xiv) la lutte contre la corruption et l’impunité; (xv) la poursuite du dialogue social et politique et la mise en œuvre des résultats acquis; (xvi) la protection de l’environnement et la préservation de l’écosystème. Perspectives politiquesAu terme de l’exercice du pouvoir par le PM et son équipe pendant un an, force est de constater que l’action du Gouvernement de consensus n’a donné que des résultats peu satisfaisants. Les observateurs ont noté beaucoup d’amateurisme, d’incompétence, et d’affairisme dans les prestations du Gouvernement en raison de l’inexpérience de certains hauts cadres. Si l’on n’y prend pas garde, le docteur appelé au chevet du malade risque de provoquer des maladies d’origine iatrogène. Le coût de la vie demeure élevé, la monnaie nationale continue de se dévaloriser par rapport aux devises fortes, les prix des denrées alimentaires de première nécessité demeurent élevés et hors de portée pour les pauvres, etc.
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