POLITIQUE

L'UFD se mobilise

L’UFD (Union des Forces Démocratiques) a réuni le 18 janvier dernier, ses militants et sympathisants au stade annexe du 28 septembre, pour un meeting populaire. Les formations politiques de l’UPR,  PUP, PPG, UFR, UFDG y étaient invitées.
Prévu pour 16h, il a fallu
attendre une heure de plus, le président Mamadou Baadikko   et sa suite. Bain de foule. Poignées de main. Discours de bienvenue de M. Bano, le Chargé à l’organisation. Laïus des représentants des jeunes  des cinq communes de la capitale. Ils renouvellent leur confiance au parti et fustigent le manque de soutien à la jeunesse, des premiers responsables du pays.
Prenant parole Baadikko Bah  a axé son discours sur trois points: Les événements de janvier-février 2007; La situation  qui prévaut en Guinée et enfin les principes de l’UFD. A propos des événements douloureux de janvier et février 2007, Baadikko Bah a précisé: « Au cours de ces événements et particulièrement le 22 janvier 2007, des centaines de nos compatriotes parmi les plus jeunes, sont tombés sous les balles des forces de l’ordre ou ont été blessés jusqu’à la mutilation. Nous devons rappeler que jusqu’à présent, certains blessés restent sans soins. On ne parle même pas des résultats des enquêtes promises ou identifier les coupables, les traduire en justice et indemniser les victimes.». Puis, il rend hommage à toutes les victimes des régimes dictatoriaux de 1958 à nos jours. « Nous devons donc profiter de ce meeting pour exprimer notre hommage aux innocentes victimes de ces événements, ainsi d’ailleurs qu’à celles très nombreuses des périodes précédentes, en premier lieu, juin 2006 et au-delà, toutes celles et tous ceux qui ont été martyrisés par les régimes dictatoriaux qui se sont succédé en Guinée depuis 1958 (...) Nous proposons que le 22 janvier soit décrété <<Journée de la jeunesse guinéenne>>, pour commémorer dans le recueillement, les sacrifices particulièrement lourds, payés par la jeunesse au cours de la courte histoire de la République de Guinée».
A propos de  la situation actuelle du pays, Baadikko Bah met cela au compte de l’Exécutif qui selon lui, n’a pas pu assumer ses responsabilités, après les accords du 27 janvier 2007. « Les prix se sont remis à grimper , les détournements de deniers publics apparaissent ça et là (...) On s’est retrouvé progressivement où le gouvernement passait beaucoup plus de temps à parler et à soigner son image que de poser des actes réels. Une situation sanitaire qui se dégrade du jour au lendemain. Tout ceci est dû au fait que le pouvoir exécutif ne s’occupe que de sa pérennité» Pour l’organisation des élections libres et transparentes, Baadikko Bah estime que  « La seule solution, c’est d’organiser des élections transparentes pour sortir de cette situation. Puisqu’on ne peut pas nous dire qu’il faut qu’on tende les mains aux bailleurs pour organiser des élections. C’est pas possible! Le gouvernement passe tout son temps à voyager. Rien qu’avec l’argent de ces multiples voyages on peut organiser des élections». Pour   l’organisation du cinquantenaire de l’indépendance guinéenne, le Président de l’UFD martèle: « Ils veulent nous distraire avec le cinquantenaire, c’est une honte, Le cinquantenaire n’est pas digne d’être fêté, parce que c’est notre misère qu’on fête. Qu’est-ce qu’on a montré après cinquante ans d’indépendance? Qu’on organise d’abord des élections crédibles et le reste on verra». Parlant de l’UFD il indique «Nous avons voulu que ce parti soit réellement différent de ce que l’on observe habituellement sur notre échiquier politique. Notre organisation n’appartient à aucun individu. (...) l’UFD est une force jeune, novatrice et relativement homogène, sans être monolithique...» Un hommage a été rendu au professeur feu Alpha Ibrahima Sow, le premier président du parti, qui a beaucoup oeuvré pour l’UFD avant sa mort.
Le lendemain du 19 janvier, Mamadou Bah Baadikko s’est prêté aux questions des journalistes . A propos de la dynamique des alliances entre les partis politiques, notamment  les partis avec lesquels l’UFD partage le même électorat, Baadikko Bah a répondu: «Nous sommes en accord avec d’autres partis. Vous avez parlé de l’UFR, de l’UFDG. Et  pour ceux qui ne savent pas l’UFDG est issue de l’UFD. C’est une dissidence de l’UFD qui a produit l’UFDG. Donc, si nous sommes ici aujourd’hui, c’est puisque les dissidents de l’UFDG n’ont pas réussi à nous faire disparaître, c’était manifestement leur projet» Autre question l’UFD semble replié sur lui-même, voilà que le parti organise à présent meeting sur meeting. Un changement? Le président précise «Le processus politique n’est pas une date qui arrive. c’est un très long processus. Je vous assure, le travail difficile, long,  pénible, ingrat qu’a fait le professeur Alpha Ibrahima Sow ici, c’est ce qui nous permet aujourd’hui d’être-là. Ce sont ces semences anciennes qui ont  fini par germer. Donc, il ne faut pas opposer les conférences de presse que faisait le professeur Alpha Ibrahima Sow dans cette même salle avec le meeting que nous avons fait hier de façon éclatante, c’est une continuité.»  ainsi soit-il.

Kounkou Mara et
Thierno Hassane Diallo

CENI et medias
La main dans la main

Ben Sékou Sylla, Président de la commission nationale électorale indépendante,  le 11 janvier, à 10h, à son siège.
«Notre objectif aujourd'hui  est de travailler avec la presse nationale pour informer le public sur ce que la CENI entreprend, de permettre à cette presse d'avoir les moyens d'éducation et les moyens d'information appropriés. Chaque mois, nous allons nous retrouver avec la presse pour que les Guinéens sachent ce que la CENI prend comme engagement pour qu'il y ait des élections libres et transparentes en Guinée.» Le patron de la CENI a mis les journalistes au parfum des activités de décembre 2007 (mise en place d'un plan de communication, d'un budget d'équipement et de fonctionnement, d’un règlement intérieur etc.)
Ben Sékou a évoqué les difficultés: le recrutement d'un personnel compétent, l'équipement (véhicules,ordinateurs, salle de conférence) budget de fonctionnement. Car il tient à travailler en «toute liberté et surtout, en toute indépendance.» Le bureau aurait transmis son budget au Ministère des Finances.
A une question d’un journaliste, M. B. Sylla en a répondu que la CENI «ne répond à personne, ni à aucune autorité. Même s’il y avait injonction souveraine, ça ne serait pas facile.» La CENI  valide le recensement, recrute ceux qui supervisent celui-ci. Et cette mise au point : «Nous avons le droit d'interpeller un responsable de l'administration et il a le droit d'obtempérer. Nous avons également le droit de demander qu'il soit complètement mis hors de processus électoral. S'il est membre d'un panier électoral et que son action gène l’évolution correcte, nous demandons son remplacement. Donc, le Préfet de Dubréka doit revoir ses propos et doit éviter les propagandes. Il est préfet de Dubréka et peut dire ce qu'il pense, mais nous ne sommes pas en période électorale.»
Les élections législatives, c'est pour quand? «D'ici la fin du mois de janvier, une date sera fixée. Pour cela, il faudrait que les conditions de travail exigées soient présentes.» On verra bien, M. Ben S. Sylla.

Cheriff Papus Gono

 

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