L’ananas
Perspectives de marché : Le marché européen de l’ananas est en progression
constante depuis une dizaine d’années et les projections indiquent qu’il
devrait atteindre plus de 450 000 t. en 2005.
Les principaux fournisseurs sont, par ordre d’importance : la Côte–d’Ivoire
(157 500 t. en 2000), le Costa Rica (113 000 t. en 2000) et le Ghana (30 000 t.
en 2000). La France est leader européen avec 137 000 t. fournies par la Côte
d’Ivoire et les autres pays d’Afrique de l’Ouest.
Après avoir chuté jusqu’à 1,50 FF/ Kg (1999), les cours se sont repris en
2000/2001 pour se situer entre 3 et 6 FF/ Kg. En ce qui concerne l’ananas-avion,
la demande européenne est de :
18 000 à 20 000 t., approvisionnée par le Ghana (12 000 t.) et les autres pays
d’Afrique de l’Ouest. Les cours se situent en pleine saison autour de 10 FF/
Kg. L’ananas Victoria constitue une autre niche de marché pour l’ananas-avion.
Les importations (maxi 10.000 T.) sont en pleine croissance. Les prix de
l’ananas Victoria peuvent atteindre 16 FF/ Kg.
Perspectives d’accroissement de
la production en Guinée et positionnement par rapport à la concurrence : En 2000, la Guinée a
exporté environ 1000 t. d’ananas vers l’UE - France (520 t.) et de Belgique
(330 t.). Sobragui prévoit 3 000 t. d’ici 2005 et 5 000 t. à l’horizon
2010. En ajoutant les prévisions d’exportation des petits producteurs, la
Guinée présente, en l’état actuel, un potentiel d’exportation de 5 000 t.
d’ici 2005, et de 10 000 t. d’ici 2010.
Le potentiel de croissance est cependant bien supérieur. Principaux atouts et
conditions de succès:
nombreuses qualités gustatives de l’ananas guinéen et meilleure coloration naturelle (qui permettrait de limiter les traitements et de respecter les LMR de l’UE).
nombreux terrains, aménageables à moindre coût, présentant un accès facile à l’eau,
nombreux petits planteurs qui, crédit à l’appui, pourraient améliorer leurs itinéraires techniques,
mise en place par le gouvernement de mesures incitatives (matériel végétal, garantie des prix)
installation d’un ou deux gros investisseurs étrangers.
Dans de telles conditions, la Guinée serait capable d’exporter 30.000 t. d’ici 2010.
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Conditions logistiques pour atteindre les
potentialités de marché : sur
le marché de l’ananas-bateau, la Côte d’Ivoire reste la référence en
terme de compétitivité. En termes de coûts de production les fondamentaux
guinéens sont bons et peuvent encore s’améliorer. Mais les coûts de
transport maritime, ramenés à la palette, sont quasiment deux fois moins chers
en Côte d’Ivoire et le transport représente en moyenne plus de la moitié de
la valeur CAF de l’ananas exporté.
Que faire ?
Coûts de mise à FOB maritime : Les évolutions logistiques
envisageables à moyen et long terme, et notamment le projet Benty, devraient
provoquer une réduction significative des coûts de mise à FOB (productivité
des transports d’approche,…) . Avec un niveau normal de coûts de passage
portuaire, la mise à FOB devrait descendre
à 30 FCFA/kg, gain insuffisant pour éliminer le handicap transport.
Le transport maritime : le surcoût actuel atteint 80 FCFA
par kilo. Il est fondamental de le résorber rapidement. Nous avons déjà vu
(cf. options stratégiques communes) que cette évolution n’a rien
d’utopique. Elle est conditionnée par la croissance des volumes. La génération
rapide de grands flux ne peut s’envisager qu’avec l’implantation d’une
ou plusieurs multinationales. En conclusion, il apparaît que l’ananas
maritime constitue, sans aucun doute, le fer de lance de la relance des
exportations guinéennes de fruits.
En ce qui concerne l’ananas-avion, la Guinée pourrait éventuellement,
avec la variété Queen Tahiti encore à l’essai, concurrencer avec succès le
Victoria de la Réunion sur le marché français (coûts de transport et de main
d’œuvre beaucoup moins élevés qu’à la Réunion). Pour les variétés
traditionnelles, le développement de la filière avion est lié aux coûts de
fret qui sont 25% moins cher au Ghana grâce aux cargos-charter.